A quoi joue Regards ? par Ian Brossat

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

A quoi joue Regards ? par Ian Brossat

Le journal Regards a publié le 26 janvier, un article signé par Pierre Jacquemain sous le titre "A quoi joue Ian Brossat ?" (http://www.regards.fr/politique/). Ce dernier a gravement mis en cause a usé de son droit de réponse publié par le site internet de la revue. Nous vous donnons à connaître la réponse de notre camarade Ian Brossat, élu communiste de Paris, adjoint au logement.

"Le journal Regards a publié le 26 janvier 2021, par l’intermédiaire de son rédacteur en chef Pierre Jacquemain, un article où se mêlent de grossières erreurs factuelles, un manque évident de déontologie et une analyse pour le moins inappropriée. Quelques précisions et remarques s’imposent

D’abord, la forme. Regards s’intéresse à une opération de logements sociaux sur laquelle des dissensions politiques existent, rien de plus légitime. En revanche, il est regrettable et même inquiétant que la rédaction d’un tel article n’implique ni une étude sérieuse du sujet – ses enjeux, le contexte urbain, l’historique politique – ni la sollicitation des parties prenantes pour recueillir leur avis.

Qu’il est loin le temps où Regards se distinguait par ses reportages de terrain, engagés, au plus près des luttes politiques et sociales, sur les républicains espagnols, l’antifascisme ou les mouvements de décolonisation. Quand le journalisme puise son inspiration exclusivement sur les réseaux sociaux, il est à craindre qu’il se dévitalise.

Les faits, ensuite. De quoi parlons-nous ?

D’un programme de logements sociaux, mené par le bailleur social Paris Habitat, qui prévoit 80 logements sociaux dont 25 logements destinés à des personnes sortant de la rue, ainsi qu’une école et une crèche. Ce projet se situe rue Erlanger, dans le 16e arrondissement de Paris, qui demeure – malgré nos efforts et la multiplication par deux du nombre de logements sociaux entre 2014 et 2020 – très déficitaire au regard des objectifs fixés par la loi.

L’arrondissement de l’ouest parisien compte ainsi moins de 8% de logements sociaux. Le rééquilibrage territorial de l’offre de logement social est une priorité, elle doit permettre à chaque quartier de prendre sa part ; c’est tout l’objectif d’un tel projet qui devrait, logiquement, souder la gauche.

Or, que s’est-il passé ? Une alliance contre-nature associant la droite, les écologistes et la France Insoumise ont permis l’adoption d’un vœu au Conseil de Paris demandant l’arrêt du projet, argument repris par le tribunal administratif pour justifier l’annulation du permis de construire.

Regards demande « à quoi je joue ». Je ne joue pas : je constate avec effarement et une dose de colère que des logements sociaux sont sacrifiés alors même que nous traversons une crise sociale et économique sans précédent, que des milliers de familles n’attendent qu’une chose, pouvoir accéder à un logement social.

La Fondation Abbé Pierre s’apprête à publier son rapport annuel sur l’état du mal-logement en France, et les chiffres s’annoncent une nouvelle fois alarmants. Quel est donc ce journalisme qui n’est même pas capable de comprendre qu’un adjoint au logement puisse s’indigner sincèrement de voir 80 logements sociaux attaqués de la sorte dans l’un des quartiers les plus cossus de la capitale, et face à ce dévoiement de l’écologie comme nouvel égoïsme territorial ?

Pour certains, ces 80 logements sociaux constitueraient l’emblème d’une politique anti-écologique. C’est en tout cas l’analyse – si tant est que l’on puisse lui faire cet honneur – que propose l’article.

Force est de constater que Pierre Jacquemain ne connait pas le projet proposé et moins encore l’environnement urbain dans lequel il s’insère. Regards souligne ainsi qu’il se situe « sur l’un des rares espaces verts du 16ème arrondissement ». C’est sans doute la phrase la plus cruelle de l’article, pour son auteur et pour le journal qu’il engage. Nul espace vert sur la parcelle : il s’agit d’une cour d’école bitumée. Une visite sur place ou une simple recherche Internet permet de le constater.

Par ailleurs, il convient de rappeler que le bois de Boulogne est à quelques centaines de mètres, accessibles en… 6 minutes à pied : les 850 hectares d’espaces verts qui le composent le classent parmi les plus grands parcs urbains d’Europe. Voilà une définition de la rareté particulièrement curieuse. Et la mairie d’arrondissement elle-même de souligner que le 16e est l’un des arrondissements les plus verts de la capitale.

Je regrette donc tout à la fois un article bâclé, fallacieux et d’une partialité confondante. La crise sociale et écologique nécessite des convictions plutôt que des anathèmes, et un débat sérieux et étayé. Puisse Regards y retrouver sa place."Ian Brossat

Le journal Regard est co-dirigé par C. Autain et Elsa Faucillion. En cause le projet, qui comprend une école, une crèche, 80 logements sociaux dont 25 destinés aux sans-abris, situé sur l’un des espaces verts du 16ème arrondissement, à 200m du Bois de Boulogne, porté par la majorité municipale et l’adjoint aux logements Ian Brossat contre l’avis des écologistes et de l’élue insoumise Danielle Simonnet.
 
Le tribunal administratif de Paris, saisi par une association locale, a annulé le projet. Une décision saluée par les élus de droite, écologistes et insoumis. Et donc le journal
 
Regards trouve anormal que Ian Brossat remette en cause l’attitude de la France Insoumise dans cette affaire et regrette que : « Ian Brossat, par ailleurs porte-parole du Parti Communiste Français, semble, dans cette affaire, afficher une conviction personnelle, un scepticisme non dissimulé de voir le PCF renouer avec Jean-Luc Mélenchon et les insoumis aux régionales. Mais aussi à la présidentielle. ».
 
Et bien voilà un double aveu de taille : La FI n’accepte pas qu’on ne se range pas à ses avis et derrière les régionales et la candidature de C. Autain comme tête de liste, c’est  la candidature de Mélenchon à la présidentielle qui est visée.

Publié dans PCF

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MASSOL 30/01/2021 18:40

Tout le monde sait que les insoumis ont toujours des positions à géométrie variable suivant leur intérêt personnel. Pour la Présidentielle, merluche peut aller se "brosser".