Les nouvelles conditions du combat municipal par Pierre ivorra

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Les nouvelles conditions du combat municipal par Pierre ivorra

A l’approche des élections municipales, les choses et les hommes se mettent en place. Il en est qui s’imaginent que l’on va pouvoir les aborder comme précédemment. Ils ne voient pas que les communes ont perdu beaucoup de pouvoir et de moyens financiers.

Les municipalités honorent deux types de dépenses. Celles de fonctionnement permettent de financer notamment les rémunérations du personnel. Celles d’investissement servent à couvrir les achats de biens et de matériels durables, la construction et l’aménagement de bâtiments, …

Pour financer ces dépenses, l’Etat leur alloue notamment une Dotation globale de fonctionnement (DGF). Au fil des années, d’un gouvernement à l’autre, au nom de la baisse des dépenses publiques, la DGF a été passée à la moulinette : elle s’élevait pour l’ensemble des collectivités territoriales à 41,392 milliards d’euros en 2011, elle ne « pèse » plus que 26,94 milliards d’euros en 2019.

Il s'agit ainsi d’affaiblir le rôle des services publics afin de laisser davantage de champ aux grands groupes privés au détriment de la satisfaction des besoins sociaux, culturels, environnementaux de toute la population.

La conséquence ne s’est pas faite attendre. L’emploi municipal commence à s’effriter, le nombre de fonctionnaires diminue, celui des contractuels augmente. Selon l’association des maires de France, l’investissement des communes hors remboursement de la dette est passé de 162 milliards d’euros au cours de la période 2008-2012 à 149 milliards entre 2012 et 2016, diminuant de 13 milliards et de 8 %.

La restriction des moyens est d’autant plus forte qu’il n’y a quasiment plus de fiscalité municipale autonome. Les communes n’ont pratiquement plus la possibilité de lever l’impôt en fonction des besoins et des possibilités de leur population. Les ressources réduites dont elles disposent leur sont aujourd’hui, pour une part décisive, octroyées par la tutelle. La constitution de métropoles a de plus tiré vers les grandes villes, la réalité des prérogatives. Et le pouvoir macronien entend aller plus loin après les élections.

Il faut donc redonner de la marge à nos communes, notamment en recréant une fiscalité professionnelle locale incitative à la création de richesses et d’emplois dans les entreprises, à la protection de l’environnement. Les regroupements communaux doivent devenir des outils de coopération au lieu d’être conçus comme des marches-pieds aux ambitions des capitaux les plus puissants.

Les combats pour la démocratie, l’égalité et l’environnement et ceux pour disposer des moyens financiers marchent ensemble. C’est l’enjeu du scrutin.

Publié dans Elections, Economie

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