Renault Trucks - Volvo casse l'emploi pour ses actionnaires ! Réaction des syndicats CGT !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Renault Trucks - Volvo casse l'emploi pour ses actionnaires ! Réaction des syndicats CGT !

Macron en déplacement à Sanofi Mercy l'Etoile (69) annonce 200 millions pour la recherche, mais à quelques kilomètres Volvo annonce 4100 suppressions d'emplois dans le groupe dont 460 sur les sites de Vénissieux (69) et de Bourg en Bresse (01). Ou les deux faces d'une même médaille, se servir de la crise pour d'un côté verser des fonds publics aux grands groupes et de l'autre baisser le coût du travail en réduisant l'emploi et les salaires. Le moins que l'on puisse dire, ça passe mal chez les syndicats et chez les salariés de Renault Trucks - Volvo dont la direction essaie d'amadouer la colère en mettant en avant des départs volontaires dans le cadre des "Ruptures conventionnelles collectives". Les syndicats CGT ont fortement réagi à ce mauvais coup

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L’annonce faite par l’entreprise le 16 juin 2020 concernant la suppression de 4100 postes de techniciens et cadres, (Lyon sera de loin le site le plus touché avec 439 postes supprimés dans la recherche-développement et les études, suivi de Bourg-en-Bresse, qui perdrait 24 postes). intervient 2 jours seulement avant la réunion lors de laquelle les résultats financiers seront présentés aux actionnaires. Il fallait donc leur envoyer un message fort, pour les rassurer sur la rentabilité du groupe Volvo.

Une fois encore ce sont les salariés qui font les frais de cette politique capitaliste. Alors même qu’au plus fort de la crise du Covid-19, nous avions droit à de beaux discours: la santé et la sécurité d’abord, le changement de nos méthodes de travail pour ne plus jamais revivre une telle période, etc… il suffit que nos dirigeants se retrouvent devant les actionnaires pour que ces belles paroles soient vite oubliées.

Nous sortons de deux années fastes lors desquelles les résultats financiers ont permis de créer de la trésorerie (6 Milliards d’€ de disponibles sur les comptes) qui nous permet d’affronter sereinement l’avenir et répondre aux nouvelles réglementations et aux besoins environnementaux, tout en donnant aux salariés des perspectives d’un réel progrès social.

La crise que nous venons de traverser a des répercussions sur notre activité. Les commandes de véhicules ont fortement baissé, les mesures sanitaires mises en place dans les bureaux et atelier ont un coût. La reprise se fait de manière très progressive, mais toujours d’après nos dirigeants les commandes reviennent.

En France, l’entreprise enjointe par le gouvernement a eu recours à l’activité partielle et a profité de la prise en charge de 70% de nos salaires par l’Etat, ce qui a donc fortement diminué pour elle l’impact financier de cette période. Il y a quelques semaines Renault Trucks se targuait de solidarité, au final c’était bien un accord profitabilité, la preuve avec les annonces de licenciements qui n’ont qu’une justification financière celle de rassurer les actionnaires.

La CGT n’oublie pas les emplois des prestataires qui ont été arrêtés dès le début de la crise, le risque de licenciement pèse fortement sur ces entreprises. D’autres pays de part le monde ont pris des mesures similaires. Le but annoncé à chaque fois était de permettre aux entreprises de traverser cette période et de préserver l’emploi.

S’il est vrai qu’il ne faut pas sous-estimer l’impact de la crise, il ne faut pas non plus l’exagérer pour en faire une aubaine et licencier à tout va.

La liquidité disponible permet au groupe de voir venir et d’attendre au minimum les résultats de mi 2021 avant de prendre de telles dispositions.

Mais le message des actionnaires est clair : "vous ne nous verserez aucun dividende en 2020 d’accord, mais en 2021 et plus, il vous faudra cracher du cash !!!".

Elucubrations de syndicalistes ?

Regardez plutôt le cours de l’action Volvo ce mardi 16 juin à 16h12 : https://www.zonebourse.com/VOLVO-6492152/fondamentaux/

Evolution de l'action RT/Volvo après l'annonce des suppressions d'emplois

Volvo a un slogan : volvo est un groupe ou il fait bon travailler… mais au profit des actionnaires. Alors que chaque réunion d’information démarre par un rappel sur la confidentialité des informations, que rien ne doit filtrer avant l’annonce à la presse à 15h, le 16 juin à 7h53 JP Morgan conseille l’achat d’actions Volvo !

Alors à qui profite ce crime ? Pourquoi une telle décision maintenant ? Y a-t-il des raisons rationnelles à de telles suppressions de postes ?

Nous n’avons pas une vue précise de la reprise, mais dès le mois de juin 2020 une hausse des commandes a été constatée. Nous avons de nouveaux véhicules à lancer très prochainement pour répondre aux attentes de nos clients. Nous avons lancé un véhicule électrique prometteur. Nous avons devant nous des échéances environnementales importantes pour lesquelles nous avons tous les savoirs et compétences. Nous étions, il y quelques mois, en train de réfléchir à comment traiter tous ces sujets en créant des partenariats avec nos sous-traitants, fournisseurs et même concurrents.

Bref, de réelles raisons industrielles ou stratégiques n’existent pas.

Non la seule et unique raison est économique ! Alors que l’entreprise a été aidée par de nombreux pays sur des fonds publics, pour lui permettre de traverser la crise et préserver nos emplois, sa seule réponse est de supprimer des postes pour contenter l’avidité de quelques actionnaires !

Nous avons tous souhaité, durant cette crise, que le monde d’après soit plus juste, plus social, plus humain que le monde d’avant.

Cette annonce du groupe VOLVO prouve le contraire. Le monde d’après est tout comme avant à la fois soumis aux seuls actionnaires et se fiche en plus des problèmes sociaux ou environnementaux.

L’entreprise à un slogan : Volvo est un groupe où il fait bon travailler. Travailler oui, mais au profit uniquement des actionnaires !

Le 18 juin 2020
Contact CGT : Fabrice FORT : 06 08 88 09 00

Publié dans Economie, Industries, syndicats

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