Individualisation et salaire au mérite, la droite au Conseil Municipal de Pierre Bénite passe en force !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Daniel Deleaz élu communiste de Pierre Bénite

Daniel Deleaz élu communiste de Pierre Bénite

Par deux fois le Comité Technique a refusé de valider le projet du Maire de droite (Les Républicains) visant à individualiser les salaires d'une partie des agents et à instituer le salaire au mérite si cher au patronat français.

Les agents ont clairement signifier au maire, Moroge, qu'ils ne voulaient pas de cette transformation d'une partie de leur salaire et qu'ils voulaient une augmentation de 100 euros. La pétition a été signée par plus de 60% des agents !

Mais la droite n'écoute pas, obnubilée qu'elle est par la chasse au coût du travail et un nouveau management visant à faire travailler plus, à user de la carotte et du bâton quand les agents sont récalcitrants, absents ou malades.

On voit ainsi se profiler pressions, chasse à l'absentéisme, sanctions pécuniaires et autres, c'est à dire plus d'autoritarisme afin d'imposer aux salariés de travailler avec moins de moyens du fait des baisses de dotations aux collectivités dont Macron, Hollande et Zarkozy sont les champions. Avec cette austérité renforcée ce sont l'ensemble des services publics locaux qui sont dans le viseur, leur qualité, leur efficacité, l'unité des agents et leur esprit d'équipe.

Cette modification importante des salaires était à l'ordre du jour du dernier Conseil Municipal du 12 novembre. La droite, avec ses élus-es "Playmobil" a voté pour ce recul social et contre les agents ! Les 5 élus de l'opposition (PCF-PS et l'association "Pierre Bénite ma ville") ont voté contre.

En cette occasion Daniel Deleaz, élu communiste a fait l'intervention suivante :

"On nous invite ce soir à voter une délibération qui se propose de modifier le système de primes existant par un système qui personnalisera celles-ci. Il n’est pas ici question de discuter du détail mais bien de regarder le fond.

Cette démarche s’appliquant aux corps de la fonction publique d’état et transposable à la fonction publique territoriale, ne tend en fait à rien d’autre, qu’à individualiser à terme la rémunération des agents comme cela a été fait pour les salaires des employés des entreprises privées.

En effet, la détermination du montant d’une partie des primes (le Complément Indemnitaire Annuel) appliquée à partir de modalités issues d’entretien personnel annuel, conduira déjà, compte tenu de l’apport de celle-ci au revenu de l’agent, à une individualisation du salaire.

On se retrouvera donc dans la situation où deux agents effectuant un travail similaire et au mêmes conditions initiales d’ancienneté et de formation pourraient voir ainsi leurs salaires très différents.

De fait cette mise en concurrence des salariés conduit à favoriser le clientélisme, pour l’agent comme pour sa hiérarchie, qui aura tendance à valoriser l’agent lui apportant de la réussite, et à effacer le travail collectif.

Or le travail aujourd’hui n’est plus que très rarement individuel, il est essentiellement le produit d’un travail d’équipe.

Individualiser le salaire conduit donc à terme à une perte d’efficacité du service.

Nombreuses d’ailleurs sont les entreprises privées qui ont fait le constat des conséquences de cette individualisation et qui cherchent des méthodes, plus ou moins efficaces, de reconstruction de l’esprit d’équipe mis à mal par cette politique de rémunération.

Si le besoin de récompenser l’investissement de chacun est une réalité, il conviendrait donc plutôt de réfléchir à une forme de valorisation collective de l’effort commun. C’est dans ce sens qu’il aurait sans doute fallut travailler.

Le statut du service public a justement été conçu, à l’origine, pour que les agents en charge de sa mise en œuvre soient exonérés de ce type de pression.

Cette délibération me semble donc proposer un projet plus idéologique que pragmatique et à terme inefficace et contre-productif.

D’ailleurs les agents ne s’y sont pas trompés, puisqu’au travers de leur représentants ils ont émis, au comité technique, un avis défavorable sur le fond de ce projet.

Compte tenu du rapport de voix de ce conseil, cette délibération a toutes les chances de passer telle que proposée, mon intervention a seulement pour but de vous faire réfléchir, chères et chers collègues et qui sait peut-être de vous convaincre du mauvais choix que vous risquez de faire.

Il en va de l’intérêt de notre ville."

Publié dans Pierre Bénite, Rhône

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