Mobilisation le 19 mai à l'Hôpital Lyon-Sud Pierre-Bénite en réponse aux propos du Ministre Véran

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Mobilisation le 19 mai à l'Hôpital Lyon-Sud Pierre-Bénite en réponse aux propos du Ministre Véran
Mobilisation le 19 mai à l'Hôpital Lyon-Sud Pierre-Bénite en réponse aux propos du Ministre Véran
Mobilisation le 19 mai à l'Hôpital Lyon-Sud Pierre-Bénite en réponse aux propos du Ministre Véran
Mobilisation le 19 mai à l'Hôpital Lyon-Sud Pierre-Bénite en réponse aux propos du Ministre Véran
Message du professeur André Grimaldi après les propos du Ministre Véran
 
Plusieurs collègues sages me disent "laisse tomber le bilan du passé il ne faut parler que de l'avenir". Etrange renversement des postures. D'expérience historique, il vaut mieux éviter "du passé faire table rase " comme disait la chanson, pour qu'il ne revienne en pire. Et il est recommandé quand on cherche à  savoir où on va, de savoir d'où on vient, au risque de faire une révolution complète à 360 degrés.
 
La confiance des citoyens dans leurs dirigeants est un élément déterminant pour la  gestion d'une crise sanitaire majeure dans un pays démocratique. Cette confiance a été cassée moins par la découverte du manque de dispositifs, de tests et de médicaments que par la fluctuation du discours sur les masques d'inutiles voire dangereux devenus obligatoires, suivie par les couacs de livraisons annoncées qui n'arrivaient pas.
 
Le discours guerrier alternant avec le paternalisme qui tantôt minimise et tantôt dramatise sème la suspicion a priori et fait le lit des fake news d'autant que tous se précipitaient pour écouter l'oracle de Marseille.
 
Le président et son ministre de la santé font des déclarations d'amour  aux soignants promettent prime et revalorisation significative des salaires.  Les soignants ne peuvent que s'en réjouir, même si cela arrive bien tard.  "Le jour d'après ne sera pas le retour au jour d'avant" "La santé doit échapper aux lois du marché" Que ces mots sont doux à entendre !
 
Mais voilà, ils gâchent tout avec leur 14 juillet et leur médaille annoncés précédemment. Après ça serait sûrement  passé mais avant ça ne passe pas ! Erreur de tempo, erreur grossière de communication !
 
Et  les inexactitudes du ministre de la santé en rajoutent. Olivier Véra déclare dans le JDD "contrairement aux gouvernements qui nous ont précédé, nous avons inversé la tendance sur les dépenses de santé et  relancé l'investissement"  (Au passage, il  devrait s'abstenir  de critiquer  le gouvernement précédent dans la mesure où, député, il apporta son soutien à ce gouvernement et fût même le rapporteur de la  Loi de Marisol Touraine). 
 
En 2018 , alors que l'activité des hôpitaux avait baissé, le premier ministre Edouard Philippe avait  néanmoins encore baissé les tarifs de la T2A de 0.5%, malgré nos protestations. Et pour 2020,  le gouvernement avait encore fait voter au  Parlement une économie  de 800 millions pour les hôpitaux publics,  ramenés à 600 millions après la manifestation des hospitaliers du 14 novembre.
 
Autre inexactitude le ministre ose dire " On est déjà sorti du tout T2A.  Mais faut aller plus vite"  On n'en est sorti que dans le discours et c'est essentiellement pour remplacer le séjour par une période de soins. A la suite du rapport brillant et inapplicable de JM Aubert, le projet de remise en cause de la T2A pour la diabétologie est parti en quenouille et le président de la Task Force  s'est fait la malle.
 
Ces écarts avec la réalité factuelle créent le doute et gâchent le plaisir. D'autant que dans le pot de miel, Olivier Véran à laissé tombé une goutte de goudron, en laissant entendre qu'il faudrait remettre en cause les 35 Heures. Ce fût certes une  très mauvaise loi, moins dans son principe que dans ses modalités d'application à l'hôpital public avec ses conséquences : blocage des salaires, variabilité des horaires de travail, mutualisation et mobilité imposées... Et finalement une augmentation du temps de travail pour celles et ceux qui en plus de leur job allait faire des piges en cliniques ! Comme quoi, iI faut se méfier des bonnes intentions.
 
Mais  si la déclaration sur "le jour d'après ne  sera pas le retour au jour d'avant" veut dire que demain, après le défilé du 14 juillet en l'honneur des blouses blanches, on va appliquer le programme de François Fillon, il y a comme un mal entendu   
 
Si le gouvernement veut vraiment refonder dans l'espérance le système de santé et suivre le principe qui fait de  la santé un "bien commun" supérieur qui ne doit être ni privatisé, ni étatisé mais cogéré avec toutes les parties prenantes dont les professionnels et les usagers, il faut qu'il avance clairement et s'engage sur 4 mesures immédiates:
 
1 Une revalorisation significative chiffrée des salaires et le paiement des heures supplémentaires
 
2 l'embauche et la formation des personnels nécessaires pour la sécurité des patients et la qualité des soins
 
3 un moratoire sur les projets de restructuration visant à fermer des lits au nom d'un dogme managérial contesté par les soignants ( par exemple l'hôpital Nord de Paris,  Caen....)
 
Le nouvel Hôtel Dieu avec sa galerie marchande, mode nouvelle gare ou aéroport sera-t-il vraiment "notre premier hôpital du XXIème siècle: ouvert sur la ville, faisant rencontrer soins et entrepreneuriat, mélangeant les activités." comme le déclarait au Monde Martin Hirsch le 20 Mai 2019 ?
 
4 le retour à loi Veil de 1994 interdisant à l'Etat de faire les poches de la Sécurité sociale. Son abrogation en 2018 a permis au gouvernement de prendre 2.5 Mds en 2019 à la Sécurité sociale. Il doit les rendre.
 
A partir de la, commencerait le chantier de Ségur pour revoir ensemble les modes de financement,  la gouvernance, la coopération ville hôpital remplaçant la concurrence par la  complémentarité, les nouveaux métiers, la pertinence des prescriptions et des actes, l'évaluation de la qualité, la place de la prévention, la lutte contre les inégalités sociales et territoriales de santé...l'enseignement et  la recherche.......
 
Le Président a reconnu des erreurs et s'est dit prêt à se"réinventer" On voudrait  le croire, mais vont-ils tous se réinventer ? Gérald Darmanin, Bruno Lemaire, Edouard Philippe, Muriel Penicaud ....
 
L'histoire nous a aussi appris la grande leçon de tous les opportunistes: "'il faut bien que tout change pour  que rien ne change" N'oublions pas que sur la terre brûlée peuvent pousser des roses mais aussi des ronces
 
André Grimaldi
 
Signez la pétition : "Des milliards pour l'hôpital, pas pour le capital !" : https://enavantlemanifeste.fr/2020/03/30/petition-de-largent-pour-lhopital-pas-pour-le-capital/
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