JTEKT -Toyota Irigny : 762 emplois directement menacés !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

JTEKT -Toyota Irigny : 762 emplois directement menacés !

Après General Electric la semaine passée qui annonce des suppressions d'emplois massives dans ses activités GRID avec 350 postes supprimés sur environ 650 sur les sites de Villeurbanne et Saint Priest, c'est au tour de JTEKT équipementier phare de Toyota dans les systèmes de direction pour automobile, d'envisager 762 suppressions d'emplois sur son site d'Irigny. Le syndicat CGT a réalisé une déclaration aussitôt la première réunion de négociation finie, que nous portons à la connaissance de nos lecteurs.

Déclaration du Syndicat CGT de JTEKT Irigny (Rhône) du 14 septembre

Ce lundi 14 septembre se tenait à JTEKT Irigny la première réunion de négociation découlant du CSE extraordinaire où la direction a annoncé vouloir détruire plusieurs centaines d’emplois sur le site d’Irigny (69). La direction veut aller très très vite. Comme à son habitude, elle n’a pas donné tous les éléments de compréhension de la situation, sur le devenir des salariés comme sur celui du site prétextant que ces questions n’étaient pas à l’ordre du jour !

Ce qui est certain, c’est que JTEKT est rentré dans la période de gestion des conséquences humaines et industrielles d’une stratégie inepte et mortifère fondée il y a plus de 10 ans, sur le choix des délocalisations d’activités à l’étranger et notamment dans les pays dits à bas coûts.

Ce fut d’abord les « système de directions électriques automobile » qui furent délocalisées sur deux sites tchèques : JAPL et JAPA de Pizen et Folnijska provoquant l’arrêt de ces productions à Irigny.

Irigny se spécialisa sur le « système des directions hydrauliques », mais la direction JTEKT obnubilée par le profit, faisait en 2016/2017, le choix de délocaliser ces productions à Tanger au Maroc. Des investissements importants y furent réalisés afin que très vite le site démarre avec un taux de profitabilité élevé et surtout supérieur à celui d’Irigny.

Il restait à la direction à détruire les emplois du site d’Irigny. Pour cela, elle a une stratégie à deux volets :

- l’une à JALY (Japan Automotive Lyon) qui occupe 820 salariés et un volant permanent de 150 intérimaires en moyenne ;

- l’autre pour les 940 salariés de JEU Europe présents sur le site.

En effet, à Irigny cohabitent, les salariés de JALY dont l’essentiel sont des ouvriers de production et les salariés de JEU Europe essentiellement des Techniciens, Ingénieurs, Cadres et Agents de Maîtrise qui travaillent au Centre de recherche et sur certains postes liés à la production.

Une méthode inhumaine et ignoble. Pour le site de JALY la direction refuse d’annoncer un chiffre global de suppressions d’emplois et ne veut pas d’un PSE. Elle se fixe des objectifs de suppressions d'emplois en % à atteindre rapidement en utilisant toutes les dispositions des ordonnances Macron :

- 5 % de départs en retraite anticipée ;

- 10 % de rupture de contrat avec les salariés qu’elles jugent inaptes car soufrant de troubles musculo-squelettiques. Pour eux c’est la double peine, la destruction de leur santé avec des conditions de travail terribles et maintenant jetés comme des kleenex et le chômage !

- 10 % de ruptures conventionnelles individuelles (une rupture conventionnelle collective obligeait la direction à négocier avec les syndicats) ;

- 45 démissions ;

- enfin des licenciements secs à ajuster en fonction des démissions et des départs en retraite qui pourraient être au nombre de 30 à 50.

Selon ces données, le syndicat CGT évalue à 450 emplois menacés à JALY. auxquels s’ajoutent 312 techniciens, ingénieurs ou cadres sous statut JEU Europe présents à Irigny et ciblés par le PSE annoncé le 10 septembre par la direction.

Cela fait un total de 762 suppressions d’emplois sur le site, soit 43 % des effectifs actuels.

C’est énorme et c’est criminel pour les salariés concernés, pour notre potentiel industriel et pour notre territoire car une telle réduction d’activité aura des conséquences dramatiques pour le réseau de sous-traitants et dans les villes environnantes qui vont voir progresser chômage, précarité et pauvreté !

Les causes ne sont donc pas économiques, ni liées au COVID-19 puisque dès 2016 la direction décidait de délocaliser au Maroc. Les premières incidences en terme de chiffre d’affaire ont lieu en 2018/2019 selon l’expert du CSE donc bien avant l’apparition du coronavirus.

Les salariés de JTEKT sont donc face à une restructuration d’ampleur de type capitalistique qui vise à obtenir le maximum de rentabilité financière en mettant en concurrence les salariés et à choisir le moins disant social contre le statut des travailleurs de notre pays, de l’ouvrier au cadre en passant par les techniciens. Le capital n’épargne personne !

Une telle casse humaine et industrielle se fait avec l’assentiment des responsables politiques nationaux, régionaux et locaux !

Dès 2016, nous alertions la Courly, la Région, le maire d’Irigny, pas un nous a répondu. Ils ont laissé faire,  tout en connaissant les risques des choix stratégiques de JTEKT qui rappelons-le, appartient au groupe japonais Toyota, 1er groupe mondial automobile.

Le plus scandaleux, c’est que JTEKT-TOYOTA a perçu des fonds publics à la pelle ! Depuis 2013, l’entreprise a perçu 7 822 000 euros de CICE auxquels s’ajoutent les exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires et les diverses dotations des collectivités. Quel gâchis !

Un tel massacre d’emplois, d’outils industriels et d’argent public n’est pas acceptable.

La CGT le refuse et le combat comme elle combat le moindre accompagnement qui pour sauver quelques emplois viserait à baisser les salaires, à allonger le temps de travail, à flexibiliser et précariser davantage les salariés restant sur le site comme le prône l’UIMM l’archaïque syndicat patronal de la métallurgie.

Nous appelons les salariés de JTEKT (JALY et JEU Europe) à ne pas se laisser diviser, à s’unir pour résister à cette agression insupportable du capital.

Nous les invitons à participer à l’Assemblée Générale des salariés mardi prochain afin d’échanger et de construire ensemble la riposte nécessaire à la mise en échec de la direction JTEKT-TOYOTA

Dans les jours à venir , nous interviendrons une nouvelle fois auprès du Président de la Région AURA, du Président de la métropole de Lyon, du ministre de l’industrie afin qu’ils ne laissent pas JTEKT dicter sa loi, briser des vies et le territoire !

Nos emplois, l’avenir de l’entreprise et du territoire passent par l’engagement de chacune et de chacun dans la résistance à ce nouveau très mauvais coup.

Il n’y a que les luttes menées qui sont gagnantes, celles qui ne sont pas menées sont perdues d’avance, le prix est alors lourd à payer pour les salariés, leur famille et le pays.

Irigny le 14 septembre 2020

 

 

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