La SNCF doit renoncer aux poursuites judiciaires contre les cheminots qui exécutaient leur droit de retrait

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

La SNCF doit renoncer aux poursuites judiciaires contre les cheminots qui exécutaient leur droit de retrait

La SNCF doit renoncer à des poursuites. Par contre, elle veut effectuer des retenues sur salaire. Des mises en demeure individuelles, seront réalisées pour sanctionner les cheminots ayant cessé le travail ce week-end.

La SNCF fait marche arrière. Il n’y aura pas de poursuites judiciaires contre les cheminots ayant fait valoir leur droit de retrait, a annoncé Muriel Pénicaud. La compagnie ferroviaire a néanmoins confirmé que des retenues sur salaire seront appliquées.

Muriel Pénicaud, a estimé que « le droit de retrait n’était pas légitime » à la SNCF « sur toute la France, sur tout le réseau ». « C’est très simple. Le Code du travail, qu’on doit appliquer, pas plus, pas moins », indique au sujet du droit de retrait, "qu'un salarié peut cesser le travail s’il est confronté à un danger grave et imminent", a-t-elle déclaré.

Or c'est bien ce que disent les cheminots. La baisse sans cesse des effectifs salariés, le non entretien des lignes du fait du manque d'effectifs et de moyens financiers, le fait que le conducteur soit seul pour face à toute situation dangereuse, ont conduit les cheminots, quelles que soient leur région et leur ligne, a considérer que le danger est grave et imminent. Ce qui s'est passé en Champagne-Ardennes peut se produire a tout moment et de partout. Il en va de leur sécurité et de celle des passagers !

D'ailleurs le fait que la direction renonce aux poursuites judiciaires est en fait une reconnaissance de cette affirmation. Cela rend d'autant plus scandaleux et minables de vouloir appliquer des sanctions financières. La SNCF a indiqué aussi que des mises en demeure individuelles, seront réalisées pour sanctionner les cheminots ayant cessé le travail. Une fois encore ce pouvoir ne peut s'empêcher d'user d'autoritarisme qui met gravement en cause la démocratie, l'intérêt général.

Dans la journée d'hier nous apprenions que Facebook avait bloqué les page de Sud Rail et de la CGT cheminots depuis le 18 octobre (début de l'exercice du droit de retrait) et jusqu'au 28 octobre. Facebook a t-il agi en son nom propre, sur commande d'un tiers ? Toujours est-il qu'il s'agit d'une atteinte grave à la liberté d'expression et de communiquer qui en dit long sur les méthodes qu'ils sont prêts à utiliser pour briser le mouvement social !

« Chaque fois qu’il y a un accident, ils doivent revoir le sujet »

Interrogée sur une lettre d’une inspectrice du travail du Grand-Est, qui a préconisé, ce lundi, la suspension de la circulation des trains avec seulement un conducteur à bord, comme c’était le cas dans les Ardennes, la ministre a relevé que « c’est une inspectrice du travail, qui n’engage qu’elle ». Belle reconnaissance du professionnalisme de cette inspectrice du travail !!

La ministre se réfugie derrière un argument très léger et peu crédible : « La direction générale du travail, qui est l’autorité administrative en France, que j’ai interrogée, ne partage pas les conclusions de (cette) inspectrice du travail », qui a écrit « une lettre de préconisation, de recommandation », a-t-elle souligné.

En résumé, les inspecteurs du travail peuvent toujours écrire l'avis qu'ils veulent, il y aura toujours au dessus d'eux une autorité liée au ministre qui se chargera de minimiser voire d'annuler l'avis de l'inspecteur ! C'est encourager les directions d'entreprise à ne pas respecter la loi et le code du travail; C'est scandaleux et confirme que cette ministre est dans ce gouvernement pour avant tout faire valoir les privilèges des entreprises contre l'intérêt général. Ce qui la disqualifie !

Concernant la sécurité, pointée du doigt par les syndicats de cheminots, Muriel Pénicaud a estimé que « la SNCF, comme tous les transporteurs, comme toutes les entreprises notamment dans le domaine du transport, doit faire une actualisation régulière de son plan d’évaluation et de limitation des risques ». « Chaque fois qu’il y a un accident, ils doivent revoir le sujet », examiner s’il faut « des précautions supplémentaires », a-t-elle ajouté.

 

Publié dans Luttes sociales, Justice

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