L'OFCE craint une explosion des faillites d'entreprises françaises, les libéraux en profitent pour monter leurs exigences

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

L'OFCE craint une explosion des faillites d'entreprises françaises, les libéraux en profitent pour monter leurs exigences

Pour l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le gouvernement va devoir rapidement muscler les dispositifs de son plan de relance en faveur des entreprises qui ont enregistré au premier semestre 50 milliards de pertes de revenu, malgré les dispositifs publics.

Selon les économistes libéraux, la réponse de l'État français à la crise exacerbée par la pandémie est trop modeste, comparée à celle de ses voisins, et trop centrée sur les ménages ! Rien que ça, alors que la perte du pouvoir d'achat des ménages au 1er semestre est venue aggravée considérablement la crise.

"Il reste plus de 50 milliards de pertes dans le bilan des entreprises... a commenté Xavier Timbeau, selon le directeur de l'OFCE.

Si ces pertes ne sont pas traitées d'une façon ou d'une autre, cela aura des conséquences persistantes sur l'économie française...". En résumé, le directeur de l'OFCE demande, en langage diplomatique, à l'Etat français de continuer à verser des fonds publics aux entreprises et à "boucher leurs trous" avec à peine voilé ce chantage ignoble "car les entreprises continueront à licencier, peu investir...."

Selon M. Plane, directeur adjoint du département prévision de l'OFCE, «les encours des prêts garantis par l'État et des dettes fiscales représentent le quart de leur valeur ajoutée».

L'OFCE insiste en affirmant qu'il est possible que les faillites s'accroissent de 80 % dans les prochains mois. Ces libéraux soulignent alors la faible dimension du dispositif de renforcement des fonds propres du plan de relance. Il est doté de 3 milliards d'euros, quand une force de frappe entre 10 et 15 milliards d'euros serait nécessaire, selon Xavier Ragot, président de l'OFCE.

L'OFCE juge elle aussi peu ambitieuses les mesures du plan de relance, alors que le 1er ministre a déclaré début septembre qu'«en proportion de la richesse nationale, c'est le plan de relance le plus massif annoncé à ce jour parmi les grands pays européens». Selon les calculs de l'OFCE, les plans de relance et d'urgence représentent 3,9% du Produit intérieur brut (PIB) du pays, versus 5,6% pour l'Italie, 5,8% pour l'Allemagne, 6,5% pour l'Espagne, 8,4% pour le Royaume-Uni et 10,6% pour les États-Unis.

Trouvant que la France soutenait moins ses entreprises, celles-ci auraient subi au 1er trimestre une baisse de leurs revenus supérieure à celle de leurs voisines qui s'élèverait à 51 milliards pour les groupes Français, quand il est limité à 3 milliards de livres au Royaume-Uni, 19 milliards d'euros en Espagne, 32 milliards en Italie et 43 milliards en Allemagne.

Selon le directeur de l'OFCE, "plutôt que de baisser les impôts de production, il aurait mieux valu annuler les dettes des entreprises liées au Covid-19 (comme les charges sociales) car l'effet aurait été immédiat".

Les communistes sont favorables à ce que les impôts de production ne baissent pas et nous sommes pour leur augmentation. En deux ans l'Etat va faire un cadeau de 20 milliards aux entreprises dont profiteront en premier lieu les grandes entreprises.

Vouloir annuler le paiement des cotisations sociales va dans le même sens, nous mesurons la perversité d'une telle mesure avec les exonérations de cotisations sociales qui coûtent très cher et sans efficacité démontrée pour l'emploi.

Comme le CIR ou le CICE, celà coûte donc très cher aux Français puisqu'il s'agit de leur salaire socialisé et différé que l'Etat ne veut plus compenser et veut faire payer aux Français via la CRDS et la CSG !

Enfin, une telle mesure serait une hérésie au moment où les besoins de notre système de santé sont énormes et notamment dans les hôpitaux où au minimum 100 000 emplois seraient à créer immédiatement pour qu'ils soient en capacité de faire face à la 2ème vague de la pandémie sans rejeter les patients qui doivent avoir des soins suivis ou des interventions d'urgence.

Il faut donc s'attaquer au fond du problème, c'est à dire l'absence totale de conditions suivies et contrôlées fixées par l'Etat ou certaines collectivités quand il y a contribution financière publique aux entreprises.

La première de ces conditions est l'interdiction de réduire l'emploi mais au contraire de le développer, la seconde est la suppression du versement de dividendes, la troisième est d'utiliser le chômage partiel financé par les Français pour former massivement les salariés qui sont volontaires pour évoluer professionnellement ou changer de métier, ce qu'on appelle la mobilité choisie, la quatrième est de soutenir l'investissement et notamment dans la transition environnementale pour sauver le climat.

Pour faire tout cela, les entreprises ont besoin de qualifications et de compétences élevées, elles ont besoin de savoirs faire et de salariés expérimentés. Plus que jamais, la puissance publique doit protéger et valoriser ces atouts en sécurisant l'emploi, les formations et les revenus. C'est le moteur de la campagne des communistes pour l'emploi.

Enfin, il y a la possibilité de mobiliser l'argent des banques sous la forme de prêts avec des taux très bas voire négatif avec comme conditions la préservation de l'emploi, des mises en formation et des investissements utiles.

Bien sur ces réflexions partent d'un engagement pour les êtres humains, elles visent à mettre l'économie à leur service et sous leur contrôle et celui du politique, ce que refuse de faire le gouvernement actuel, puisque toute sa démarche vise à restaurer les profits et les dividendes en espérant que ça ruisselle. On peut encore attendre longtemps !

Si le directeur de l'OFCE veut sortir de la pression libérale, il peut aussi suggérer qu'en 2020 tous les dividendes devant être versés aux actionnaires soient mis dans un fonds qui alimenterait les entreprises en difficulté notamment les PME-TPE souvent sous-traitantes des grands groupes donneurs d'ordre, avec là aussi comme condition première: préserver l'emploi et les savoirs faire.

Il est d'ailleurs étonnant que le chef du MEDEF organisme patronal grassement financé par les entreprises qui devrait organiser leur solidarité, n'ait pas pensé à une telle suggestion à présenter à son Assemblée Générale. Il est vrai que les grands groupes tiennent les rênes de l'outil patronal et que leur domination sur leurs réseaux de sous-traitants industriels et de services est un volet fondamental de leur stratégie de captation de la valeur ajoutée et d'accumulation des profits.

Rêvons un peu, pourquoi pas une révolution interne des sous-traitants industriels et de services malmenées par leur donneurs d'ordre. Cela serait sympa et sortirait des sentiers battus le patronat et les libéraux !

 

 

 

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