Le Macron du 14 juin : méthode coué, travailler davantage et plus d'autoritarisme ! !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Le Macron du 14 juin : méthode coué, travailler davantage et plus d'autoritarisme ! !

Quatrième allocution télévisée de Macron en 4 mois. Il a pris une mauvais habitude, il veut recommencer en juillet. Cela sent l'odeur de campagne électorale. Voudrait-il se représenter en 2022 ? La question mérite d'être posée !

Hier au soir il n'avait pas grand chose dans sa musette a nous annoncer mis à part l'accélération du déconfinement, son soutien aux forces de l'ordre fortement contestées par notre jeunesse et son appel à travailler plus qui n'a surpris personne. Les jours d'heureux de Macron étaient bien une mauvais blague. Tout le monde connaissait l'attachement de Macron au capitalisme et à la finance, personne ne peut être surpris !

Emmanuel Macron a dit que le pays avait remporté une « première victoire » contre le Covid-19 confirmant le second tour des municipales le 28 juin.

Pour lui, il est possible de « reprendre pleinement le travail » et de « retrouver notre art de vivre » y compris dans les cités où la vie actuelle est très difficile pour les familles rongées par la précarité, les inégalités et le racisme. Ce n'est pas le même art de vivre que celui de Macron plus à l'aise dans les beaux quartiers, chez les actionnaires et les grands de la finance.

Après avoir vanté le « choix humaniste de placer la santé au-dessus de l’économie », qui a permis de sauver des « dizaines de milliers de vies ». Il veut clore ainsi le débat sur les vrais responsables politiques de la crise sanitaire et tous les morts que l'on aurait pu éviter si notre système de santé n'avait pas été gangréné par les choix ultralibéraux faits ces 25 dernières années et qu'il a lui-même poursuivis. 

Pour faire passer sa tentative d'esquive de la recherche des responsables, il a tenu à saluer tous ceux qui se sont retrouvés en première ligne et les fameux « 500 milliards d’euros » mobilisés mais dont seulement 13 auront une incidence budgétaire.

En forçant le trait sur ces milliards qui viendraient s’ajouter à la dette du pays, d'entrée il a réaffirmé que ses choix faits depuis 3 ans ne seraient pas remis en cause, "je ne crois pas que les défis qui sont devant nous invitent à revenir en arrière ", tranche-t-il. « Et cela ne s’arrêtera pas. » Façon élégante de nous dire que la réforme des retraites est maintenue, que la casse du code du travail également, que le CICE restera en vigueur tout comme les exonérations de cotisations sociales qui plombent chaque années les comptes sociaux sans que cela ait la moindre incidence sur l'emploi !

Pour régler la dette, il a affirmé que cela ne se ferait pas en augmentant les impôts , façon tout aussi élégante d'exclure tout retour de l’ISF et toute nouvelle fiscalité sur les entreprises et les actionnaires !

Macron est resté fidèle à la classe pour qui il gère les affaires du pays, les actionnaires et la grande finance, puisque "sa seule réponse" avancée pour le financement de la sortie de crise du pays, c’est de « travailler, de produire davantage » sans ajouter pour "gagner plus" comme l'avait fait Sarkozy. Macron nous promet donc plus de sang et plus de larmes, une surexploitation qui satisfait le Medef, n'en doutons pas !

Et si certains avaient l'envie de contester cette position de classe, en revendiquant par exemple de meilleurs salaires, il tente de les opposer à celles et ceux qui vont perdre leur emploi, ces chômeurs actuels et futurs en affirmant "que notre pays va connaître des plans sociaux et des faillites multiples" mais n'annonce absolument rien pour sécuriser l'emploi et les revenus et au minimum empêcher les licenciements.

Pour ne pas rester à quai, Macron veut se lancer dans une reconstruction économique qui devra être « écologique, souveraine et solidaire ». Bien, mais il n'avance rien de concret, tout est flou, c'est du bla bla et sa démarche est une nouvelle fois politicienne : on est tous dans le même bateau, serrons les coudes, un appel à l'union sacrée !

Alors que les forces vives du pays ont été écartées depuis le 15 mars et avant, le président de la République entend donner « des libertés et des responsabilités inédites » aux hôpitaux, universités et maires, avec à n’en pas douter un fort risque de rupture de l’égalité républicaine. Une mesure qu’il cherche en vain à imposer depuis des mois. 

