Le cas Nestlé démontre que le capitalisme est inconciliable avec la protection de la planète

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Le cas Nestlé démontre que le capitalisme est inconciliable avec la protection de la planète
Le cas Nestlé démontre que le capitalisme est inconciliable avec la protection de la planète
Le cas Nestlé démontre que le capitalisme est inconciliable avec la protection de la planète

Les institutionnels et médias de l'Aisne considéraient les usines du groupe Nestlé comme une des richesses du département. Depuis le début de l'année, cette image qui accompagnait une valorisation surfaite de l'entreprise a été singulièrement écornée par les décisions et actes du groupe suisse. Suppression d'emplois et destruction de l'environnement étaient au menu.

Le 29 avril, Nestlé paie 2.7 milliards de dividendes à ses actionnaires

Fidèle aux dogmes du capitalisme, Nestlé n'a que faire des êtres humains et de la planète, seul compte l'argent, le plus possible et le plus rapidement possible ! Les actionnaires qu'ils soient suisses ou d'une autre nationalité ne font pas de sentiment ainsi le 29 avril 2020 Nestlé payait 2.7 milliards de Francs Suisses à ses actionnaires soit une augmentation de 10.2% sur 2019.   

Rappelons que Nestlé dès le début 2020 annonçait sa décision de fermer son site SOPAD d'Itancourt qui produisait principalement des bouillons, sauces et potages déshydratés (Maggi) et employait 158 salariés. Pour tenter de justifier sa décision, la direction expliquait que le consommateur va se tourner de plus en plus vers des produits frais, qui n'ont pas forcément besoin d'une cuisson, d'un bouillon. Et d'expliquer que l'usine, qui a compté jusqu'à 800 travailleurs, était aujourd'hui surdimensionnée et avait perdu en compétitivité ! Son activité devrait être délocalisée en Europe de l'Est. Au même moment Macron et ses copains de Médef faisaient part de leur volonté de relocaliser des activités. Quelle hypocrisie !

Aussitôt les syndicats et le Parti Communiste se mobilisaient. Ces derniers déclaraient :

"Les communistes sont présents pour apporter leur soutien total aux 158 salariés de Nestlé d’Itancourt, et aux intérimaires, menacés dans leur emploi et dans leur vie. Nous dénonçons la décision de la multinationale de délocaliser dans les pays de l’Est, d’ici la fin de l’année, les activités de l’usine, connue notamment pour les bouillons Kub et les potages Maggi. Il ne s’agit en rien d’une fatalité économique mais du choix des bas salaires, du choix du profit pour les riches contre l’emploi et la réponse aux besoins."

Le 30 avril, Nestlé signe l'accord sur les mesures d'accompagnement à la fermeture

Après plusieurs semaines d'âpres négociations, les syndicats n'ont pas réussi à faire plier le géant suisse et ont du signer le 30 avril l'accord qui accompagne la fermeture de l'usine. Comme en a témoigné la représentante de l'Unsa, négocier un PSE via Skype était une horreur, chacun était isolé dans des bureaux. Mais, les syndicats ont du faire avec, car la direction Nestlé était pressée et les syndicats avaient hâte que ça se termine après plusieurs semaines de mobilisations et de négociations.

Pour venir à bout de cette résistance, Nestlé a du s'engager, il n'y aura pas de licenciement. Les salariés volontaires seront reclassés dans le groupe dans un rayon de 50 kilomètres autour d'Itancourt, soit à Boué soit chez CPF à Itancourt. Et les indemnités sont plus profitables à ceux qui restent dans l'entreprise par rapport à ceux qui font le choix de partir pour des projets personnels. 90 personnes doivent être reclassées, le reste des 158 salariés sont soit des fins de carrière soit des projets personnels.

Dimanche 9 août, 3 tonnes de poissons empoisonnés dans l'Aisne

Dimanche 9 août, nouveau coup de tonnerre, des boues rejetées par une usine Nestlé dans l'Aisne seraient à l’origine d’une catastrophe sans précédent : plus de trois tonnes de poissons morts ont été repêchés par des dizaines de bénévoles et les autorités tentent de limiter la pollution. L’usine Nestlé de Challerange serait à l’origine de cette catastrophe environnementale. C’est à ce niveau qu’a été détectée la pollution du cours d’eau.

Ce site, spécialisé dans la confection de lait en poudre, a confirmé un débordement "ponctuel et involontaire" d’effluents de boues biologiques de sa station d’épuration. Le directeur du site a précisé que la production avait été “immédiatement” arrêtée dès le signalement du déversement, le dimanche à 23 heures.

Dépôt de plainte contre Nestlé

Une plainte a été déposée contre Nestlé France par le président de la Fédération de pêche des Ardennes. Le préjudice s’élèverait à plusieurs milliers d’euros. “Tout est mort sur 7 kilomètres et 30 mètres de large”, a-t-il déploré.

On a beau faire, on a beau dire, tant que la loi sera aussi laxiste envers les grands groupe capitalistes, nous verrons encore des pollutions comme celle-ci qui extermineront le vivant. Mais la loi ne suffira pas pour faire respecter les humains et la planète par ces groupes comme Nestlé au lourd passif.

Renforcer la loi et promouvoir des droits nouveaux

il est indispensable qu'au plus près des productions donc dans les usines mêmes, les salariés, les syndicats, les citoyens aient des droits pour contrôler, vérifier, intervenir en amont, si les humains et l'environnement ne sont pas mis en danger par des décisions d'entreprises (investissements, organisation des productions, traitement des déchets, restructurations et type d'emploi) guidées par les seuls dogmes de la rentabilité, de la productivité et de la compétitivité au profit des actionnaires.

En ce sens les CHSCTE doivent être rétablis partout avec des prérogatives élargies leur permettant de mettre leur véto à toute décision contraire aux êtres humains, leur santé et à l'environnement. Dans le même esprit des pouvoirs nouveaux devraient être attribués aux communes afin qu'elles puissent s'opposer à de telles décisions.

L'urgence d'intervenir sur les choix de gestion des entreprises

En clair, il est urgent que les salariés interviennent dans la gestion des entreprises pour pouvoir combattre les dogmes capitalistes actuels avec de nouveaux critères fondés sur le progrès social et le respect de la planète. Il s'agit de conquérir des pouvoirs réels d'intervention à tous les niveaux et en toute priorité dans les entreprises.

C'est la révolution de ce 21ème siècle qu'il faut entreprendre de suite en ayant pour visée l'émancipation humaine et de nouveaux rapports avec la nature pour qu'elle soit protégée, sauvegardée, renouvelée.

Ces deux exemples du groupe Nestlé démontrent avec éclat que le capitalisme est inconciliable avec l'émancipation humaine et l'environnement. Il est urgent d'entreprendre par la lutte sa transformation radicale jusqu'à le dépasser en faisant émerger une nouvelle civilisation.