Jean-Luc Mélenchon et la fusée à illusions : La Fédération populaire en PACA

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Jean-Luc Mélenchon et la fusée à illusions : La Fédération populaire en PACA
Alors que nous vivons une crise sanitaire qui a accéléré le déclenchement d’un krach, produit de la financiarisation de ces dernières années. L’urgence d’un changement aussi révolutionnaire que salutaire émerge face à la pandémie et à la domination des marchés financiers. C’est pour cela que les dominants, le capital, met tout en œuvre pour nous amener sur le terrain uniquement électoral des présidentielles de 2022 avec son cortège de miroirs aux alouettes afin de nous détourner des combats à mener dès maintenant !
 
Dans ces conditions, Jean-Luc Mélenchon, leader des Insoumis, doit arrêter de jouer l’innocent en se disant inquiet de l’abstention possible en 2022. Il n’est pas le seul ! Il faut que les politiciens de la gauche n’abusent plus les française-e-s avec la question de l’abstention aux élections présidentielles.
 
Chacun sait que cette élection phare de la Vème République est un étouffoir démocratique qui fonctionne très bien comme un piège illusionniste pour les français-e-s, qui y participent massivement depuis 1965.

 

Les politiques doivent être dans la confrontation des idées, des projets, dans l’accompagnement des luttes des travailleurs en formulant des alternatives à celles-ci pour aujourd’hui et non pour des lendemains qui chanteront certainement faux.

Les élections présidentielles de 2022, c’est l’annonce de conditions alarmantes pour tout le monde du travail, pour celles et ceux qui souffrent, … La campagne n’a pas débuté, aucun parti ou candidat ne peut ou ne veut dévoiler leurs idées, leurs programmes, leurs projets… Mais dès à présent, les médias et organismes de sondages (entre les mains de la finance) nous la jouent avec une multiplication de projections électorales qui figent une vie démocratique qui a bien du mal à exister dans notre pays.

Oui la Gauche a bien mieux à faire que d’être dans le fétichisme électoral, et en particulier les communistes.

En effet, un plan d’urgence doit commencer immédiatement à rompre avec la domination du capital. Il ne s’agit pas d’attendre le « jour d’après » pour changer de logique. C’est à la fois révolutionnaire et réaliste. Il serait élaboré et proposé face aux mesures Marconiennes. Il pourrait comprendre les volets suivants, avec une cohérence entre objectifs, moyens et pouvoirs :

  • Des objectifs pour dépister, appuyer l’hôpital (embauches, constructions en urgence, formations, etc.), soutenir la recherche (vaccins et traitements), mobiliser la production (respirateurs, réactifs pour les tests, vêtements médicaux, gants, masques, médicaments, etc.).
  • Des moyens pour arrêter la production et le travail non essentiels et maintenir les droits et institutions démocratiques protégeant les travailleurs, lever les modifications régressives du Code du travail, soutenir le pouvoir d’achat (chômage partiel à 100 %, suspendre des dépenses pré-engagées des ménages et des PME/TPE : loyers, remboursements d’emprunt, etc.) ; aller vers un dispositif général de sécurisation de l’emploi, de la formation et du revenu ; créer un fonds doté de 50 milliards d’euros (dans un premier temps) pour financer ces actions avec une contribution monétaire (BCE, et Caisse des dépôts) et des impôts de solidarité sur le grand capital ; libérer les dépenses des communes.
  • Enfin, des pouvoirs pour mettre en place des instances démocratiques régionales de suivi comme de contrôle de la mise en œuvre du plan et de l’utilisation de cet argent avec les représentants des salariés et les élus.

C’est faire émerger un autre modèle de société pour sortir de la crise !

Avec « La Fédération Populaire », c’est faire le lit de la domination du capital, avec sa logique, ses pouvoirs, son coût, et ses deux candidats Macron et Le Pen

Pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon veut faire sa campagne présidentielle. L’exercice plait au candidat des Insoumis, qui se prête au jeu de ce qui veulent casser tout espoir à Gauche. Il se dit en tête de la gauche selon les fameux sondages. Jean-Luc Mélenchon croit tenir sa vengeance.

