Macron file la déprime à tout le monde sauf aux riches !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Macron file la déprime à tout le monde sauf aux riches !

Après le code du travail, après le transport public ferroviaire, après l'indemnisation chômage sucrée à près de 700 000 salariés et jeunes, après un projet de contre réforme des retraites dont 71% des Français ne veulent pas, après avoir pris les personnels de la santé pour des imbéciles en leur lançant quelques miettes, le gouvernement s'attaque au report à minuit au lieu de 21h, le début du travail de nuit dans les commerces alimentaires.

Vraiment Macron file la déprime à tout le monde sauf aux riches et aux entreprises qui vont encore toucher le pactole avec le projet de loi budgétaire de 2020, au point qu'un jeune étudiant désespéré par la situation qu'on lui impose, à tenter de s'immoler à Lyon pour dénoncer la sauvagerie de ce système et de cette politique malfaisante de Macron. Avant lui les invisibles dits les Gilets Jaunes, avaient décidé de se rende visible avec un mouvement national qui se poursuit aujourd'hui sous des formes différentes.

Il y a vraiment de quoi être en colère et de l'exprimer fortement et massivement le 5 décembre comme viennent de le décider la CFDT nationale des cheminots et la confédération CGC et comme sont en train de le décider des centaines de syndicats dans les entreprises ainsi que des milliers de gilets jaunes !

D'autant qu'avec le mépris et l'arrogance vis à vis de ceux qui souffrent, le gouvernement et Macron rajoutent la tromperie et la provocation. C'est cela que vivent actuellement les salariés du commerce avec le travail de nuit.

Le ministère du Travail après avoir assuré que la concertation, ouverte "à la demande de toutes les parties", ne débouchera pas sur un projet moins-disant socialement. la ministre Pénicaud vient de remettre le couvert alors que personne n'est demandeur d'une modification des règles qui régissent le temps de travail la nuit, sauf le patronat !

"C'est un cadeau à Monoprix, Auchan et Carrefour, mais pas à leurs salariés", affirme Amar Lagha, secrétaire général de la CGT Commerce et services. Le 13 novembre, la ministre du Travail doit présenter en conseil des ministres un projet de loi visant à repousser, moyennant un accord d'entreprise, à minuit au lieu de 21 heures le début du travail de nuit dans les commerces alimentaires.

Le texte défendu par l'ancienne DRH de Danone reprend un amendement de la loi Pacte, censuré sur la forme par le Conseil d'Etat.

"On pensait que le débat était clos mais Muriel Pénicaud est le bras armé du Medef, proteste Amar Lagha. C'est de l'idéologie, le gouvernement veut faire du 7 jours sur 7, 24h/24, à l'anglo-saxonne. Symboliquement, c'est un pas de plus vers l'idée qu'on peut travailler n'importe quand".

La loi en vigueur aujourd'hui définit le travail de nuit comme celui effectué entre 21 heures et 6 heures du matin ou, à condition qu'un accord collectif, d'entreprise ou d'établissement le stipule, celui effectué au cours d’une période d’au moins neuf heures consécutives, comprenant l’intervalle entre minuit et 5 heures du matin (cette période commence au plus tôt à 21 heures et s'achève au plus tard à 7 heures du matin).

Sauf dans certains cas particuliers – la presse, par exemple –, le code du Travail pose trois conditions au travail de nuit : il doit rester exceptionnel, il doit prendre en compte les impératifs de protection de la sécurité et de la santé des travailleurs et enfin, être justifié par la nécessité d’assurer la continuité de l’activité économique ou des services d’utilité sociale.

C'est sur ces bases que la cour d'appel de Paris avait, dans un arrêt rendu en septembre 2018, enjoint à Monoprix de "cesser d’employer des salariés dans ses établissements parisiens".

Par ailleurs, un salarié peut refuser un travail de nuit sans se mettre en faute "lorsque le travail de nuit est incompatible avec des obligations familiales impérieuses, notamment avec la garde d'un enfant ou la prise en charge d'une personne dépendante".

Enfin, la loi prévoit également que le travail de nuit donne lieu à contreparties, selon des conditions prévues par un accord d’entreprise ou d’établissement : il doit notamment être compensé sous forme d'un repos rémunéré, et peut également donner lieu à une augmentation du salaire horaire. Repousser le début des heures de nuit revient à lever ces garde-fous sur les horaires concernés, y privant les salariés des commerces alimentaires de compensations.

Et ces salariés ne bénéficieront même pas des avantages de leurs homologues employés dans les zones touristiques internationales, comme les Champs-Elysées à Paris, pour qui le travail en soirée, de 21 heures à minuit, est payé double, donne lieu à un repos compensateur équivalent en temps, et oblige l'entreprise à payer pour le transport et la garde d'enfants. "Il n'y a pas d'infrastructures derrière cette proposition : ni transports, ni crèches", dénonce Amar Lagha.

Par ailleurs une étude publiée de 2018 dans la revue américaine Cancer Epidemiology, Biomarkers and Prevention révélait que le risque de cancer augmentait en moyenne de 19% chez les femmes – majoritaires parmi les salariés du commerce alimentaire – travaillant de nuit pendant plusieurs années.

Le travail de nuit est bel et bien une forme de pénibilité que Mureil Pénicaud veut rendre encore plus pénible !

Un grand 5 décembre l'amènera peut être à avoir plus d'écoute des salariés que des patrons. Le 5 décembre on leur fout la déprime, tous en grève et en manifestation !

Sources Marianne et CGT

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