Macron interpellé par des soignants lors de sa visite dans un hôpital à Paris

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Macron interpellé par des soignants lors de sa visite dans un hôpital à Paris

Mardi 6 octobre 2020, Emmanuel Macron était en visite à l'hôpital Rothschild à Paris. Alors qu'il visitait les locaux d’une association parisienne qui soutient les aidants, à l’occasion de la 10e journée nationale qui leur est consacrée, des soignants ont interpellé le président sur les moyens dans les hôpitaux qui sont en de ça des besoins au risque de mettre en péril les malades et les patients soumis à des conditions de travail inacceptables.

Cette alerte intervient dans la période où les hôpitaux parisiens sont en pleine crise sanitaire du Covid-19 qui a déjà fait 1901 morts à Paris et que 112 patients sont actuellement hospitalisés en réanimation.

« Ce n’est pas une question de moyens, mais d’organisation »

« On est mobilisés et inquiets face au manque de moyens », a lancé une soignante au chef de l’Etat. Et la réponse de celui-ci est non seulement claire mais plutôt provocatrice : « Ce n’est pas une question de moyens, mais d’organisation », a t-il rétorqué.

Une réponse malvenue qui s'adresse à des gens qui connaissent bien leur métier et qui savent de quoi ils parlent quand ils demandent des moyens. Cela a donc agacé les soignants voire mis en colère certains : « nous savons très bien nous organiser quand on a les moyens » ont-ils rétorqué à leur tour conduisant Macron a calmé le jeu en expliquant que des « décisions vont être prises » et que « les moyens sont en train d’arriver ».

De quoi parlait-il ? D'ouvertures de lits, de créations d'emplois, de mises en formation ? On peut malheureusement en douter quand il a affirmé que le 2 janvier 2021, « il n’y aura pas de miracle mais l’arrivée de moyens ». Le chef de l’Etat faisait référence à la première tranche de revalorisation des salaires qui est prévue à cette date.

Il a répété plusieurs fois au comité présent qu’il ne " laisse pas tomber l’hôpital. […] On est tous mobilisés, je suis fils d'hospitalier, je n'ai pas envie de laisser tomber l'hôpital."

Ce que l'on peut retenir c'est que Macron refait le même discours qu'Agnès Buzy en novembre dernier, comme si rien ne s'était passé depuis !

Dire que le problème est organisationnel pour justifier de la modification du temps de travail, les fermetures de lits et la suppression du nombre de personnels sous prétexte du Covid-19 c'est être sourd aux revendications légitimes des personnels et surtout ne pas avoir conscience que les hôpitaux publics sont en danger et qu'il faut radicalement changer de politique pour qu'ils jouent leur rôle avec efficacité.

Ce n'est quand même pas pour rien que près de 40% des infirmiers français souhaiteraient raccrocher leur blouse blanche. C’est ce qui ressort d’une consultation auprès de 60.000 soignants, menée par l’. Avant la crise du coronavirus, 33% des infirmiers interrogés se considéraient déjà en épuisement professionnel. Aujourd’hui, ils sont plus de la moitié à se sentir en burn-out.

Plus d’un tiers des infirmiers salariés affirment être en effectifs réduits par rapport à la normale et 57% indiquent ne pas disposer du temps nécessaire pour une bonne prise en charge des patients.

Ou Macron est aveugle ou il refuse d'entendre, et malheureusement pour lui, au même moment où il affirme ne pas vouloir laisser tomber l'hôpital, ses amis qui ont en charge de préparer le budget de la Sécu pour 2021 demandent une nouvelle réduction de moyens financiers pour l'hôpital !

Autant de raisons, pour agir pus fort et notamment le 15 octobre le jour d'une mobilisation nationale des personnels de santé pour arriver à se faire entendre.

Les communistes soutiennent totalement cette initiative de lutte. Nous rappelons qu'ils demandent l'embauche dès maintenant de 100 000 personnes et de 220 000 dans les EHPAD. Car pour nous la santé de chacune et de chacun n'a pas de prix d'autant que l'argent existe dans ce pays pour une telle cause humaine. 

Exigeons de l'argent pour l'hôpital et pour la santé, et pas pour le capital !

 

Publié dans Luttes sociales, santé

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