Fabien Roussel dénonce sur place la stratégie de la multinationale Verallia en Charente

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Fabien Roussel dénonce sur place la stratégie de la multinationale Verallia en Charente

Verallia supprime près de 200 postes et met à l’arrêt le four de son site de Châteaubernard en Charente. Pour Fabien Roussel secrétaire national du PCF, qui visitait les travailleurs sur le site, cette restructuration est faite pour les profits et la crise sanitaire est un mauvais prétexte. 

"Au prétexte de la crise sanitaire. En effet Verallia va très bien. C'est le leader français de la production des bouteilles de verre. Le groupe va d’ailleurs tellement bien qu’il a distribué 100 millions d’euros de dividendes, le 10 juin. Le 12 juin, il annonçait un plan social de 200 emplois directs et la fermeture d’un four près de Cognac. Le coronavirus est un prétexte à des suppressions d’emplois qui ne sont justifiées que par l’augmentation des dividendes aux actionnaires, parmi lesquels la Banque publique d’investissement (BPI) pour 7,5 %. J’ai appris en outre que Verallia produit, entre autres, ici à Châteaubernard, les bouteilles pour des cognacs Hennessy. Or, Hennessy s’apprêterait à passer commande auprès de Verallia pour des bouteilles produites en Ukraine. C’est la démonstration que la fermeture et les licenciements n’ont qu’une logique de rentabilité immédiate. C’est un coût pour l’emploi et pour l’environnement."

Fabien Roussel a obtenu une réunion à Bercy. il va demander à Bruno Le Maire de faire suspendre ce plan de restructuration et de réunir l’ensemble des acteurs. Pour le secrétaire national du PCF, les salariés ont énormément d’arguments pour expliquer que leur activité est viable. Ils lui ont expliqué qu’aujourd’hui, 34 % des bouteilles utilisées en France sont importées.

Fabien Roussel s'est adressé aux producteurs de vin et de champagne du pays pour leur demander d’être vigilants et de favoriser l’achat de bouteilles fabriquées en France plutôt que de celles produites à l’étranger.

Si Verallia ne fait pas appel à l’État pour un plan de soutien parce qu’elle fait le choix de distribuer des dividendes, elle perçoit quand même de l’argent public, via le Cice, probablement le CIR et les diverses exonérations de cotisations sociales. Pour Fabien Roussel c'est inadmissible car plus personne n’accepte cela.

D’autant plus quand la BPI siège au rang des actionnaires. Pour Fabien Roussel c'est à se c’est à se demander ce qu’elle y fait et a expliqué :

"La CGT s’est battue pour que l’État garde un droit de regard sur l’entreprise, pas pour qu’elle signe des chèques en blanc et engrange des dividendes sans demander de comptes. La BPI doit veiller à la stratégie industrielle et à la réalisation des investissements. Elle n’est pas là pour cumuler des jetons de présence et valider un plan social."

Fabien Roussel estime qu'il y a urgence à légiférer pour encadrer l'utilisation des fonds publics. Il estime qu'il faut conditionner, strictement, le versement d’aides publiques à la création d’emploi et à l’investissement dans la recherche, la formation et la transition écologique.

Par ailleurs, il lui parait urgent de lutter contre l’optimisation fiscale des grands groupes pour que les richesses créées dans notre pays y restent. C’est l’argent des ouvriers qui part dans les paradis fiscaux, l’argent de leur travail. Les milliards d’euros mis sur la table par l’État pour faire face à la crise doivent servir à maintenir et créer des emplois. C’est la priorité pour Fabien Roussel.

"Quand on a une usine de cette qualité et des compétences de ce niveau, tout doit être tenté pour sauver le site. On a déjà gagné des batailles de ce type. C’est possible. Alors allons-y".

 

Publié dans Luttes sociales, Industries

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