Crise Boursière : La fragilité de notre économie par la CGT

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Crise Boursière : La fragilité de notre économie par la CGT

Des milliards partis en fumée en quelques jours

A la fin de l’année 2019, le CAC 40 atteignait des sommets et passait pour la première fois la barre des 6 000 points depuis 2007. Loin du triomphalisme ambiant, nous avions alerté sur le fait que les pics boursiers précédaient généralement les crises financières. Il semblerait que les prémices de cette crise s’installent.

Le CAC 40, indice phare de la Bourse de Paris a perdu près de 30% entre le 19 février et le 9 mars. L’indice a chuté de 8,39% pour la seule journée du 9 mars, repassant largement sous les 5 000 points. Le 12 mars, le CAC 40 plonge encore de plus de 10% au cours de la journée, et va jusqu’à frôler les 4 000 points.

Pour avoir quelques chiffres de référence, depuis le 19 février, la capitalisation des entreprises du CAC 40 a fondu de 453 milliards d’euros. Rien que pour LVMH, l’entreprise de Bernard Arnault, la perte de capitalisation est de 220 milliards par rapport à son sommet atteint à la mi-janvier. Notons que ces valeurs varient de plusieurs milliards chaque secondes étant donné la volatilité des prix et la spéculation.

Bulle spéculative

Comme nous l’avons rappelé, avant l’arrivée de l’épidémie, les marchés financiers étaient au plus haut. La situation était la suivante : Les obligations d’Etat affichent des taux d’intérêts très faibles voire négatifs or les plus riches, notamment les banques, sont abreuvés de liquidités abondantes par les banques centrales. Les différents fonds d’investissements se sont donc rués sur le marché des actions par défaut, sans justification économique rationnelle. Tout le monde était conscient que la valeur des actions était totalement déconnectée de la valeur réelle des entreprises.

De nombreux spéculateurs étaient en situation de plus-value sur leurs « investissements ». Ils n’ont donc pas hésité à se désengager très rapidement en revendant en urgence leurs actions dès les premiers risques. Voilà ce à quoi s’exposent les entreprises sur les marchés financiers, être détenues par des spéculateurs qui n’ont que faire de la pérennité de l’entreprise et qui fuient à la première secousse.

L’éclatement de cette bulle spéculative repose également la question du rôle d’intermédiaire des banques et de leur responsabilité dans la création monétaire.

Dépendance, la fragilisation de notre économie

Certains analystes ont peut-être été aveuglés par les performances de l’indice boursier du CAC 40 et avaient oublié les fragilités de notre économie réelle. Cette crise ne fait que confirmer nos craintes et appuie nos revendications

Tout d’abord, bien que l’épidémie fût au départ limitée à la Chine, elle a eu de suite des répercussions sur notre économie du fait de notre dépendance à la production chinoise.
Le premier facteur de dépendance est que la Chine est un client très important pour les exportations françaises et plus globalement, européennes. La paralysie de l’économie chinoise a donc fait perdre de nombreux marchés aux entreprises françaises.

D’autre part, la Chine produit énormément de produits intermédiaires, c’est-à-dire des pièces utilisées dans la production de produits finis par les entreprises occidentales. Sans la Chine, de nombreuses entreprises ne sont donc pas en capacité d’assurer leur production.

C’est notamment le cas pour de nombreux médicaments, dont les principes actifs sont majoritairement produits en Chine. En effet, de nombreuses usines de médicaments ont été délocalisées en Chine, les actionnaires traquant les coûts salariaux les plus faibles. Il est évident que cela pose une question d’indépendance et d’autonomie.

L’ampleur des problèmes soulevés par cette crise boursière sont une nouvelle preuve que le modèle économique libéral est à bout de souffle.

La relocalisation de notre production, notamment par l’introduction de clauses sociales et environnementales, est donc une priorité pour assurer la stabilité de notre économie.

Glossaire :

- Obligation : Une obligation est un titre de dette émis sur les marchés financiers par un agent économique (l’État ou une entreprise).
- Capitalisation boursière : Ça correspond à la multiplication du cours des actions et de leur nombre. Théoriquement, ça serait le prix de l’entreprise si on souhaitait acheter 100% des parts.

Montreuil, le 12 mars 2020

Publié dans Economie, syndicats

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