Les Français ont eu droit, dimanche soir, à quelques précisions sur l’épisode 3 du déconfinement. Même si « le virus n’a pas disparu » et « qu’il faudra vivre encore longtemps avec lui », il a annoncé que l’ensemble du territoire allait passer, dès ce lundi, « en zone verte ». Conséquences : « Une reprise plus forte du travail », « la réouverture des cafés et restaurants en Île-de-France », « la possibilité de se déplacer dans les pays européens sans restriction », et même, à partir du 1er juillet, au-delà du Vieux Continent, dans les États qui parviennent à maîtriser l’épidémie.

Il a rétabli, « à partir du 22 juin », le principe de l’école « obligatoire » dans les écoles maternelles, primaires et les collèges, sans mentionner toutefois les lycées !. Les visites dans les maisons de retraite et les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont de nouveau « autorisées » sans restriction autre que les classiques mesures barrières.

Mais les rassemblements de personnes resteront « très encadrés ». Encore une façon élégante de maintenir l'interdiction des rassemblements de lutte ou électoraux et les manifestations en dessus de 5 000 comme l'a précisé samedi le Conseil d'Etat.

En fait d’annonces fracassantes, le chef de l’État s’est borné à l’autocélébration : « Plans massifs pour l’industrie automobile, l’aéronautique, le tourisme…. "Dans combien de pays tout cela a-t-il été fait ? " Mais Macron fait abstraction de l'absence des contre parties patronales en termes d'emploi ou de revenus.

Pour ce qui est de l’avenir, il a de nouveau appuyer ses accents souverainistes. Il a appelé à sceller un nouveau « pacte productif ». Ce « pacte », aux contours flous, impliquera visiblement des relocalisations, mais seulement « lorsque cela se justifie ». ???

Finalement, la seule annonce tangible tient en un plan de rénovation thermique des bâtiments, sans chiffrage pour autant. Quant aux mesures censées assurer la transition écologique de notre modèle productif, elles se résument à une « industrie plus verte » et à un énigmatique recours à « notre puissance maritime ».

Enfin, le chef de l’État a adressé quelques phrases aux personnels soignants, qui seront dans la rue le 16 juin. Après avoir salué leur courage, il a assuré qu’ils seraient « revalorisés » dans le cadre du Ségur. Les syndicats redoutent que, si les négociations débouchent bien sur une revalorisation de leur traitement, ce rattrapage salarial se fasse au prix d’une nouvelle flexibilisation. C’est ce qu’avait annoncé il y a trois semaines déjà le ministre de la Santé Olivier Véran en expliquant à des soignants de la Pitié-Salpêtrière sidérés : « Nous avons fait le bon diagnostic, nous avons pris les bonnes orientations. Mais nous n’avons été ni assez vite ni assez fort. »

Macron est resté silencieux les violences policières pourtant fortement dénoncées depuis le 2 juin, avec devant le tribunal de Paris des milliers de manifestants à l’appel du comité. Au lendemain d’une nouvelle et importante manifestation, il a d’abord appelé à l’« unité autour du patriotisme républicain ». « Nous sommes une nation où chacun, quelles que soient ses origines, sa religion, doit trouver sa place. Est-ce vrai partout et pour tout le monde ? Non », a-t-il lucidement constaté, mais pour mieux en appeler à l’égalité des chances. Le concept favori des libéraux pour cacher la forêt des inégalités.

S'il s'est dit « intraitable face au racisme, à l’antisémitisme et aux discriminations », il n’a pas eu un mot sur les violences policières dénoncées par des milliers et des milliers de jeunes. Il a fait preuve de mépris et d'irresponsabilité en préférant envoyer des gages aux policiers et gendarmes mobilisés contre les mesures annoncées par Christophe Castaner, notamment la suppression de la clé d’étranglement. « Ils sont exposés à des risques quotidiens en notre nom, c’est pourquoi ils méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la nation », a-t-il déclaré avant de fermer le ban. Scandaleux !

En revanche, Emmanuel Macron a stigmatisé l’ensemble du mouvement mondial de mobilisations depuis la mort de George Floyd. « Ce combat noble est dévoyé lorsqu’il se transforme en communautarisme, en réécriture haineuse ou fausse du passé », a-t-il affirmé, prévenant que « la République n’effacera aucune trace, ni aucun nom de son histoire », tout en appelant à « lucidement regarder ensemble toute notre histoire, toutes nos mémoires », « notre rapport à l’Afrique en particulier ».

Quel culot ! Un renversement des rôles alors que les jeunes mobilisés veulent précisément faire la lumière sur les pans oubliés de notre Histoire et notamment la domination et l'exploitation par la France coloniale de millions d'être humains considérés comme des sous-hommes car à la couleur de peau noire ou jaune.