Historique : 600 000 emplois détruits en France pour le seul 1er semestre

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Historique : 600 000 emplois détruits en France pour le seul 1er semestre

Les chiffres de l'INSEE sont terribles, au deuxième trimestre, 119.400 emplois ont été effacés, après 497.000 au premier trimestre. L'industrie et les services sont toujours dans le rouge, même si l'intérim a rebondi. La construction a fini le trimestre en léger positif.

La chute moins forte qu'au 1er trimestre, reste conséquente. Après avoir baissé de 2,5 % entre janvier et mars, l'emploi salarié privé a diminué de 0,6 % entre avril et juin. Sur 6 mois cela représente une destruction de 600 000 emplois !

Les données sur l'emploi marchand non agricole, comprenant l'industrie, la construction et le tertiaire marchand, permettent de mesurer l'ampleur historique de la chute à la suite de la crise du coronavirus qui a exacerbé la crise économique . La contraction de 3,4 % est la plus forte baisse sur un semestre depuis le début de la série, en 1970, et c'est deux fois plus que le choc encaissé par l'économie française en 2009.

Au deuxième trimestre, l'industrie a encore plus souffert qu'au premier, doublant la baisse de ses effectifs salariés, avec -24.300 postes contre -12.100 au premier trimestre. Les services aussi, marchands comme non marchands, ont accusé encore des pertes (respectivement -71.700 et -22.800). Les chiffres publiés par l'Insee révèlent aussi que l'intérim a rebondi, avec 108.100 postes créés au deuxième après avoir chuté de plus de 300.000 postes au premier trimestre.

Elément dynamique : la construction a recommencé à créer des emplois. Même si les 3.700 postes recensés ne compensent pas les 5.600 perdus au premier trimestre, cela lui a permis de retrouver quasiment son niveau d'avant la crise, souligne l'Insee.

Le ralentissement des destructions d'emploi ne doit cependant pas être l'arbre qui cache la forêt car les entreprises ont massivement utilisé le dispositif de chômage partiel qui a joué un rôle majeur d'amortisseur social en faisant prendre en compte par la collectivité une partie des salaires des entreprises qui en temps normal les assurent.

Les conditions d'octroi ont été resserrées début juin et de nouvelles sont prévues à la rentrée en limitant son attrait. Sachant aussi que certaines entreprises ont triché en utilisant le chômage partiel alors que leur activité n'avait pas été impactée par la crise. Ainsi selon E. Borne ministre du travail, les contrôles sur les demandes de chômage partiel continuent et les suspicions de fraude augmentent. Elle a déclaré que les 25.000 contrôles sur les demandes de chômage partiel avaient débouché sur 1.400 « suspicions » de fraude.

Il est craindre que sur la base de leur activité sur les 9 premiers mois, de nombreuses entreprises, pour limiter les pertes et sauvegarder leurs profits utilisent le salariat comme variable d'ajustement et multiplient les plans de suppressions d'emplois. Tout le monde s'attend à la rentrée à une montée en flèche des licenciements.

Publié dans Social, Economie

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