Après le 9ème journée de mobilisation, la détermination reste intacte face à l’exécutif

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Après le 9ème journée de mobilisation, la détermination reste intacte face à l’exécutif

Les manifestants défilaient, ce jeudi, lors de la neuvième journée d’action contre la réforme des retraites. A Paris, les agents du public comme les salariés du privé restent déterminés.

«Travail, travail, plus loin… que l’âge de la retraite. » Jeudi, lors de la neuvième journée d’action contre la réforme des retraites à l’appel de la CGT, de FO, de la FSU, de Solidaires et des organisations de jeunesse, certains manifestants parisiens reprenaient ce refrain revisité de la chanson Voyage, voyage, de Desireless, pour marteler leur opposition frontale au projet de loi en débat à l’Assemblée nationale.

Même si le cortège est moins fourni que les semaines passées, avec 130 000 personnes présentes dans la capitale selon la CGT, la détermination reste intacte face à un gouvernement qui prend l’eau de toutes parts. « La mobilisation, elle est là, et tous ceux qui refusent de la voir doivent ouvrir les yeux » ,a déclaré le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

Les dérapages de LaREM ont ajouté à l’indignation

De nombreux agents des secteurs publics, de la santé, de l’éducation nationale… et des salariés du privé ont ainsi défilé de la gare de l’Est jusqu’à la place de la Nation. « C’est une question de survie, on se souvient que des textes de loi comme le CPE ont été annulés après avoir été adoptés », explique Julien Allayaud, égoutier dans le Val-de-Marne, bombe de peinture en main. À ses pieds, il a dessiné la forme d’un corps sur le bitume avec l’inscription « Égoutier mort au travail ». Sur son casque, un cimetière est peint avec sa date de naissance, 1981… « J’ai mon père, trois oncles et deux cousins dans le métier. J’ai vu plein de collègues mourir en dix-sept ans. Nous, on est égoutiers pour le service public, pour la communauté, ce n’est pas une passion de travailler dans la merde et les gaz mortels. Donc, on veut juste garder notre droit à partir plus tôt en retraite », poursuit-il, en précisant que 70 % des agents sont grévistes dans le département.

La volonté des députés LaREM de ne pas allonger le congé des parents en cas de décès d’un enfant, puis leur rétropédalage ont ajouté une couche d’indignation. « Ils sont déconnectés, ils ne connaissent pas la valeur de la vie humaine. Il n’y a aucun respect du peuple ! » tranche Michel Le Goff, coordinateur CGT du groupe Bigard, Charal et Socopa, venu avec des salariés de toute la France.

Seize sites d’abattage et de transformation de viande étaient en action hier. Pour lui, il n’est pas envisageable de lâcher le morceau. « Certains employés marchent 20 kilomètres par jour, d’autres soulèvent 20 tonnes de jambons, mais Bigard pense que nos problèmes de santé viennent de notre mauvaise hygiène de vie et nous conseille de faire du sport ! On voudrait plutôt que l’entreprise nous paie des préretraites à partir de 55 ans », expose le cégétiste.

À Guingamp (Côtes-d’Armor), la chaîne était arrêtée cet après-midi. « J’ai sept maladies professionnelles au compteur, donc je crois que j’ai tout à fait ma place dans la rue, nous n’allons pas laisser sacrifier une partie de la société », assène Solange Le Cam, déléguée syndicale centrale CGT chez Socopa.

Les femmes ont disparu du simulateur du gouvernement

Plus loin, Esther, bibliothécaire de 26 ans, éclate de rire. L’étude de l’OFCE parue mercredi confirmant que la politique d’Emmanuel Macron profitait aux riches : « On le savait déjà. Je me suis mobilisée à chaque fois, on peut pas dire qu’on n’aura pas essayé ! » affirme celle qui a reproduit le personnage de dessin animé, l’âne Trotro qui « veut partir plus tôt » en retraite sur une pancarte.

Avec leurs bannières roses, une soixantaine d’agents de Solidaires Finances contournent la place de la République : « On est peut-être plus nombreux que la semaine dernière", observe Sandra Demarcq, secrétaire départementale du syndicat, rappelant que les femmes ont disparu du simulateur mis en place par le gouvernement. On essaie de nous éliminer pour mieux évacuer le fait qu’on sera les grandes perdantes. Il y a donc une nécessaire volonté de continuer.

"On lutte aussi contre les suppressions d’emplois dans les services publics, contre la dématérialisation ! On espère qu’il y aura une grande manifestation nationale en mars pour reconstruire d’ici là la grève dans les secteurs. »

De son côté, Attac alerte sur les risques du Macronavirus avec la tête du président de la République accrochée à un plumeau. Pour éradiquer le problème, les manifestants sont prêts à se remobiliser la semaine prochaine. ■

Cécile Rousseau
 

Publié dans Luttes sociales

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