Les 32 heures ? C'est possible, une entreprise de l'Isère le démontre !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Les 32 heures ? C'est possible, une entreprise de l'Isère le démontre !

Spécialisé dans la vente en ligne de matériel informatique, le groupe LDLC a décidé de passer à une semaine de quatre jours sans baisse de salaire, en misant sur le fait que ses salariés n'en seront que plus productifs.

Le groupe a donc tenu sa promesse. Il a adopté au début du mois un accord entérinant le passage à la semaine de 32 heures, soit quatre jours de travail par semaine au lieu de cinq, sans baisse de salaire.

«Clairement, ils sont super corrects», a souligné la déléguée syndicale CGT de l'entreprise, qui calcule que cela permet aux salariés de gagner 47 jours de repos par an. Les deux autres syndicats, la CFDT et la CFE-CGC, ont eux aussi signé l'accord.

Pour la CGT qui défend cette revendication des 32 heures depuis fort longtemps, c'est la démonstration que cela est possible et qu'une telle mesure peut être mise en place par la négociation sociale. Encore faut-il que le patronat soit disposé à négocier véritablement et non à faire du bla bla bla pour faire passer ses mauvais coups.

Cette entreprise est spécialisée dans la vente en ligne de matériel informatique (Materiel.net, Top Achat, Hardware.fr...). Cette annonce réjouit tout le monde, sauf peut-être le chef de l'Etat qui lui parle de «travailler davantage» alors que le chômage ne cesse de progresser !

Les salariés ne veulent pas payer, par encore plus de sueur et de larmes, le prix d’une crise dont ils ne sont pas responsables et au moment même où les dividendes prévus d'être versés au titre de 2020, vont atteindre plus de 30 milliards d'€ !

Nous ne rêvons pas. Aux médias toujours surpris dans il s'agit de progrès social, Laurent de la Clergerie répond que «L’origine de cette décision, c’est un reportage que j’avais vu sur Microsoft au Japon, qui a testé la semaine de quatre jours pendant le mois d’août, il y a quelques années, avec un retour ultra positif», a-t-il expliqué à BFM Business.

La CGT évoque aussi une expérience menée durant la canicule, où les salariés ont bénéficié d’une heure de travail en moins chaque jour, sans que cela ait pour autant affecté les performances de l’entreprise.

Le contexte pandémique a permis au patron de franchir le pas : il faisait bon vendre du matériel informatique sur Internet au moment où de nombreux salariés, contraints au télétravail, devaient améliorer leur équipement, voire s’en constituer un. La valeur de l’action de LDLC a d’ailleurs triplé depuis un an. «Quand je fais mes calculs, je pense qu’à la fin tout le monde est content et que tout le monde en sort gagnant», a encore expliqué Laurent de la Clergerie à l’AFP. 

Il fait un raisonnement simple : des salariés qui sont plus heureux sont aussi plus productifs. D’autant que ces 32 heures ne souffrent à ce jour d’aucune contrepartie : selon la CGT, les salaires doivent augmenter de 2,5% et devraient aussi grimper en 2021, le salaire minimum doit être fixé à 1 770 euros brut (soit 15% au-dessus du smic) et des embauches accompagneront cette nouvelle organisation du travail.

La semaine de 32 heures, qui permet de lutter contre le chômage en partageant autrement le travail, est généralement regardée avec dédain par le patronat, les libéraux et les économistes libéraux. 
 
Par exemple, en 2015, le socialiste Manuel Valls avait affirmé pour contrer la campagne des 32h : «Ce que veulent les Français aujourd’hui, c’est du boulot.» Depuis il a été renvoyé dans les cordes aussi bien en France qu'en Espagne !

Il y a 1 000 salariés dans LDLC, et son patron espère que le modèle va faire école, lui qui est surpris d'avoir déjà été contacté par d'autres chefs d'entreprises sur la mise en place de cette organisation.

Quand cela a été annoncé, "ça été mal vécu, on m'a dit 'patron cégétiste, de gauche', mais il n'y aura aucun problème à appliquer ce modèle, et je vais aussi me l'appliquer dans une formule différente : me servir des heures libérées pour créer d'autres projets".

32 heures et Sécurité d'emploi et de formation pour éradiquer le chômage

Défendue dans certains programmes politiques politiques, l’idée des 32 heures n'est donc pas si absurde que le disent les libéraux. Les syndicats de LDLC et la direction de ce groupe en font la démonstration.

Bien évidemment, chacun sait bien que les 32 heures ne suffiront pas pour éradiquer le chômage de masse dans notre pays.

Pour cela, les communistes proposent en cohérence avec les 32 heures, d'instituer une nouvelle liberté appelée une "Sécurité d'emploi et de formation" qui permettrait à chacun-e de choisir librement d'être dans l'emploi ou d'être dans une formation de son choix ou proposée, et cela tout au long de la carrière professionnelle.

Lors qu'il est dans l'emploi, le salarié perçoit son salaire versé par son entreprise, quand il est en formation, il perçoit une indemnité de formation au même niveau que son salaire, versée par une nouvelle institution contrôlée par les travailleurs et les organisations syndicales et alimentée par une nouvelle cotisation sociale de formation donc prise sur les richesses créées avant leur partage entre salaires et profits. Cette nouvelle liberté pour une mobilité sociale choisie, s'accompagne de la garantie de retour dans son emploi ou dans un autre emploi voire d'une autre branche d'activité de son choix.

Avec ces propositions, il est possible à la société française de s'engager dans la voie de l'éradication du chômage, du dépassement du marché capitaliste du travail, dans la conquête de nouvelles libertés avec l'émergence du "choisie" contre le "contraint" et dans une élévation culturelle de toute la société.

 

Publié dans Social, syndicats, Economie

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