JTEKT Irigny : les syndicats des constructeurs et des équipementiers se solidarisent pour faire triompher des alternatives à la casse sociale du groupe japonais

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

JTEKT Irigny : les syndicats des constructeurs et des équipementiers se solidarisent pour faire triompher des alternatives à la casse sociale du groupe japonais

Déclaration commune des délégués syndicaux centraux CGT de Renault et de PSA avec les syndicats CGT de JTEKT Irigny et Blois et la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie

 

Les syndicats CGT de JTEKT Irigny et Blois, avec les délégués syndicaux centraux CGT de Renault et PSA ont évalué ensemble les conséquences dramatiques découlant des choix du groupe JTEKT de délocaliser au Maroc la production des systèmes de direction automobile, et le développement de la R&D en Inde et en Roumanie

C’est un véritable désastre social, humain et industriel avec la suppression de 850 emplois sur le site d’irigny dans le Rhône et le projet de délocaliser aussi au Maroc, la production des électro-pompes faite sur le site de Blois (Loir et Cher) dont les emplois et l’existence même sont menacés.

C’est un désastre qui touchera toutes les catégories de salariés, les ouvriers à la production et l’ensemble des ICT. Les effets seront dramatiques dans le territoire avec une montée du chômage et de la pauvreté, d’autant que supprimer 850 emplois sur le site d’Irigny entraînera la destruction d’au moins 3 000 emplois dans la sous-traitance industrielle et des services liés à JTEKT.

Ensemble nous rejetons ces décisions scandaleuses qui après celles de Renault, de PSA, de Valéo, de Renault Trucks Vénissieux affaiblissent l’ensemble de la filière automobile avec l’aval voire l’encouragement de l’État.

Nous soutenons totalement les salariés du groupe JTEKT qui contestent et agissent pour l’emploi, les activités de production et de recherche importante à Irigny avec la présence du centre de recherche où travaillent 900 ingénieurs, cadres et techniciens.

Il est criminel de vouloir briser un tel potentiel humain, avec un haut niveau de compétences et de savoirs-faire qu’il a fallu des années à construire et a mobilisé des sommes considérables d’autant plus que cet équipementier d’envergure mondiale a perçu depuis 2012, plus de 20 millions d’€ au titre du CICE et plus de 31 millions au titre du CIR auxquels s’ajoutent les diverses subventions de la Métropole de Lyon et de la Région ainsi que les exonérations de cotisations sociales courantes dans cette entreprise avec sa pratique des bas salaires.

Nous rejetons de telles décisions motivées pour des raisons de profits, au contraire JETKT Irigny comme Blois peuvent s’inscrire totalement dans le développement en France, d’activités utiles à la filière automobile par la mise en œuvre de réponses visant la protection du climat, de la santé avec des voitures populaires propres et le développement de l’emploi.

1) Ensemble, nous proposons que Renault, PSA et JTEKT passent un accord d’intérêts mutuels prévoyant l’engagement de Renault et de PSA d’équiper au moins leurs voitures destinées au marché national, de systèmes de direction fabriqués et montés à Irigny. Cela représente au minimum 1 million de voitures à équiper et donc autant de systèmes de direction à produire. Cela suppose de sauvegarder les emplois, les compétences, les savoirs-faire à JTEKT Irigny et Blois.

Cela est possible, ne nécessite pas d’investissements importants, les lignes de montage sont en place avant qu’elles ne soient expédiées au Maroc comme la direction de JTEKT entend le faire en fin d’année, au moment où le site d’irigny sera fermé pour congés et chômage partiel.

2) Ensemble, nous proposons que JTEKT Irigny devienne le référent pour étudier, concevoir, mettre au point et industrialiser sur le site les systèmes de direction spécifiques aux véhicules électriques. En effet Renault et PSA ont pour objectif de produite en 2021, plus de 100 000 voitures électriques. C’est donc un marché porteur qui va bousculer le marché automobile en France, en Europe et dans le monde.

JTEKT peut et doit, pour ces systèmes de direction spécifiques à la voiture électrique, nouer une coopération étroite avec Renault s’inscrivant dans la réalisation d’un projet de petit véhicule électrique populaire dédié à l’usage quotidien et produit en France. Des coopérations nouvelles sont nécessaires entre les deux constructeurs nationaux et avec les équipementiers présents en France.

Les voitures électriques produites actuellement sont trop chères pour être accessibles au plus grand nombre. Il n’y aura pas de lutte efficace contre le réchauffement climatique si l’accès à la mobilité durable reste à la minorité aisée des grands centres urbains. Comme le droit à la santé, au logement, à l’éducation, à l’énergie, le droit à la mobilité durable doit devenir un droit fondamental.

Il est urgent devant la situation faite aux salariés de la filière automobile de renforcer les solidarités de lutte pour imposer sous le contrôle des salariés, des coopérations entre constructeurs et avec les équipementiers pour des projets innovants répondant aux besoins des populations et à l’intérêt général.

Ce n’est pas de court-termisme motivé par la recherche du profit pour le capital qu’ont besoin les salariés de la filière automobile ainsi que les populations. Ils ont besoin d’une vue sur le long terme, avec une mobilisation exceptionnelle des moyens humains et financiers dont l’argent des banques pour rendre effectifs des projets novateurs et imposer des réponses sociales, crédibles, cohérentes, efficaces et créateurs d’emplois.

C’est avec ces motivations que nos syndicats interpelleront le ministre de l’économie et l’ensemble des députés afin que le scandale provoqué par le groupe JTEKT ne voit pas le jour tant à Irigny qu’à Blois et les autres sites du groupe JTEKT présents en France.

Irigny le 23 octobre 2020

 

Publié dans Luttes sociales

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article