Le 1er million de signatures pour un référendum contre la privatisation d'ADP sera une victoire

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Le 1er million de signatures pour un référendum contre la privatisation d'ADP sera une victoire
Nous étions au 10 octobre, 864 000 a avoir signé le demande de référendum. C'est déjà considérable. Ce chiffre évoluera vite avec la multiplication des initiatives en cours dans les villes et les villages. Le millions devrait ainsi être atteint rapidement donnant un vrai coup élan à la campagne pour atteindre les 4 700 000 nécessaires.

 

Depuis le lancement, le 13 juin, du site permettant d’accueillir la signature des soutiens à la tenue d’un référendum portant sur la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP, qui regroupe Orly, Roissy et une dizaine d’autres aéroports), l'engagement n'a pas le même rythme qu'au début, mais le débat national est réel sur les enjeux et bouscule l'indifférence et les politiques.

Même si l’objectif de 4 700 000 signatures d’ici mars 2020 est encore loin, cette courbe ascendante est déjà un exploit, compte tenu du peu de publicité faite par le pouvoir et les médias pour que l’existence même du RIP soit connue.

Daniel Schneidermann, journaliste, vient de réaliser une enquête didactique qui explique en trois chapitres (“Pour la démocratie”, “Pour la planète” et “Pour les biens communs”) les raisons pour lesquelles il faut, selon lui, signer en masse cette consultation. Il s’est vite rendu compte qu’il y avait des raisons objectives de s'en mêler.

La raison majeure est d’ordre écologique. Le journaliste s’appuie sur un article du Monde dans lequel le PDG de Vinci, Xavier Huillard, repreneur le plus probable d’ADP (détenu encore à 50,63 % par l’Etat), affirme voir dans ADP des “leviers de création de valeur”, et vouloir “convaincre les compagnies aériennes d’ouvrir de nouvelles liaisons”.

Ce vocabulaire de l’extension permanente, de la croissance infinie, ont fait tiquer l'écolo qu’a toujours été Daniel Schneidermann. D’autant plus que Vinci a déjà prouvé sa compétence en la matière, en triplant le rythme de croissance des passagers, et en doublant le trafic de l’aéroport de Lisbonne en six ans seulement.

Or “l’avion est une bombe écologique”. Selon l’expert en transport aérien Jacques Pavaux qu'il cite, “le rôle du transport aérien dans le réchauffement climatique à l’échelle mondiale pourrait être aujourd’hui estimé à 6 % des émissions mondiales d’équivalent CO2”.

L’argument est donc rationnel, à l’heure où se multiplient les mobilisations demandant une action résolue des gouvernements en faveur du climat, “la privatisation priverait à coup sûr l’Etat d’un levier essentiel, s’il décidait de mener une véritable politique climatique”.

Voilà pourquoi, même si les aéroports semblent étrangers à beaucoup – ils sont plus souvent fréquentés par les classes aisées que par les classes populaires, en dépit des subventions qu'ils touchent, et de l’exemption de taxe sur le kérosène –, voter contre leur privatisation est donc d’intérêt général.

L'objectif est de mettre en débat une proposition de loi visant à "Affirmer le caractère de service public national de l'exploitation des aérodromes de Paris?" Un enjeu qui dépasse la seule question du devenir d'ADP en exigeant plus de démocratie, en permettant que les citoyennes et citoyens puissent donner leur avis... qu'ils puissent décider du devenir des biens et des richesses de la nation.

Avec 101 millions de passagers en 2017, ADP est la plus grande porte d'entrée du pays. C'est dire si le contrôle de cette structure publique est stratégique tant sur le plan du développement économique et social du territoire que sur le plan de la sécurité des voyageurs.

Du point de vue budgétaire, la décision de privatiser ADP est incompréhensible. Le groupe a généré 600 millions d'€ de bénéfices en 2018. ADP rapporte donc beaucoup d'argent à l'Etat. En bradant ce patrimoine ce sont autant de milliards qui ne financeront pas ni les services publics, ni la transition écologique mais qui iront dans la poche des nouveaux actionnaires privés comme c'est le cas pour l'aéroport de Toulouse-Blagnac.

En critique averti du système médiatique, le journaliste constate que par leur silence (sans commune mesure avec le traitement du Grand Débat de Macron), voire leur black-out, les grands médias tentent de tuer le processus démocratique en cours.

Mais, selon lui, il n’est pas trop tard pour le ressusciter, et le faire triomphalement sortir de sa tombe. L'étape du million va bousculer la donne.

Franchissons-la ensemble !   

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