Témoignage d'un salarié d'Airbus Marignane - 13. Scandaleux ! Et ils osent nous appeler à l'union sacrée. Sans moi !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Témoignage d'un salarié d'Airbus Marignane - 13. Scandaleux ! Et ils osent nous appeler à l'union sacrée. Sans moi !

Un militant syndical témoigne de ce qui se passe à Airbus Marignane, entreprise des Bouches du Rhône qui fabrique des hélicoptères, où la pression est mise sur les salariés pour qu'ils viennent absolument travailler malgré les risques qu'ils courent face à l'expansion de l'épidémie.

Bonjour,

Ces quelques mots pour faire un point sur la situation à Airbus, dans le contexte de l'épidémie actuelle.

Je pense que vous savez que le nombre de cas double en France tous les quatre jours, que le pic est devant nous, et que les préconisations scientifiques et gouvernementales vont dans le sens d'un confinement plus strict.

J'ai été hier à l'usine, et la direction est unanime : nous devons retourner travailler. Nous devons retourner dans les ateliers, donc multiplier les risques de contamination, pour nous, pour nos proches, et même pour des inconnus que nous croiserons.

L'ensemble du management a été formaté, et comme un seul homme, ils débitent les mêmes choses. Je vous cite quelques exemples :

Le plus haut responsable des ressources humaines nous a dit :"la maladie touchera 70% de la population de toute façon. Autant venir à l'usine, en suivant nos recommandations".

Un chef d'unité à la mécanique :" C'est pareil d'attraper le virus à la boulangerie ou à l'usine".

A noter que j'ai entendu cet argument plusieurs fois, dans la bouche de différents responsables. Ils faisaient juste des variations :

" C'est pareil d'attraper le virus à la boucherie ou à l'usine".
" C'est pareil d'attraper le virus à Carrefour ou à l'usine".

On voit que les chefs, qui répètent comme des perroquets ce qu'on leur dit de répéter, on juste une petite part d'initiative personnelle, pour changer le lieu où, selon eux, nous allons attraper le virus.

Le chef de l'ensemble du secteur mécanique/machines-outils m'a dit, d'un ton d'acteur dramatique, des tremolos dans la voix :

"c'est trop tard. Le virus est là. On n'y peut rien. Donc il faut venir travailler. Pour les Français qui ont besoin de nos hélicoptères".

"C'est trop tard" ! Je pense qu'un médecin urgentiste qui entendrait ça aurait envie de bousculer un peu ce monsieur.

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