Vitry : Intervention de Frédéric Boccara au Conseil National du PCF le 9 juillet

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Vitry : Intervention de Frédéric Boccara au Conseil National du PCF le 9 juillet
  1. Je ne comptais pas intervenir dans ce débat. Mais je me sens tenu de le faire vu les proportions et le ton qu’il prend ici.

  2. Nous avons une responsabilité de direction nationale qui est de ne pas jeter de l’huile sur le feu. D’une part, nous devons voir les questions politiques. D’autre part nous ne devons pas nous prononcer ici alors que nous n’avons quasiment pas d’informations directes.

  3. Sur le fond, il s’agit de prendre de la hauteur. La question de fond, c’est celle de la relation entre les militants communistes et les élus. Et nous devons avancer dessus. D’un côté les élus expérimentent des contraintes dites « de gestion » sur lesquelles souvent ils n’arrivent pas à se faire entendre des militants. De l’autre côté les militants posent les questions en termes « de luttes » et déplorent le manque de dialogue avec les élus lorsqu’ils sont situés en position de gestion. Les deux aspects sont tout aussi importants. Nous voulons à la fois gérer et lutter, être un parti révolutionnaire qui ne se coule pas purement dans les institutions, mais aussi conquérir des pouvoirs dans les institutions, pas seulement pour y avoir une tribune (même si c’est très important) mais aussi gérer, gagner par la gestion tout ce qui permet d’avancer, d’améliorer la vie des « gens », avec les intéressés eux-mêmes, avec la conception de la démocratie qui est la nôtre. N’oublions pas que Vitry est une des rares villes à direction communiste où le maire d’alors Jean-Claude Kennedy a accepté la « contractualisation » du budget … Et déjà une partie importante des communistes exprimait son désaccord car cela revient à imposer une forme d’austérité prétendument consentie !. La question est, je crois, pour nous, conseil national, d’organiser, de permettre un véritable dialogue de gestion et de lutte entre élus et militants. C’est d’autant plus important avec les enjeux qui sont devant nous : la crise qui va monter et les différentes échéances électorales, départementales et régionales, puis présidentielle et législatives.

  4. Le 38è congrès n’a pas permis que nous ayons cette discussion, que nous nous posions collectivement ces questions. Le texte de congrès, le Manifeste, les abordait pourtant. Mais c’est ainsi. Et depuis, je l’ai souvent déploré, il n’a pas été recherché d’avancer sur l’appropriation collective par les communistes du texte de congrès, appelé familièrement « Le Manifeste », ni de pousser nombre des débats nécessaires. C’est ainsi en tout cas, à la date d’aujourd’hui.

  5. Pour ce qui concerne les faits, un maire communiste a été élu, et ceci de façon démocratique, avec la majorité absolue dès le premier tour et apparemment la majorité des élus communistes du conseil municipal ont voté pour lui.

  6. Pour le reste, bien sûr, j’ai des informations, j’ai des amis à Vitry des différents côtés. Depuis très longtemps. Un fait important à mes yeux, c’est que la direction de section – son secrétariat – s’est réunie pour décider de la conduite à tenir. Et pour moi c’est très important, car une instance de direction élue par les communistes qui a décidé, même si c’est dans l’urgence bien évidement. Mais on va peut-être me dire : tes informations sont partielles. Et je l’entends. C’est pourquoi nous ne pouvons pas décider ici à la place des communistes de Vitry.

  7. Nous sommes la Direction nationale ici. De ce point de vue, je désapprouve le fait qu’une déclaration signée « Direction nationale » ait été produite dès le samedi de l’élection du maire communiste de Vitry sur Seine. Cette instance n’existe pas. Est-ce le CEN ? Je suis membre du CEN, or il n’a pas été consulté ni réuni pour cette déclaration. Est-ce le CN ? Je suis membre comme vous du CN, or il n’a pas été consulté ni réuni pour cette déclaration. Donc cette déclaration, qui met de l’huile sur le feu, n’existe pas.

  8. Nous n’avons pas à approuver ou à condamner. Nous avons à mener un travail politique. Nous avons à permettre aux communistes de se mobiliser pour les batailles qui sont devant nous, à commencer la résistance à la crise et la riposte. C’est pourquoi je demande en amont un vote où les membres du CN peuvent exprimer s’ils jugent opportun de se prononcer ici ou non, et avec aussi peu d’information, sur le cas de Vitry, et en l’absence des principaux intéressés, pourtant membres de notre instance.

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