Il y a un an commençait le soulèvement populaire libanais, la thaoura. Anniversaire fêté à Beyrouth !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Il y a un an commençait le soulèvement populaire libanais, la thaoura. Anniversaire fêté à Beyrouth !
Il y a un an commençait le soulèvement populaire libanais, la thaoura. Anniversaire fêté à Beyrouth !
Il y a un an commençait le soulèvement populaire libanais, la thaoura. Anniversaire fêté à Beyrouth !
Il y a un an commençait le soulèvement populaire libanais, la thaoura. Anniversaire fêté à Beyrouth !
Il y a un an commençait le soulèvement populaire libanais, la thaoura. Anniversaire fêté à Beyrouth !
Il y a un an commençait le soulèvement populaire libanais, la thaoura. Anniversaire fêté à Beyrouth !
Il y a un an commençait le soulèvement populaire libanais, la thaoura. Anniversaire fêté à Beyrouth !
Il y a un an commençait le soulèvement populaire libanais, la thaoura. Anniversaire fêté à Beyrouth !
Il y a un an commençait le soulèvement populaire libanais, la thaoura. Anniversaire fêté à Beyrouth !

Il y a tout juste un an commençait la thaoura, le soulèvement populaire libanais qui se poursuit aujourd'hui et ne cesse d'inquiéter les forces occidentales notamment les USA et la France conduisant Macron à se servir des explosions du port de Beyrouth pour s'ingérer dans les affaires libanaises et tenter d'imposer des réformes néolibérales fortement rejetées par la population. La lutte se poursuit. En ce 17 octobre 2020 une grande journée de lutte et de manifestation a lieu pour fêter le premier anniversaire du soulèvement populaire.

Dès midi, un convoi de voitures a sillonné les rues de Beyrouth appelant les habitants de la ville à manifester à l'occasion du premier anniversaire de la thaoura. Lors de leur parcours, qui passe devant la Banque du Liban, le ministère de l'Intérieur et la place des Martyrs, les participants ont scandé "la révolution se poursuivra jusqu'à ce que les revendications soient entendues".

Le flot de manifestants n'a cessé de rejoindre le centre ville. Le président Aoun a du faire la déclaration suivante : "Un an après le début des mouvements populaires, ma main reste tendue pour que nous puissions travailler ensemble à répondre aux revendications en matière de réformes. Il n'y a pas de réformes possibles en dehors des institutions" s'accrochant à l'actuel système tant décrié par les libanais.

A 14h, des dizaines de centaines de manifestants sont rassemblés sur la place des Martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth. Un groupe de manifestants a organisé une "cérémonie" en hommage aux "martyrs et blessés, avocats et journalistes de la révolution".

Des prêtres et religieux du Liban organisent un sit-in dans le centre-ville afin de réclamer "réparation et justice" pour les victimes et sinistrés de la double explosion du 4 août dans le port. Sous une tente, dressée près de la place des Martyrs, une dizaine de personnes expliquent être là "pour les Libanais, pour hausser le ton avec eux" face aux dirigeants. "Nous voulons soutenir notre peuple dans sa souffrance, alors que, depuis un an que nous descendons dans la rue, la situation n'a pas changé", souligne le père Gabriel Khairallah.

Dans un communiqué les participants dénoncent "la corruption généralisée dans la majorité des institutions étatiques" et "l’accaparement des biens publics" par les responsables. Ils revendiquent "justice pour le crime du port de Beyrouth", réclamant des indemnisations pour les victimes, "qu'elles aient été blessées physiquement ou psychologiquement".

A 14h 45, les convois de bus de manifestants partis de Tyr (Sud), Tripoli (Nord), Baalbeck et Taalabaya (dans la Békaa), arrivent à Beyrouth et viennent grossir les rangs des manifestants qui commencent à affluer en masse sur la place des Martyrs.  où est située la statue du "poing levé de la révolution". A côté d'elle figure une nouvelle statue faite de débris provenant de bâtiments détruits lors des explosions du  port de Beyrouth.

A Tripoli, des manifestants ont lancé une marche en direction de la place el-Nour, à l'appel de plusieurs groupes. Sur la place, les manifestants ont crié leur colère face à la crise socioéconomique et la classe dirigeante.

Les étudiants libanais sont mobilisés. Ceux de l'Université américaine de Beyrouth se rassemblent devant l'entrée de l'établissement situé dans la rue Bliss, à l'appel du Club laïc (Secular Club), avant de rejoindre le centre-ville. "Du 17 octobre au 4 août, nous continuerons à nous révolter contre vos crimes", peut-on lire sur une banderoles.

A l'initiative du collectif "Drabzine", une procession rassemblant plusieurs dizaines de personnes entame une marche depuis la place des Martyrs, avec pour mot d'ordre "La lutte continue jusqu'à la chute de toute la classe corrompue". Ces contestataires marqueront un premier arrêt devant l'Association des banques du Liban.

Vers 15h 30, au son des klaxons et drapeaux libanais au vent, un convoi de véhicules rejoint le centre-ville de Beyrouth, à partir du carrefour dit de "Chevrolet".

Des dizaines de contestataires originaires de Taalabaya (Békaa) arrivent à bord de plusieurs véhicules et minibus et marchent vers la place des Martyrs. "L'absence de sécurité provoque le chaos, l'absence de justice provoque la révolution" et "La révolution naît dans les entrailles de la tristesse", lit on sur une banderoles.

