Intervention d'Evelyne Ternant au CN du 12 décembre

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Intervention d'Evelyne Ternant au CN du 12 décembre

Je partage l'appel à un rassemblement large des forces de gauche et écologistes sans lequel le risque d'élimination pure et simple existe réellement. Mais il ne doit pas se faire au prix des contenus et de la posture politique par rapport au gouvernement , aux partenaires politiques, et aux luttes.

Je crains qu'en ce moment les difficultés de construction politique et alliances dans certaines régions ne fassent passer au second plan les contenus, le périmètre se négociant avant et séparément la construction collective des projets.

Que devrions nous mettre en avant?

Ce qui traverse notre conception des régions et départements, c'est que ce ne sont pas seulement des entités chargées de gérer honnêtement et sans corruption les budgets tels qu'ils sont aujourd'hui, en étant les plus équitables possibles envers les territoires et les personnes les plus déshéritées. Ce fonds humaniste ne suffit pas, surtout pas à faire face au à la violence de la crise actuelle.

Le propos de Christian Favier l'a bien montré, avec le débordement délibéré des compétences départementales que le conseil du Val de Marne a réalisé pour mener à bien la bataille sur les transports publics.

Les régions et départements représentent en effet un pouvoir politique qui doit se considérer comme tel, intervenir pour changer le cadre, les contraintes imposées par les politiques nationales.

A l'opposé d'une prudente neutralité qui est la caractéristique de certaines gestions actuelles du PS, il faut s'immiscer au contraire dans les grandes batailles politiques nationales, santé, pouvoir d'achat, emploi, climat, libertés, soutenir les luttes locales pour la défense des services publics et de l'emploi, participer à la construction des rapports de force qui contribuent à briser les carcans qui fabriquent aujourd'hui le chômage, la précarité, la pauvreté , et des territoires désertifiés.

Mon propos concerne surtout les régions: elles sont un échelon stratégique pour mettre en œuvre des transformations structurelles, faire reculer la domination du capital et la marchandisation généralisée qui pèse sur nos vies.

C'est donc avec cet objectif transformateur et l'ambition de changer de braquet dans les politiques publiques que nous devons aborder ces élections.

Nos priorités: l'emploi, la formation, les services publics, et la transition écologique,

et les moyens pour y parvenir des conquêtes démocratiques multiples, dont celle cruciale, de l'utilisation de l'argent, fonds publics et fonds privés (banques et entreprises).

Par des conquêtes démocratiques, il convient de faire craquer les cadres institutionnels actuels pour redonner un pouvoir collectif d'intervention et de décision économique sur l'avenir de nos territoires. C'est pourquoi deux de nos propositions prennent un relief particulier:

- les conférences permanentes pour l'emploi, la formation, la transformation écologique des productions, doivent permettre une planification des activités et emplois nécessaires à partir des besoins des territoires, et d'ouvrir des pistes sur la sécurisation des vies en commençant des parcours professionnels.

- associer à ces conférences un pouvoir de financement, car il y a un enjeu majeur pour que les moyens soient à hauteur des immenses besoins : la bataille financière est à mener sur les compensations d'état( notamment sur le RSA , une fiscalité qui redonne de l'autonomie, mais il convient aussi d'innover dans la création de fonds régionaux dans lesquels il s'agit d'aller plus loin que du contrôle a posteriori sur les aides massives des plans de relance. L'objectif est de prendre appui sur ces plans pour faire levier en mobilisant des fonds des banques et des entreprises actuellement hors de portée des citoyen.ne et salariés, et agir sur les orientations stratégiques des entreprises.

Un 4 pages grand public a été préparé par le groupe national régions: il a été conçu il y a plus d'un mois, sans doute faudra -t-il au début de l'année prochaine la réactualiser l'édito, mais il donne à voir les principales mesures, et laisse une place -petite en 4ème page à une intervention spécifique de chaque région.

Il donne à voir aussi le travail des élus, qui ont été un peu oubliés depuis la dernière élection. C'est une aide, une mise à disposition, pour démarrer très vite la campagne, avant la conclusion des accords politiques qui prendront du temps: à chacun.e d'en faire l'usage – ou pas- qui lui convient.

Ce qui doit être encore travaillé, c'est la traduction du projet en quelques propositions indentifiantes, avec des mots clés pour la communication.

Cette question de la traduction de notre projet dans les négociations et les projets de rassemblement communs sera travaillée dans le cadre du groupe national régions, qui reprendra ses travaux au début de 2021, auquel j'invite tous les référents régionaux, les candidats et les camarades qui vont porter nos campagnes régionales.


 

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