Duralex en grand danger !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Duralex en grand danger !
Duralex en grand danger !

Une mauvaise nouvelle pour le “made in France”. La verrerie Duralex International a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce d’Orléans, avec une période d’observation de six mois.

Le gouvernement a fait savoir, par la voix de la ministre déléguée à l'Industrie, qu’il serait très attentif au suivi du dossier de la verrerie. Cela ne mange pas de pain et permet de planter le coup de poignard dans le dos en affirmant que le niveau d'endettement n'est pas soutenable à long terme et rajoutant que le site "est en difficulté depuis plusieurs années"

Duralex emploie 248 salariés à La Chapelle-Saint-Mesmin dans le Loiret. En 2017, déjà, l’entreprise avait dû réduire sa production du fait du remplacement de son four.

La petite histoire de Duralex. La société a déposé le la marque Duralex. L'usine de La Chapelle-Saint-Mesmin est alors transformée pour produire des « objets en verre pour usage culinaire, notamment en verre trempé ». Le verre de type Gigogne est lancé en 1946 ; devenu culte depuis, il est le premier article de vaisselle commercialisé par la marque. Au fond de chaque verre, il y a le numéro de l'un des 50 moules servant à la fabrication des verres. Cinquante verres sont ainsi produits sur les presses composées de deux tables, chaque table étant dotée de 25 moules.

Les années 1960 constituent l'âge d'or de Duralex, un second site de production est ouvert à Rive-de-Gier dans le département de la Loire.

Saint-Gobain cède cette branche de son activité en 1997 au verrier italien Bormioli Rocco. Duralex emploie alors encore 1 000 salariés.

En 2004, l'entreprise est revendue à un cadre de l'entreprise associé à des investisseurs. Elle est finalement contrainte au dépôt de bilan. L'entreprise est rachetée par Sinan Solmaz, un grossiste turc de 38 ans et premier client de la marque.

L'usine de Rive-de-Gier ferme ses portes cinq ans plus tard. La société, employant alors 260 salariés, est placée en liquidation judiciaire le .

À la suite d'une plainte déposée par le mandataire judiciaire dans le cadre de cette procédure, il apparait que de début 2007 à juillet 2008, Sinan Solmaz a organisé le départ pour la Turquie de machines, de moules et de 85 conteneurs de marchandises.

Ces marchandises y ont été vendues à « 20 % de leur valeur réelle », entraînant un manque à gagner pour Duralex de plus de 4,5 millions d'euros. De plus plusieurs centaines de milliers d'euros de créances dues à Duralex ont été encaissés par Sinan Solmaz sur un compte qu'il possède à Dubaï. Enfin, il a augmenté artificiellement la dette de Duralex au profit de ses entreprises en Turquie, grâce à des jeux d'écriture comptable. L'homme d'affaires, visé depuis 2012 par un mandat d'arrêt européen, est condamné le à trois ans de prison ferme pour abus de biens sociaux et banqueroute par détournement ou dissimulation et 200 000  d'amende par le tribunal correctionnel d'Orléans.

Dès le , plusieurs offres de reprise sont déposées au tribunal de commerce d'Orléans. Le , ce dernier décide de confier les destinées de l'entreprise à Antoine Ioannidès, industriel franco-britannique, épaulé par deux cadres de Duralex et la famille Boulos composée d’importateurs grossistes Libanais actifs dans la région du Proche et Moyen-Orient.

La somme de 3,6 M doit être investie et 200 emplois préservés sur les 236 que compte Duralex, 36 postes et 14 CDD sont supprimés.

Ce sont finalement 6,2 M qui sont investis au cours des 19 premiers mois par les repreneurs, et ce sans soutien bancaire. Le premier exercice s'élève à 34 M € de chiffre d'affaires et le bénéfice à 3,4 M €, sur les 18 premiers mois. En 2010, les principaux débouchés commerciaux des produits Duralex sont le Proche et le Moyen-Orient, qui représentent près de la moitié du chiffre d'affaires de la société. En 2014, 87,6 % des activités de Duralex s'effectuent à l'export.

Duralex a subi un accident industriel. Lors du remplacement de son four en 2017, le racleur normalement associé à la machine a été installé avec retard. Ce dernier n'est complètement opérationnel que depuis cette année. Conséquence, un ralentissement sensible de la production qui a occasionné un manque à gagner important. Antoine Ioannides, qui n'exclut pas d'engager une procédure judiciaire contre Industeam, l'installateur lorrain du racleur.

En octobre 2019, Antoine Ioannides annonce avoir mandaté EY France (Ernst et Young) pour faire entrer des investisseurs au sein du capital de l'entreprise verrière, avant de s'orienter au printemps 2020 vers une cession intégrale de l'entreprise.

En septembre 2020, Duralex est placée en redressement judiciaire.

Sources Linkedin et Wikipédia

 

Publié dans Economie, Social

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