La France sous couvre-feu à 18h, statu quo à l'école, fonds de solidarité. Les annonces de Jean Castex

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

La France sous couvre-feu à 18h, statu quo à l'école, fonds de solidarité. Les annonces de Jean Castex

Si la situation épidémique est « maîtrisée », elle reste « fragile », selon le premier ministre, qui a annoncé, jeudi soir, au lendemain d’un nouveau conseil de défense sanitaire, la généralisation du couvre-feu à 18 heures à compter de samedi 16 janvier, « pour au moins quinze jours ».

En résumé. 

  • Face à la pression épidémique constante et dans l'optique d'éviter un troisième confinement, le gouvernement annonce l'extension du couvre-feu à 18h dans toute la France, au lieu de 20h.
  • Dans les écoles, les activités physiques et sportives scolaires et extra-scolaires en intérieur sont suspendues.
  • A l'université, le nombre de psychologues dans les établissements devrait doubler ce semestre. Par petits groupes, les étudiants en première années pourront regagner les salles de travaux dirigés à partir du 25 janvier.
  • Les aides économiques se poursuivent dans tous les secteurs et de nouvelles mesures spécifiques sont prévues pour les entreprises particulièrement touchées par la crise (restauration, hôtellerie, sport, événementiel, etc.).

L'essentiel de l'intervention du gouvernement

Comme à son habitude, Jean Castex a résumé les épisodes précédents : "Le virus continue de circuler activement en Europe. En France, la deuxième vague a démarré début octobre." Le premier ministre est revenu sur la stratégie de lutte contre l'épidémie en France, en se félicitant de ne pas avoir ouvert l'ensemble des établissements au public, permettant ainsi d'éviter un troisième confinement.

Selon lui, notre situation reste "préoccupante" mais continue d'être "stabilisée". La moyenne du nombre de contaminations est à 16 000 par jour (l'objectif fixé par le gouvernement se situe à 5 000). 

Le variant anglais du virus menace la France, les versions sud-africaine et japonaise ne sont pas loin. La campagne de vaccination se met en place lentement et le gouvernement peine à justifier ses décisions.

Pendant ce temps, les étudiants s'isolent, les acteurs culturels continuent de subir la crise et le chômage touche durement les jeunes.

Pour le couvre feu à partir de 18h, les dérogations seront les même que pour le couvre feu à 20h. Pas de troisième confinement donc pour le moment, même si le gouvernement pourrait y recourir "si dans les prochains jours nous constations une aggravation épidémique forte". 

Jean Castex puis Frédérique Vidal ont insisté sur la situation des étudiants. Ces derniers jours, deux tentatives de suicide et les mobilisations ont remis le sujet de la détresse étudiante sur la table. "Le passage à 100% en distanciel est très difficile à vivre pour les étudiants". Des petits groupes d'étudiants de première année vont pouvoir reprendre les travaux dirigés par demi-groupe à partir du 25 janvier et des dépistages individuels et collectifs seront déployés dans les universités. Le nombre de psychologues présents dans les facs sera doublé ce semestre.

Jean-Michel Blanquer a annoncé un "renforcement du protocole sanitaire dans les écoles". Les activités physiques et sportives scolaires et extrascolaires en intérieur sont suspendues. Comme le résume le ministre, la politique annoncée est de "faire avancer le curseur du protocole sanitaire dans un sens plus strict". Au lycée, le mode de fonctionnement hybride sera prolongé après le 20 janvier. Pour les élèves de terminale, l'objectif affiché est de maintenir le plus de cours en présentiel possible.

Olivier Véran a annoncé qu'à partir de lundi, des centres de vaccination ouvriront dans les villes, partout en France. Sur internet, le site sante.fr sera rendu disponible demain. Il sera également possible de contacter par téléphone le 0800 009 110, de 6 heures du matin à 22 heures. Enfin, le ministre de la Santé annonce des doses pour 2,5 millions de personnes d'ici fin février. "L'accès à la vaccination nous permet d'espérer sortir de la situation à l'été prochain."

