La base décidera. C'est elle qui a la main ce 17 décembre alors que Delevoye est poussé à la démission !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

La base décidera. C'est elle qui a la main ce 17 décembre alors que Delevoye est poussé à la démission !

Depuis plusieurs jours les ministres de Macron se succèdent dans les télés et les radios, cela en devient indécent d'autant que les journalistes n'hésitent plus à prendre parti ouvertement pour cette contre-réforme des retraites. Si au regard des propriétaires de ces groupes de médias , cela n'est pas une surprise, là aussi nous vivons une indécence manifeste qui bafoue la déontologie du journaliste telle que nous pouvons encore la concevoir dans une société démocratique.

Pourtant ce rouleau compresseur qui a l'objectif de diviser, de peser sur les mobilisations et sur l'opinion publique, comporte quand-même un gros risque pour la majorité macroniste, le langage uniforme est tellement visible que chez tout citoyen naît le doute sur la sincérité des propos et des arguments.

Ce fut le cas ces derniers jours avec la défense de  Jean-Paul Delevoye rattrapé par la patrouille après avoir omis de déclarer sa présence dans 13 différents conseils d'administration dont deux rémunérés ! La pression était trop forte et sa crédibilité bien entamée pour résister plus longtemps, malgré les encouragements de certains ministres, il démissionna ce matin avec les regrets d'E. Macron !

D'autres émettent des divergences, ce qui a pour effet d'affaiblir considérablement l'effet bulldozer de certains arguments. Enfin, beaucoup sont prompts à tendre la main à la CFDT, elle aussi soumise à une forte pression de sa base qui rejette, comme l'opinion publique, cette contre-réforme. Au final cela risque de se retourner contre le syndicat et contre les manoeuvriers de tous les bords qui poussent cette organisation au suicide.

« Ferme mais pas fermé », selon Edouard Philippe, aussitôt rejoint par Jean-Michel Blanquer qui considère que l'âge pivot n'est pas « le totem de la réforme » et pour Agnès Pannier-Runacher qu'il est « négociable ». Ainsi plusieurs ministres estiment que l'une des voies de sortie consisterait à l'abaisser de 64 à 63 ans. Mais alors pourquoi avoir annoncé ces fameux 64 ans posent aussitôt nombre de nos concitoyens ? D'autres estiment que l'équilibre budgétaire peut être bougé surtout que c'est le point dur fixé par Laurent Berger, pensent-ils.

Ceux qui appuient Edouard Philippe, comme Richard Ferrand qui rappelle Laurent Berger à son réalisme économique à l'Agirc Arrco et à sa demande récurrente d'avancées sociales. « La pénibilité doit permettre d'atténuer l'effet de l'âge pivot », affirme t-il.

S'il faut offrir à l'opinion l'image d'un gouvernement ouvert, n'achetons pas Laurent Berger trop cher, estiment d'autres arcboutés avec le patronat sur les annonces du 1er ministre.

Pressé par sa base, le leader de la CFDT pourrait finir par s'installer avec la CGT, FO, la FSU et les organisations de jeunesse dans le camp de la mobilisation exigeant à la fois le retrait de la réforme et l'ouverture de négociations pour consolider le système existant considéré comme le plus moderne au monde.

On le sait, les leaders syndicaux doivent de plus en plus composer avec leur base. La politique, à sa façon, est touchée à son tour. Chacun craint pour son avenir, chacun s'érige en négociateur. Comment Philippe imposera ses vues, comment la majorité tiendra ses nerfs alors qu'elle est gagnée par la frilosité de ses membres et de ses ministres.

La nouvelle journée de mobilisation unitaire de ce mardi 17 décembre sera un nouveau moment fort de cette partie de bras de fer que veut jouer Macron avec la société. Réussie une nouvelle fois, comme les 5, 10 et 12 décembre, le chef de l'Etat devra alors composé avec la CFDT ou alors retirer son projet. Mêmes les ânes finissent par avancer dit le dicton. Alors quand on en face de soi l'ensemble de la société, il faut réfléchir à deux fois.

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