Economie, Macron l'incompétent ou le maneuvrier ?

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Economie, Macron l'incompétent ou le maneuvrier ?

Paroles, paroles, serine la chanson. Le Président Macron, dans les propos rapportés par Les Echos du 8 novembre, semble se caler sur les positions que nous défendons en matière économique, à savoir la nécessité d’une véritable politique d’investissement public. Entre les paroles et les actes, il y pourtant un gouffre.

La règle des 3% est une règle absurde

L’austérité est souvent légitimée par le respect des critères dits « de Maastricht », qui impose un déficit inférieur à 3% du PIB – une règle qui a d’ailleurs été durcie après le crise de 2008.1 Le problème : cette austérité généralisée pénalise fortement le potentiel de croissance en Europe en diminuant les débouchés d’une part, et en ne préparant pas l’avenir du fait d’un investissement atone d’autre part. Le Président français semble désormais reconnaître cette réalité. « Le plus gros sujet économique devant nous aujourd’hui, c’est notre sous-investissement », déclare Macron dans les propos rapportés par Les Echos.

C’est mot pour mot ce que la CGT exprime depuis de nombreuses années. Sans politique industrielle ambitieuse, le défi environnemental ne sera jamais relevé. On pourrait presque croire que c’est le secrétaire général de notre confédération qui parle quand on relit les propos du Président Macron : « Le débat autour du 3% dans les budgets nationaux est d’un autre siècle » (The Economist, rapporté par Les Echos).

Macron rejoint les positions de l’ancien directeur du FMI et de la quasi-totalité des économistes (dont des anciens soutiens au Président) : l’urgence, c’est l’investissement public.

Mais comme souvent, les propos du Président sont largement contredits par ses choix de politique économique.

Ce que le président dit… et ce qu’il fait

Le budget présenté il y a quelques semaines pour 2020 ne va pas du tout dans le sens de la déclaration présidentiel (voir le Mémo 19 du Pôle sur le budget 2020). Suppressions de postes de fonctionnaires, réduction des crédits à l’Hôpital public (dont les besoins sont colossaux), baisse du budget par étudiant, aucun investissement public supplémentaire…

L’incohérence entre l’affichage et le réel est difficilement compréhensible. Les besoins en matière d’environnement, de formation, d’éducation, n’ont jamais été aussi importants. Il manque la volonté politique, freinée par une pensée économique bloquée au siècle dernier.

Pierre Moscovici, commissaire européen en charge des affaires économique, est le symbole de cette génération de hauts fonctionnaires qui a égaré depuis longtemps sa boussole économique, et qui est directement responsable de l’état de l’économie que nous connaissons. Il appelle à ne pas « relâcher la discipline budgétaire » et à continuer les « efforts structurels ». On croirait entendre le FMI des années 1990. Une génération perdue (économiquement) produit une génération perdue (socialement).

L’urgence sociale et écologique impose un vaste plan d’investissements de plusieurs dizaines voire centaines de milliards d’euros via un Pôle Financier Public pour préparer l’avenir économique du pays.

Les taux d’intérêt négatifs sur la dette publique auraient dû enclencher immédiatement l’investissement public. Le poids des idées anciennes est semble-t-il trop important. Le « nouveau monde » de Macron n’est qu’une pâle copie de l’ancien ; tant que nous serons prisonniers des idées économiques du passé, il sera impossible de préparer l’avenir. Le président dit, mais ne fait pas !

1 Pour des éléments sur l’épouvantail de la dette, voir l’article de Victorien Pâté dans la Lettre Eco de Décembre à venir.

Mémo du Pôle Eco de la CGT
191108 – Mémo 23- Macron rejoint les positions économiques de la CGT

Montreuil, le 08/11/2019

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