Patrick Le Hyaric : il est de la reponsabilité de l'Etat d'assurer le pluralisme de la presse

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Patrick Le Hyaric : il est de la reponsabilité de l'Etat d'assurer le pluralisme de la presse
Beaucoup de celles et de ceux qui ont l’habitude de s’informer sur l’actualité sportive, nationale ou internationale, avec nos confrères de L’Equipe sont frustrés de ne pas trouver leur journal depuis une semaine. Ce quotidien d’autant plus lu que les enjeux sportifs sont importants est précisément victime de la réduction des compétitions sportives.
 
Comme dans d’autres journaux, des plans d’économies et de réductions d’effectifs sont en cours. Ces nouvelles inquiétantes surviennent après d’autres qui concernent désormais tous les journaux et menacent le pluralisme.

Ce mot, parfois incompris ou galvaudé, est porteur d’une charge culturelle mésestimée. En effet, moins de journalistes dans un journal c’est forcément moins d’enquêtes, moins de reportages, moins d’expertises faute de temps et de personnes pour les réaliser. Car faire un reportage, ou une enquête nécessite du temps, des échanges, des jours d’observations avant d’écrire son article. La qualité des journaux dépend donc du nombre de journalistes qui y travaillent et des moyens qu’on peut leur donner. Sans cela, l’uniformisation de l’information va se poursuivre, à priori de façon « naturelle » mais en fait à cause d’une insidieuse mécanique, mortifère pour sa qualité. Il y a bien ici un combat large à mener, non pas seulement pour empêcher des suppressions d’emplois –voir de services– dans les journaux et médias mais pour disposer de plus de journalistes et de médias traitant de l’actualité à partir « d’angles différents », faisant vivre la controverse politique, économique, sociale, idéologique, culturelle. C’est en ce sens qu’il est de la responsabilité constitutionnelle de l’Etat d’assurer ce pluralisme et d’empêcher la concentration accentuée des médias et journaux.

J’ai la semaine dernière ici même porté une violente critique non pas contre l’Etat mais contre les banques qui refusent d’octroyer un prêt non pas à l’Humanité mais à l’une de ses filiales, la régie publicitaire et d’événementiel Comédiance.

Vous avez été des centaines à relayer notre message sur les réseaux sociaux, provenant d’horizons divers, citoyens d’origines militantes multiples dont de nombreux parlementaires de différents groupes au Sénat et à l’Assemblée nationale. Nous vous remercions toutes et tous.
 
Cet engagement a porté de premiers fruits non pas auprès des deux banques en question mais auprès du pouvoir politique qui, depuis plusieurs heures, s’engage pour trouver une solution.

Quel est notre problème ?
 
Les budgets de communication publicitaire ont diminué et notre régie n’a pu organiser les événements prévus en 2020. Ceux-ci sont reportés pour cette année et 2022. Ceci fait que le modèle économique de Comédiance sur trois ans est parfaitement viable et est capable de supporter le remboursement d’un emprunt. Or, sous couvert de la fragilité de la presse et du fait que nous n’avons pas fait d’emprunt ces dernières années, ces banques nous ont confirmé en termes peu sympathiques vendredi matin en présence de l’un des commissaires à l’exécution du plan de continuation de l’Humanité qu’il refusait définitivement un prêt garanti par l’Etat, violant ainsi la convention qu’elles ont signé avec celui-ci pour le soutien aux entreprises, à l’emploi et à l’économie.

Ceci est totalement insupportable. D’autant plus que tous les journaux (à l’exception d’un magazine départemental) ont bénéficié de tels prêts et que le groupe Lagardère en a obtenu un d’une valeur de 465 millions d’euros.

Notre demande est de 2,3 millions d’euros. C’est donc bien une volonté de nous prendre à la gorge, alors que ces banques ne prennent strictement aucun risque. Nous allons donc mener toute cette semaine encore le combat pour obtenir satisfaction. 
 
Patrick Le Hyaric
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