Mais le candidat LFI peut bien faire le fanfaron, il n’est pas question pour lui de s’attaquer aux deux crises siamoises, inséparables : sanitaire et économique. Et une crise de civilisation.

Ainsi, le virus est un catalyseur d’une crise économique qui avait commencé avant le déclenchement de l’épidémie. Bien entendu, il n’est pas question que Jean-Luc Mélenchon développe un discours sur la domination du capital, qu’il explique largement le retard pris dans l’adoption de mesures de santé publique adéquates, voire leur insuffisance irresponsable.

Son projet pour aller aux élections présidentielles s’appuie déjà sur ce qui se passe avec la mise sur orbite de sa fusée politicienne « La Fédération Populaire » telle que l’on la voit se mettre en place en Région PACA avec « Il est temps » et où les dirigeants communistes locaux ont scellé leur stratégie d’une union du « quoi qu’il en coûte ». Une union, un rassemblement, qui n’a pas du tout l’ambition de s’opposer à l’obsession du capital financier pour son rendement et son profit qui s’oppose aux dépenses sociales et au développement des services publics.

Pas question pour cet attelage (supposé) unitaire de s’attaquer à l’exacerbation de la scission entre l’argent et les services publics, l’argent et la production, l’argent et la démocratie, l’argent et les besoins humains ou écologiques. Au lieu de cela, ils veulent créer des illusions avec « La Fédération Populaire », dans sa version actuelle en PACA « Il est temps ».

L’argent devrait être vu comme un levier politique, mais ce n’est ni le choix de Mélenchon, ni de celui des dirigeants communistes aux visées « fédéralistes » et de renoncement aux propositions et idées communistes. Alors que c’est tout le système de pouvoir et de valeurs qu’il faut commencer à changer en engageant des batailles politiques maintenant !

Dans son complet veston social-démocrate, Jean-Luc Mélenchon baigne dans le magma électoraliste. Soucieux de paraître apaisé, aussi bien face aux évolutions possibles des sondages qu’avec les autres candidats présumés de la gauche en déconfiture. S’il s’est montré caustique vis-à-vis d’eux au vu de leur faible score dans les sondages, il les a aussi invités à une trêve. Ce ne sont pas mes ennemis, veut-il faire entendre. Il juge que la maire PS de Paris Anne Hidalgo ou l’écologiste Yannick Jadot pourront prendre « sur l’électorat Macron » et donc « réduire (sa) marche du deuxième tour ». « Si la gauche traditionnelle ne cesse de jeter des pierres sur celui qui est en tête, nous reculerons tous, les a-t-il prévenus. Nous n’avons rien à gagner à nous jeter des pierres, ni eux ni moi. Si jeter des pierres faisait avancer nos idées je le ferais ».

A ce petit jeu de jets de pierres, ce sont les travailleurs, les retraités, les jeunes, qui vont s’en prendre plein la tête !

Non la capitulation fédéraliste social-démocrate avec Jean-Luc Mélenchon n’est pas fatale… D‘autres alternatives, d’autres choix, doivent et peuvent être faits à Gauche et les Communistes peuvent et doivent être les moteurs pour combattre l’économie capitaliste et l’anthroponomie du libéralisme, qui nous minent.

Nous ne voulons plus crever de la scission entre l’argent et la cible de son utilisation. Laquelle est subordonnée à la recherche de la rentabilité financière maximale. Nous voulons dépasser ce capital où tout est réduit à une masse de valeur cherchant à valoir plus, « l’argent pour l’argent ».

Article du RACO publié le 28 janvier

Publié dans PCF, Elections

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Commenter cet article

Mattia Nadia 31/01/2021 09:58

Si le PCF poursuit sa course pour un intérêt partisan, à l'exclusion de l'intérêt général, c'est qu'il a passé accord avec le PS de dégommer les insoumis et l'AEC! Il le paierez cher !