La voie du Ring de Beyrouth est fermée par des milliers de contestataires, alors qu'a lieu une procession de plusieurs collectifs dont "Drabzine". Une banderole "Pont du 17 octobre" est accrochée sur un panneau routier surplombant la route.

Des centaines de militants portant des gilets estampillés "Bouclier de la révolution" sont rassemblés dans le centre-ville. L'un des organisateurs de ce mouvement dit qu'ils sont là "pour empêcher que n'adviennent des échauffourées devant le siège du Parlement et pour maintenir le caractère pacifique de la manifestation afin d'encourager un plus grand nombre possible de personnes à participer au rassemblement".

A 16h 30, des milliers de manifestants scandant "le peuple veut la chute du régime" s'engouffrent dans le tunnel reliant la voie du Ring à la tour Murr, en direction de Hamra, où se trouve le siège de la Banque du Liban, l'une des institutions les plus honnies des libanais. "Saad, Saad, n'y pense même pas", scandent les manifestants en référence à la candidature de Saad Hariri au poste de Premier ministre.

Oum Bilal, originaire de Tripoli, témoigne sur la place des Martyrs à Beyrouth : "La révolution se poursuit, et nous en sortirons victorieux si Dieu le veut. Nous continuons, et avec force. La révolution ne s'est pas tue. Nous n'avons pas quitté la rue, ni à Tripoli ni ailleurs. Nous sommes fatigués, nous ne pouvons plus rien nous procurer. Ils nous ont tout volé. C'est pour cela que nous devons rester dans la rue. A Saad Hariri je dis : "Ne reviens pas !"."

Mohammad Hassan, 23 ans, originaire de Tripoli aussi, est sans emploi.  "Je n'ai pas de téléphone portable, ni même un billet de 1.000 livres en poche. Je n'arrive pas à trouver de travail. Je n'ai pas de permis de conduire. Je ne sais pas comment faire pour m'en sortir."

"A bas le règne des banques !", "Virez Riad Salamé et remplacez-le par un âne !" scandent des dizaines de manifestants en colère devant le siège de la Banque du Liban, dirigée par M. Salamé, l'une des figures les plus détestées par la rue, alors que la livre libanaise ne cesse de s'effondrer par rapport au dollar depuis l'été dernier et que les Libanais subissent des restrictions bancaires draconiennes.

A Paris, sur la place du Trocadéro, des dizaines de Libanais se sont rassemblés sur fond de chants patriotiques et arborant des drapeaux libanais. Certains d'entre eux dansaient la dabké, selon des images de la chaîne LBC.

A Saïfi, devant la siège du parti Kataëb, une foule composée de dizaines de manifestant est rassemblée, se préparant à se rendre devant le port, où une structure métallique portant l’inscription « 17 octobre » a été installée. Des torches venant des quatre coins du pays vont allumer cette structure.

Une manifestante venue de Jdeidé, au nord de Beyrouth, se dit fière de voir les Libanais à nouveau dans la rue : "Ces scènes aujourd'hui me font chaud au coeur. Les manifestations ont perdu un peu de leur intensité, mais cela est dû au coronavirus. Mais nous sommes là, de nouveau, pour faire tomber ce système pourri".

Les manifestants se partagent ensuite en plusieurs groupes au niveau de la banque centrale, à Hamra : un groupe se dirige vers le ministère de l’Intérieur, un autre marche dans Hamra, tandis qu’un troisième se dirige vers le port.

Peu à peu, la foule grossit devant le port de Beyrouth au pied de la structure métallique « 17 octobre ». Des torches venant des quatre coins du pays vont allumer cette structure à l'heure exacte des explosions meurtrières qui ont ravagé le port et la capitale. Les manifestants convergent depuis le secteur de Saïfi, ainsi que de l'autoroute située au niveau du Forum de Beyrouth.

A 18h, une minute de silence est observée devant le port de Beyrouth, afin de rendre hommage aux 202 victimes et 6.500 blessés de la double explosion du 4 août. Le silence est entrecoupé d'applaudissements de la part des manifestants.

Joséphine Zougheib, militante de la première heure issue des rangs du collectif "Citoyens et citoyennes dans un Etat", dirigé par l'ancien ministre Charbel Nahas, se dit "triste pour les personnes tuées le 4 août". "Mais la révolution continue. Nous n'allons pas nous arrêter. Beyrouth rassemble tout le monde".

18h 07 la "torche de la révolution du 17 octobre" est allumée devant le port de Beyrouth.

Les manifestants se dispersent. Plusieurs se rendent à Jal el-Dib, au nord de la capitale, où une plaque commémorative de la révolution doit être dévoilée dans cette ville qui était l'un des hauts-lieux de la révolte.

A Saïda, une poignée de jeunes hommes et femmes étaient encore rassemblés sur la place Elia, en début de soirée.

Les manifestants sont rassemblés à Zouk, dans le Kesrouan. La ville a été le théâtre de nombreuses manifestations anti-pouvoir au début de la révolte. "Nos dirigeants ont volé le cèdre et vendu ses biens", pouvait-on lire sur un drapeau libanais.

A Jal el-Dib, une plaque commémorative a été dévoilée. Cette plaque, qui prend la forme géographique du Liban et sur laquelle est inscrit "Révolution du 17 octobre 2019", a été apposée sous le pont situé sur l'autoroute.

On notera quelques échauffourées en fin de soirée qui mettront un terme à cette grande journée de lutte qui a permis au peuple libanais de se retrouver et de réaffirmer ses exigences. La lutte se poursuit pour qu'il soit entendu.

 

Sources : L'Orient le jour

 

Publié dans Moyen Orient

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article