Renault Trucks du groupe suédois Volvo supprime 485 emplois à Vénissieux et pourtant il a perçu des fonds publics !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Renault Trucks du groupe suédois Volvo supprime 485 emplois à Vénissieux et pourtant il a perçu des fonds publics !

Le constructeur de véhicules industriels, filiale de Volvo, va supprimer 485 postes d’ici la fin 2021, dont 285 emplois de d’ingénieurs et de cadres techniciens. Et ce alors que l’entreprise a bénéficié, entre 2012 et 2018, du crédit d’impôt recherche et du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi.

Faut-il demander des comptes aux entreprises qui suppriment des emplois après avoir bénéficié d’aides publiques conséquentes ?

La question revient à propos de Renault Trucks.

Une ultime réunion s’est tenue, jeudi 19 novembre, entre les cinq organisations syndicales et la direction du constructeur de véhicules industriels, pour entériner les conditions du plan de départs volontaires de 290 salariés des sites de Vénissieux (métropole de Lyon) et de Bourg-en-Bresse.

L’accord définitif doit être signé le 11 décembre prochain. Sur les 485 postes finalement supprimés d’ici fin 2021, la filiale française du groupe Volvo a prévu ces 290 ruptures conventionnelles, ainsi que 163 transferts de postes en interne, et 32 départs actés avant mai.

Les suppressions touchent 285 emplois d’ingénieurs et de cadres techniciens, dans les bureaux de recherche et développement, dont 150 du bureau d’études moteurs du site de Vénissieux.

Or, Renault Trucks SAS a bénéficié de 90 millions d’euros de crédit d’impôt recherche (CIR) entre 2012 et 2018, inscrits dans les comptes de l’entreprise.

Selon le cabinet qui a assisté les syndicats dans la négociation sociale, la filiale française de Volvo a aussi perçu, sur la même période, environ 90 millions d’euros de crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).

Les syndicats soulignent à juste titre, le décalage entre ces aides et les choix de casse en cours.

Démantèlement de la recherche

« Les postes les plus impactés sont tous liés à la conception. Le groupe a décidé de supprimer le cœur de la recherche en France », estime Fabrice Fort.

Pour le délégué CGT au comité central de Renault Trucks, « la crise sanitaire du Covid n’a été qu’un accélérateur d’une stratégie décidée depuis longtemps ».

Selon lui, le groupe Volvo a annoncé en janvier à ses équipes une « hausse considérable » du budget de recherche, pour répondre aux changements de normes européennes. Six mois après, la stratégie a été complètement revue.

« Toutes les recherches des technologies innovantes sont désormais concentrées à Göteborg, en Suède. Lyon devient un simple centre d’application, alors que la région Auvergne-Rhône-Alpes est un pôle d’excellence dans la recherche, par exemple dans la filière hydrogène », observe Fabrice Fort.

« La position stratégique de la région de Lyon est remise en cause, alors que des équipes étaient performantes et motivées », ajoute Olivier Porret, secrétaire CFE-CGC du comité social et économique de l’entreprise. Les salariés craignent désormais « une externalisation des petites mains de la recherche en Inde ».

Le chef de projet d’un moteur hydrogène à piles combustibles vient de démissionner, désemparé par le démantèlement de la recherche sur le site.

« Nous avons décidé d’abandonner des projets moins stratégiques pour assurer la pérennité de notre entreprise. Ce qui a pour conséquence la suppression nette de 181 postes en R&D sur 1 270 postes », justifie la direction de l’entreprise, en soulignant que « l’ajustement des effectifs est basé uniquement sur des mesures de volontariat, sans licenciement contraint ».

Lors d’un précédent plan social, en 2014, une délégation syndicale de Renault Trucks avait été reçue à Bercy par le ministre de l’économie de l’époque, Emmanuel Macron.

« Le ministre avait convenu qu’il y avait un problème dans l’attitude des grands groupes industriels qui bénéficient des aides publiques », se souvient Fabrice Fort. Et depuis il y a eu l'invention du CICE !!

Dès la fin de la réunion de négociation, jeudi, le délégué CGT a sollicité Thomas Dossus, nouveau sénateur (Europe Ecologie-Les Verts) du Rhône, pour suggérer «une enquête parlementaire chargée d’évaluer l’ampleur et la pertinence des aides accordées aux groupes qui suppriment des emplois».

Syndicat CGT Renault Trucks et Le Monde

Publié dans Rhône, Industries

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