La direction General Electric balaie d'un revers de la main les propositions de l'intersyndicale

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

La direction General Electric balaie d'un revers de la main les propositions de l'intersyndicale

Chez GE, les syndicats présentent leur plan B Face aux propositions de l’intersyndicale pour maintenir l’emploi à Belfort, General Electric offrirait de conserver 120 postes. Au prix de lourds sacrifices.

Après les attaques de General Electric contre l’emploi dans le secteur des turbines à gaz, condamnant 1044 emplois dont 792 à Belfort, l’heure de la contre-offensive a sonné. Après avoir présenté un plan B au niveau européen, les syndicats ont exposé hier un projet industriel alternatif destiné à sauvegarder la totalité des emplois et à ancrer la fabrication des turbines à gaz de 50 hertz à Belfort. En rapatriant les productions liées aux turbines de 50 hertz délocalisées aux États-Unis ces dernières années, mais aussi en développant des activités de réparation d’ailettes, de rotors et d’autres pièces de turbines à gaz, l’intersyndicale CFECFC/CGT/SUD estime que General Electric aurait tout intérêt, sur le plan économique, à maintenir l’activité à Belfort.

«Ils ont tout balayé d’un revers de la main»

«Pour être compétitifs, il faut avoir de la charge. Or, s’il peut y avoir des creux dans les ventes de turbines neuves, sur l’ancien, il y a un gros volume de demandes», souligne Karim Matoug, délégué CGT sur le site de Belfort. Un plan qui s’inspire largement des propositions faites par les syndicats en comité de groupe européen, avec l’appui du cabinet d’expertise Secafi. «On peut faire beaucoup mieux en s’organisant différemment», résume Grégory Pastor, secrétaire CGT du comité de groupe européen.

«La direction estime à 450millions d’euros le coût de la non-qualité, mais ne compte pas s’y attaquer, préférant taper dans la masse salariale», dénonce le représentant des salariés, qui estime pour sa part qu’en «renforçant les collectifs de travail, notamment en remettant en place un encadrement de proximité avec un pouvoir de décision et en investissant, on peut faire baisser ce coût de non-qualité».

Mais ces propositions n’ont pas l’air d’intéresser les directions européenne comme française, pour le moment. «Ils ont tout balayé d’un revers de la main», explique Karim Matoug au sortir de l’entrevue avec les dirigeants de GE.

«La seule chose que la direction nous a proposée, c’est de sauver 120 des 792 emplois à Belfort, moyennant un accord de compétitivité», affirme-t-il. Il s’agirait pour les salariés de renoncer entre autres à des augmentations de salaire pendant trois ans, au jour de solidarité, à l’abondement patronal au plan d’épargne salariale, à une baisse de 45% de la prime d’équipe, ainsi qu’à une baisse de la participation aux œuvres sociales de 2,1% à 1,2%, rapporte le syndicaliste.

Un chantage à l’emploi en accord avec les propos tenus par la direction en comité de groupe européen, à en croire Grégory Pastor. «Vu le rebond du marché sur la turbine à gaz, GE ne peut plus justifier l’arrêt de l’activité à Belfort par une baisse de commandes, alors maintenant, on nous sort la menace à la compétitivité, en nous mettant en concurrence avec la Hongrie et en exigeant que Belfort fasse 6millions d’euros d’économies sur la masse salariale», explique-til.

Malgré cette tentative de rogner les statuts des salariés, pour abaisser de manière drastique le coût du travail, il semble que la situation économique du groupe – bien moins sombre qu’il ne le dépeignait à l’annonce du plan – pousse celui-ci à devoir ouvrir la porte à des concessions, car il va lui falloir des bras pour produire !

Mercredi soir, la CFE-CGC affirmait que GE pourrait revoir son plan à la baisse de 30 postes à Belfort. À l’échelle européenne, il aurait été question, de 60 emplois.

Quelques jours plus tard, c’est le double de salariés que la direction envisage désormais de conserver à Belfort. Bref, les enchères commencent, et les syndicats comptent bien s’engouffrer dans la brèche. Portons l'espoir que tous les syndicats restent unis, ne lâchent rien sur leurs exigences légitimes et résistent avec énergie au chantage de la direction et à ses tentatives de diviser les syndicats et les salariés.

Les salariés de Belfort viennent d'avoir un soutien important à leur lutte avec celle engagée à Villeurbanne dans le Rhône par GE (Ex Alstom Grid) où les salariés résistent aussi à un plan de suppression d'emplois et à une restructuration visant à affaiblir les capacités productives des sites de Villeurbanne et Aix Les Bains.

Sources CGT et Humanité