Les motivations profondes des salariés de Sanofi à agir....

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Les motivations profondes des salariés de Sanofi à agir....

Le 11 janvier la CGT Sanofi, rejointe par d'autres syndicats, a appelé à la grève à partir du mardi 19 janvier. Cela n'est pas un coup d'épée dans l'eau puisque déjà hier sur le site lyonnais de Marcy l'Etoile (69) plus de 700 salariés se sont rassemblés, ont débattu et 300 se sont déclarés participants à la grève qui débute ce mardi 19 janvier.

Les motivations sont profondes.

Il y a la question des salaires quasi générale et donc qui ne surprend pas, il y a la question de l'emploi après 10 ans de restructurations multiples avec des milliers de suppressions d'emplois, des fermetures de centres de recherche et une précarisation aggravée, enfin il y a la question des investissements et des coopérations afin que le potentiel du groupe (25 000 salariés en France) débouche sur des résultats utiles à la santé et non seulement aux actionnaires ! 

Sanofi a multiplié les partenariats avec des acteurs privés américains ces derniers mois, pour être dans la course au vaccin anti- Covid-19, et pourtant la direction poursuit le démantèlement du groupe et l'externalisation des activités.

Une nouvelle réorganisation du groupe

La direction a annoncé vendredi la suppression de 1.700 emplois en Europe, dont encore 1000 en France, et une nouvelle réorganisation du groupe qui correspond à une "nouvelle stratégie" selon Olivier Bogillot, le président France du groupe.

Il s'agit en fait de l'arbre qui cache la forêt, la baisse massive du coût du travail pour dégager de nouvelles marges pour les profits et les dividendes. A chaque fois c'est l'emploi, les salaires et la santé qui trinquent !

Rappelons qu'en décembre, le groupe avait indiqué vouloir rationaliser ses dépenses, avec un objectif de deux milliards d'euros d'économies d'ici à 2022, notamment en arrêtant la recherche dans le diabète, l'un de ses cœurs de métier traditionnel, ainsi que dans le cardiovasculaire.

Nouvelle réorganisation et nouvelle méthode pour casser l'emploi !

Le plan de départs, qui doit se faire en France "exclusivement sur la base du volontariat" et s'étaler sur trois ans, concerne des postes "en CDI pour la plupart, notamment des "fonctions support, commerciales et des plateformes liées à la recherches", a détaillé M. Bogillot.

C'est la nouvelle méthode pour supprimer des emplois sans déclencher de PSE rendue possible avec les divers dispositifs découlant des ordonnances Macron. C'est ce qu'affrontent actuellement les salariés de JTEKT à Irigny où se cumulent départs volontaires en retraite anticipée, départs avec rupture conventionnelle individuelle, démissions "volontaires", ruptures de contrats dues à l'inaptitude au travail suite à accident du travail et maladie musculo-squelettique enfin licenciements pour celles et ceux qui ne veulent pas partir. Ainsi à JTEKT sur 762 départs ciblés, seuls 219 font partie du PSE.

Dans une réunion prévue lundi, Sanofi présentera aux syndicats les compensations qui seraient proposées aux salariés et l'enveloppe prévue pour financer ce guichet départs.

Seront concernés "certains sites en Ile-de-France sur les fonctions support, au siège international rue de la Boétie à Paris, au campus val de Bièvre (Val-de-Marne) ou d'autres endroits en France, mais surtout sur nos sites tertiaires", a indiqué le président France. Il n'y aura pas de fermeture d'usine, a précisé Sanofi.

Chiffre d'affaires et dividende en hausse, la CGT dénonce "un démantèlement"

La Tribune rappelait hier que "Le groupe affichait un chiffre d'affaires au premier trimestre de près de 9 milliards d'euros, soit une hausse de 6,9% due pour moitié à la pandémie de Covid-19, pendant laquelle ses ventes de médicaments anti-douleur.

Le groupe a prévu de verser un dividende supérieur à celui de l'année précédente à ses actionnaires, pour un montant total de près de 4 milliards. A contre-courant de nombre d'entreprises qui ont soit réduit, soit annulé leur dividende en raison de la crise sanitaire."

La CGT Sanofi a dénoncé ce nouveau plan, "c'est la poursuite du démantèlement du groupe et de l'externalisation des activités. Sanofi veut passer d'un total de 300 médicaments à vendre à seulement une centaine. On a l'impression que le groupe ne veut conserver que ce qui est le plus rentable", selon Thierry Bodin de la CGT Sanofi.

Sanofi, qui est l'un des principaux acteurs mondiaux dans la production de vaccins, travaille au développement de deux vaccins contre le Covid-19, attendus courant 2021. Il avait annoncé à la mi-juin 610 millions d'investissements pour doper ses vaccins et créer une nouvelle usine en France notamment dans la région lyonnaise.

Après la venue de Macron annonçant le soutien de l'Etat, la question est logique : la Région lyonnaise sera t-elle épargnée par ce nouveau plan de casse ?

"On nous a dit officiellement que les sites lyonnais ne seraient pas impactés par ces nouvelles suppressions, mais cela est d'autant plus facile à dire que nous avons déjà fait face à plusieurs plans au cours des années précédentes, les effectifs ont déjà été coupés", résume la CGT.

Et ce n'est pas la création d'une nouvelle usine de production de vaccins sur le site de Neuville-sur-Saône (490 millions d'euros d'investissements) prévue d'ici 2025, ou les 120 millions d'euros affectés à un nouveau centre de R&D pour lutter contre les maladies émergentes à Marcy l'Etoile d'ici fin 2024, qui vont rendre les salariés amnésiques et calmer leur colère comme on a pu le constater sur le site de Marcy l'Etoile hier.

"Il est bien d'investir sur la création d'un nouveau bâtiment, mais nous avons beaucoup de retard à rattraper au cours des dernières années. Il ne faut pas oublier que si la recherche se casse la figure, la production sera nécessairement impactée quelques années plus tard", ajoute Jean-Louis Peyren, coordinateur CGT-Sanofi.

 

 

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