Heurts entre islamistes et forces de l'ordre près de la résidence de l'ambassadrice de France à Beyrouth

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Heurts entre islamistes et forces de l'ordre près de la résidence de l'ambassadrice de France à Beyrouth

Des heurts ont opposé vendredi en début d'après-midi des manifestants islamistes aux forces de l'ordre lors d'un rassemblement à Beyrouth près de la résidence de l'ambassadrice de France au Liban, en signe de protestation contre les caricatures du Prophète publiées par Charlie Hebdo et défendues par Emmanuel Macron.

Vers 13h, des hommes munis de drapeaux islamiques noirs et blancs se sont rassemblés au niveau de la mosquée Abdel Nasser, dans le quartier de Corniche Mazraa, situé près de la Résidence des Pins, résidence officielle de l'ambassadrice Anne Grillo. 

Les premiers convois, organisés la plupart à l'appel du parti pan-islamiste Hezb al-Tahrir, sont partis de Tripoli, au Liban-nord, de la Békaa et de Saïda au Liban-sud. Dans cette ville à majorité sunnite, les prêches des imams de différentes mosquées ont généralement gravité autour de la question des "insultes" faites au Prophète. Les imams ont dans le même temps condamné l’attentat de Nice, affirmant qu’il ne reflète pas les valeurs de l’islam.

"Nous sommes en colère contre Macron, car il a laissé un magazine médiocre insulter le Prophète", s'emportait un manifestant à Beyrouth. "Nous voulons un État islamique. Nous l'aurons bientôt si Dieu le veut", criait un autre manifestant en colère.

Un autre manifestant portait une pancarte arborant un dessin du président Emmanuel Macron en forme de serpent avec l'inscription "La France est en crise à cause de Macron (...) l'islam nous est cher", en arabe et en français, rapporte l'AFP.

Si les rassemblements ont débuté dans le calme, en présence de nombreux militaires et policiers qui avaient déployé des fils barbelés et des blocs en bétons, la situation s'est vite tendue. Alors que les organisateurs appelaient les partisans à quitter les lieux, un groupe de manifestants a tenté d'enlever les barbelés afin de se rapprocher de la Résidence des Pins. Ils ont également lancé des projectiles, notamment des pierres, contre les brigades anti-émeutes. Celles-ci ont répondu par des tirs de gaz lacrymogènes, éloignant les protestataires ver les quartiers de Barbir et de Corniche Mazraa. Vers 14h20, les policiers ont chargé les manifestants, procédant à plusieurs arrestations, selon les médias locaux.

Le 16 octobre, un enseignant français, Samuel Paty, avait été décapité par un islamiste russe tchétchène radicalisé, pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet. Après cet attentat terroriste, le président Macron a promis au nom de la liberté d'expression que la France ne renoncerait pas aux caricatures. Ses propos ont entraîné de vives tensions dans les pays musulmans, allant des manifestations jusqu'au boycott de produits français.

Au Liban, de nombreux responsables politiques et religieux ont dénoncé les caricatures du Prophète, tout en condamnant l'attaque terroriste de Nice.

Sources AFP et L'Orient le jour