57 000 personnes ont été vaccinées hier. Pour rappel, l'objectif annoncé est d'atteindre un million de vaccinés d'ici la fin du mois. Le 18 janvier, la vaccination sera ouverte aux "personnes présentant des pathologies conduisant à un très haut risque de formes dangereuse de la maladie", quel que soit leur âge. Il sera possible de prendre rendez-vous dès demain à 8h, par téléphone ou sur internet. 

Bruno Lemaire a précisé l'orientation donnée à sa politique d'aide aux entreprise : "le fonds de solidarité reste le pilier de notre dispositif". Trois changements sont néanmoins annoncés dans les modalités de ce dispositif. Les ventes à emporter et la livraison à domicile ne seront pas intégrés dans le calcul du chiffre d'affaires des entreprises concernées. Les entreprises accusant une perte de chiffre d'affaires à partir de 70% seront aidées sans limite du nombre de salariés. Les coûts fixes de certains secteurs, comme les loyers, seront pris en charge par l'Etat.  " Ce sur quoi je m'engage, c'est que nous maintiendrons nos dispositifs de soutiens aussi longtemps que nécessaire", déclare gravement Jean Castex.

La ministre du Travail Elisabeth Borne a annoncé que le chômage partiel reste garanti par l'Etat. 3 millions de salariés étaient soumis à ce régime en novembre, contre 9 millions lors du premier confinement. "Pour les entreprises qui sont totalement fermées comme les salles de sports ou discothèques ou fermées partiellement, l'Etat continuera de prendre en charge à 100 % de la rémunération des salariés tant que les restrictions sanitaires s'appliquent."

La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a reprécisé la prise en charge du chômage partiel, avec des taux différents selon les situations. Voici le graphique présenté

Une aide particulière sera apportée aux viticulteurs, touchés par les sanctions américaines dans le contexte d'un conflit économique entre Boeing et Airbus des deux côtés de l'Atlantique. "Ils pourront bénéficier d'une aide de 200 000 euros par mois dès lors qu'ils perdent 50 % de leur chiffre d'affaires", a annoncé Bruno Lemaire. Dans les secteurs particulièrement touchés par la crise comme la culture, le sport, l'événementiel, la restauration et l'hôtellerie, il a annoncé "zéro charge sociale".

Roselyne Bachelot n'a pas annoncé de nouvelle mesure quant au secteur culturel. Les lieux du secteur accueillant du public restent fermés. Elle affirme que les aides dont les entreprises culturelles ont déjà bénéficié au même titre que les autres sociétés : fonds de soutien, chômage partiel, prêts garantis par l'Etat, etc. Les aides propres au secteur culturel se poursuivent.

J Castex a précisé un renforcement des contrôles aux frontières. Tous les voyageurs hors de l'Union européenne devront présenter un test négatif pour s'y rendre. Dans l'Union européenne, "un cadre de coordination sera proposé au prochain conseil européen, avec des exceptions pour les frontaliers et les routiers".

Sur la situation du variant britannique, "plus contagieux mais qui ne donne pas plus de formes graves", a rappelé Veran. Ce variant est majoritaire en Angleterre et il circule sur le territoire français : "200 à 300 malades en sont infectés".

Pour clore sa conférence Jean Castex a appelé" à faire preuve de patience et de responsabilité, car ce n'est pas avant plusieurs mois que la vaccination fera son effet". Tout en se félicitant que "l'adhésion à la vaccination augmente", il a réclamé de la patience. Manière d'admettre, sans l'avouer, de sévères ratés dans la stratégie retenue.

"C'est une très grosse opération, inédite avec un vaccin qui a des caractéristiques - il faut le conserver à moins 80 degrés ici au CHR de Metz - qui créent des contraintes que chacun comprendra. Mais on va le faire", a-t-il ajouté. Le premier objectif du gouvernement, qui consistait à vacciner un million de personnes avant la fin janvier, n'a pas encore été atteint et semble s'éloigner. 

La carte des centres de vaccination doit être mise en ligne dans la journée sur le site public sante.fr, qui renverra vers les trois plateformes privées sélectionnées par l'Etat (Doctolib, Keldoc, Maiia), suscitant des interrogations quant à l'irruption du privé, ainsi qu'au recours à des cabinets de consultants, dans ce qui devrait relever de la solidarité nationale.

Sources le gouvernement et l'Humanité

Publié dans Politique nationale, santé

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