Retraite : le jeu de dupes de Macron pour un passage en force !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Retraite : le jeu de dupes de Macron pour un passage en force !

Alors que les salariés et retraités du pays confirment leur rejet de la retraite Macron, un rejet encore plus accentué chez les jeunes avec 74%, le gouvernement et les médias libéraux mettent la pression sur les Français pour tenter de leur faire avaler une nouvelle couleuvre.

Ils font croire à la concertation, il en est même qui annonce qu'un accord est à porter de main avec les syndicats réformistes, ils refusent d'utiliser le terme négociation, et d'un autre côté ils accélèrent la procédure institutionnelle sans rien changer au projet initial. Ils ont décidé ainsi d'une procédure accélérée à l'Assemblée à partir du 17 février et ont déjà déposé le projet de loi au Conseil d'Etat dont l'avis est requis, comme le prévoit l'article 39 de la Constitution, avant l'examen en conseil des ministres. 

Selon une source au sein de l'exécutif citée par Le Parisien, cette mouture est déjà rédigée "à 95 %".

Ainsi, l'opération médiatique sur une pseudo-concertation est un jeu de dupes pour passer en force le projet de système à points. La CFDT et l'UNSA sont-ils complices et sont-ils prêts à avaler la couleuvre? 

Ça ne coûte rien de discuter, et encore moins quand les décisions sont déjà prises. Le Premier ministre a fait passer ce message à RTL. Pour lui tout serait ouvert. "Ma détermination à faire avancer cette réforme n'a d'égal que mon ouverture et la volonté que j'a[i] de discuter avec les syndicats des modalités de cette réforme", a-t-il assuré. Tout le monde a bien compris, qu'il parle des "modalités" et non du choix de société que porte cette réforme.

Il confirmait ainsi ce que révélait le Parisien, que l'affaire était déjà pratiquement bouclée, puisqu'un texte avait déjà été envoyé au Conseil d'Etat, avant un examen en procédure accélérée par l'Assemblée nationale, pour une adoption espérée "au mois de mars", selon le 1er ministre très désireux, tout comme Macron, de siffler au plus vite la fin du match.

Ainsi l'exécutif semble ne vouloir consentir qu'à des retouches à la marge de son projet, confirmant que la concertation de mardi n'est qu'un jeu de dupes.

Macron a donc choisi de jouer avec sa droite qui est arc-boutée sur le report de l'âge de la retraite, le système à points et la baisse des pensions pour équilibrer financièrement le fameux système alors que le COR a précisé qu'il n'y avait pas d'urgence. Plusieurs spécialistes ont montré que nous disposions de réserves financières importantes pour passer le pic à venir sans mettre la cabane sur le chien.

La proposition de Laurent Berger, d'organiser jusqu'à fin juillet une "conférence de financement" sur les retraites afin de dénouer le nœud que représente l'âge pivot à 64 ans aura été utilisée pour faire croire à la concertation et tenter de désarmorcer la journée d'action nationale du 9 janvier qui s'annonce d'ampleur.

D'ailleurs E. Philippe n'a pas manqué d'utiliser le double langage. D'un côté, il dit qu'il s'agit d'une "bonne idée". "Je suis ouvert à des discussions (et non négociations) sur beaucoup de sujets et j'entends parfois d'excellentes idées", a-t-il ajouté. Et de l'autre côté, il referme aussitôt la porte en précisant qu'il n'est fermé " sur aucune modalité. Je suis attaché à un principe qui est que cette réforme ne soit pas irresponsable et qui ne se poserait pas la question de comment on finance les avancées (...) On est prêt à faire des avancées. Elles doivent être garanties avec l'équilibre du système".

Tout est dit !  On fait du blabla ensemble mais on ne touche rien et tu avales tout.

Sauf que les Français ne sont ni E. Philippe ni Laurent Berger !  Laurent Berger acceptera t-il de jouer le double rôles : être à la fois le traitre et le cocu ? Tout réside maintenant dans la force de la journée du 9 pour lui rappeler qu'il fait fausse route et qu'il faudrait qu'il laisse les capitalistes et les financiers jouer entre-eux, ce n'est pas sa place !

Alors plus que jamais la grève continue et les manifestations aussi pour exiger le retrait et l'ouverture de négociations pour consolider le système actuel comme le demandent 65 personnalités politiques, syndicales, intellectuelles et du monde de la culture de la gauche avec une pétition nationale signée par 120 000 personnes en 72 h.

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