Hommage à Jacques Bidart métallo sidérurgiste de la CGT

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Hommage à Jacques Bidart métallo sidérurgiste de la CGT

Jacques Bidart, un grand dirigeant syndical CGT de la  Sidérurgie nous a quittés.

Jacques Bidart nous a quitté ce vendredi suite à une longue maladie. L'ayant côtoyé pendant plusieurs années à la Fédération des métaux CGT, je tenais a lui rendre hommage.

Embauché à la Solmer en 1973, Jacques adhère à la CGT en 1975. Elu délégué, il milite activement dans et hors de l’entreprise notamment lors les fortes mobilisations des sidérurgistes de 1976 à 1979 pour sauver les milliers d'emplois et les activités menacés par le plan Davignon décidé par l'Europe ultralibérale.

Il adhère au PCF et est élu à la mairie de Miramas dès le début des années 1980, où il participe activement à la commission formation professionnelle de la municipalité.

Technicien, il oeuvre à la création du syndicat UFICT-CGT de Solmer puis devient secrétaire général de son syndicat en 1988. Dès les années 1990, il s’implique pleinement dans le collectif national Usinor avec Bernard Campanova et Viviane Claux qui est alors élue administratrice salariée du groupe nationalisé.

Etant pour ma part élu au secrétariat de ma Fédération, c'est à cette période que je côtoie régulièrement Jacques et toute l'équipe de la sidérurgie CGT. C'était toujours avec plaisir que nous discutions car rien n'était dans l'apparence chez Jacques, il était engagé et faisait de réels efforts pour faire comprendre sa pensée. Il avait la gentillesse et la fraternité chevillées au corps et rejetait l'autoritarisme. Ce qui ne l'empêchait pas de pousser son coup de gueule quand il en sentait le besoin, mais toujours sans froisser.

En 1995, il devient responsable du collectif national sidérurgie. Cette année 95 est aussi marquée par la privatisation de la sidérurgie. Bataille dans laquelle Jacques s'engage. L'expérience amère des sidérurgistes de la gestion libérale du groupe sidérurgique Usinor, en réalité étatisé au service du capital, ne permettra pas les mobilisations au niveau des enjeux. La privatisation se fera quand même avec tous les dégâts attendus.

Jacques ne lâche rien pour autant. En 1995, il est désigné DSC de Sollac, puis DSC d’Arcelor-Méditerranée et DSC d’Arcelor-Mittal-Méditerranée en 2005.

Pendant ces dix années, avec détermination et un engagement politique sans faille, Jacques impulse nombre d’initiatives de luttes. Avec Viviane CLAUX, il construira les Assises nationales d’Usinor en 1998, les Assises mondiales de la sidérurgie en 2000, et participe activement à l’élaboration du statut du sidérurgiste.

Il connait en 2002 la création d’Arcelor et l’OPA de Mittal en 2006 et les restructurations qui en découlent. Les luttent s’enchaînent notamment contre la fermeture des hauts fourneaux de Florange. Des combats menés avec Marc Barthel devenu responsable du collectif national Sidérurgie et membre de la direction nationale de la Fédération. En 2011, suite au décès de Marc, Jacques prend la responsabilité de RSN d'Arcelor-Mittal.

Jacques a été un dirigeant très apprécié des syndicats de la sidérurgie et des camarades avec lesquels il militait. Il aimait pousser les questions jusqu’au bout avec toujours une certaine vision politique d’avance ! Malgré sa ténacité, Jacques avait une très grande sensibilité humaine, ce qui en faisait un dirigeant apprécié de ses camarades de combat.

Retraité en 2013, Jacques participait aux assemblées générales de son syndicat. Depuis 2019, il travaillait à construire un projet syndical industriel alternatif intégrant les aspects environnementaux et sociaux. Bien que malade, il fut l’initiateur et Président du Comité de Surveillance de l’Activité Industrielle du Golfe de Fos et son Impact Environnemental.

Il nous quitte à 67 ans. Jusqu’au bout il a eu le souci de son syndicat et de la CGT.  Merci Jacques de ton engagement et de ta fidélité. Tu as été un grand dirigeant de la CGT de notre sidérurgie. Repose en paix.

Toutes mes condoléances à ta famille, aux syndicats CGT de la Sidérurgie et à tous tes camarades de combat, sidérurgistes, à la Fédération, à Fos sur mer et dans les Bouches du Rhône.

Jean Chambon

Le 19 avril 2020

 

 

 

Publié dans syndicats

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