Coût trop élevé, délais trop longs… 63 % des Français ont déjà renoncé à des soins

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Coût trop élevé, délais trop longs… 63 % des Français ont déjà renoncé à des soins

Près des deux tiers des Français ont déjà dû renoncer à des soins, soit pour des raisons économiques, soit à cause de la difficulté à obtenir une consultation dans un délai raisonnable, selon un sondage BVA pour France Assos Santé.

C'est une crise globale de notre système de santé. Il y a la crise de l'hôpital public largement traités dans notre blog notamment en lien avec la mobilisation du 14 novembre, il y a la crise des EHPAD soumis à des privatisations rampantes et il y a la crise de la médecine de ville. C'est une crise globale qui frappe l'ensemble de notre système de santé et dont les origines sont les cures d'austérité assassines menées depuis une quinzaines d'années consécutives. Les salariés comme les professionnels tirent la sonnette d'alarme, tout peut s'écrouler très rapidement s'il n'y a pas de mesures fortes, d'urgence donc rapides comme le proposent les communistes depuis plusieurs mois.

Dans cette article, n'est traités que la crise de la médecine de ville au travers un sondage BVA pour France Assos Santé publié ce dimanche. La situation n'est pas au beau fixe en médecine de ville. Près des deux tiers des Français (63 %) ont déjà dû renoncer à des soins, soit pour des raisons économiques, soit à cause de la difficulté à obtenir une consultation dans un délai raisonnable.

Cette proportion grimpe à 77 % pour les personnes en situation de handicap, 74 % dans la tranche d'âge des 25-34 ans et 72 % chez les personnes dont le revenu mensuel net est inférieur à 1.500 euros par mois.

Dans le détail, 49 % des répondants déclarent avoir dû renoncer ou reporter des soins en raison du manque de médecins disponibles, tandis que 45 % font part de difficultés financières (impossibilité d'avancer les frais ou restes à charge trop élevés).

Ces difficultés concernent en particulier les malades chroniques (67 %) et les personnes en situation de handicap (77 %). Des chiffres qui « confirment ainsi le lien entre vulnérabilité économique et accès aux soins », soulignent les auteurs de l'enquête.

« Ces renoncements aux soins ne sont évidemment pas sans conséquences », souligne France Assos Santé. Au-delà de l'impact sur la qualité de vie (angoisse et anxiété pour 43 % des répondants), ils entraînent une augmentation des symptômes dans un cas sur 3, et aboutissent une prise en charge urgente dans 12 % des cas.

Les personnes malades se reportent alors souvent vers les services d'urgences, pourtant déjà surchargés. 

Au cours des deux dernières années, 17 % des Français déclarent avoir dû se rendre aux urgences faute de médecin disponible. Un taux qui grimpe à 24 % chez les malades chroniques, et à 31 % parmi les personnes en situation de handicap.

Pour obtenir un rendez-vous médical d'urgence, les sondés ont fait part en moyenne d'un délai de 3 mois et 2 jours pour un ophtalmologiste, 2 mois et 3 jours pour un dermatologue, 1 mois et 23 jours pour un gynécologue, un mois et 14 jours pour un spécialiste ORL.

Les sondés sont par ailleurs 67 % à avoir été confrontés au moins de temps en temps à des dépassements d'honoraires pour consulter un spécialiste, et 58 % estiment que leur reste à charge a augmenté au cours des dernières années.

Il est plus que temps que soient mis en place de vrais Centres de Santé multidisciplinaires de santé, avec des médecins et des spécialistes salariés et qui aient l'objectif de "zéro reste à charge" pour les patients. Il est urgent que les villes populaires, les ARS en coopération avec les hôpitaux publics programment ces investissements indispensables pour la santé publique et la sécurité de nos concitoyens.

Cela appelle aussi l'urgence de changer de braquet dans les financement d'une part au niveau gouvernemental et au niveau des banques et de la BCE qui sont à mêmes de fournir des prêts à zéro % pour les investissements dans les services publics !

 

Sondage réalisé en ligne les 5 et 6 novembre auprès d'un échantillon de 1.002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, méthode des quotas.

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