Déclaration de la section du PCF de Pierre-Bénite : Mais où vont les écolos de la Métropole de Lyon ?

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Photo d'une initiative communiste du Rhône pour l'emploi en octobre 2020

Photo d'une initiative communiste du Rhône pour l'emploi en octobre 2020

Des annonces inquiétantes, voire contradictoires avec les engagements politiques d’EELV lors de sa campagne électorale, s’accumulent depuis plusieurs semaines.

Il en est ainsi pour Jtekt à Irigny.

Le syndicat CGT a sollicité l’intervention de la métropole, en vue de résister à la politique de la direction du groupe Jtekt qui délocalise des productions et une partie de la recherche, et veut détruire près de 800 emplois sur le site d’Irigny.

Or, la réponse du Président de la Métropole de Lyon s’en tient au plan de communication de la direction de Jtekt qui prend prétexte de la crise sanitaire. De plus, il fait sienne l’optimisation des lois Macron par le groupe Jtekt, qui lui permettent de supprimer ces 800 emplois sans les garanties minimum apportées par un plan de licenciements.

Bruno Bernard recevra prochainement la CGT qui clarifiera et rappellera que des financements publics ont été apportés par l’ancienne majorité métropolitaine au site Jtekt Irigny. L’heure n’est plus à la contestation non fondée du versement de ses fonds. L’enjeu aujourd’hui est la vie de plusieurs centaines de famille présentes dans les villes du territoire, le maintien de productions utiles en France plutôt qu’importées. Lier développement économique et social avec préservation de la planète ne doit pas rester au fond des cartons de campagne électorale !

Il en est ainsi de l’Hôpital Henry Gabrielle à Saint-Genis-Laval.

Le Comité de Mobilisations pour la Santé et la Sécurité Sociale (COMOSASS) de notre territoire « Lônes et coteaux du Rhône » a fait savoir qu’il a été reçu par la métropole dont M. Blanchard, Vice-président à la santé, pour faire le point des engagements pris pendant la campagne électorale concernant le devenir de cet Hôpital.

En juin 2020, en procédure d’urgence, une délibération a été votée et confirmée en janvier de cette année. Or, pour le COMOCASS, ces délibérations attribuent un financement public qui pose la première pierre du démantèlement de l’hôpital Henry Gabrielle, de son transfert au Vinatier et de la privatisation de certaines de ses activités.

M. Blanchard s’est refusé à s’engager sur une remise en cause de ces délibérations et s’est réfugié derrière le cadeau empoisonné laissé par Kimelfeld en juin 2020, mais se dit en accord avec l’instrumentalisation du projet ARRPAC qui préfigure ce démantèlement et cette privatisation de l’activité « recherche appliquée » effectuée actuellement au sein d’H. Gabrielle. Pourtant, dans leur lettre du 6 févier 2020, Messieurs Kholhass, Artigny et Perez écrivent :

« Pour toutes ces raisons Saint-Genis Verte et Solidaire et Maintenant Lyon ont décidé d’apporter leur soutien aux membres du Collectif Henry Gabrielle aujourd’hui et pour le futur ». Ils poursuivent : « Le handicap est une compétence essentielle de la Métropole en matière d’action sociale, une Métropole dynamique et vertueuse devrait se féliciter d’avoir des compétences fortes réparties sur l’ensemble de son territoire, contribuant au développement de tous, plutôt que de chercher à tout concentrer au cœur de la ville centre...Sacrifier cet équipement adapté aux besoins des grands blessés, traumatisés et handicapés serait une grave erreur. »

Le Comité est indigné par le manque de transparence de M. Blanchard, qui a caché la participation de la métropole à un comité de pilotage réunissant les HCL et l’ARS, devant entériner le démantèlement et le déménagement d’Henry Gabrielle.

Les déclarations du maire de Saint Genis Laval affirmant que l’actuel terrain d’Henry Gabrielle abriterait une activité médico-sociale ne sont pas du tout rassurantes.

Le COMOSASS va interpeler les groupes politiques de gauche de la métropole afin de protester contre cette disposition. Pour notre part, nous exigeons que les engagements de campagne soient tenus. H. Gabrielle doit rester à Saint-Genis-Laval, avec les moyens nécessaires à son développement afin de satisfaire les besoins de santé des habitants de la métropole.

Il en est ainsi du Sytral.

Nous sommes informés, comme les usagers des TCL, du projet du Sytral d’émettre un appel à candidature pour une étude de mise en allotissement (entreprise découpée en plusieurs lots) afin de favoriser la mise en concurrence du réseau de transports lyonnais en ouvrant la gestion de chaque lot aux grandes multinationales du transports de voyageurs : Keolis, RATP Dev, Transdev et autres.

C’est un acte grave qui briserait le Service Public, le privatiserait et conduirait à l’éclatement du statut des salariés au nom de la baisse du coût du travail et la maximalisation des profits.

Pourtant la démonstration a été faire que le service public était efficace, de qualité avec une mise en cohérence des différentes fonctions, au point que le magazine « Ville, rail et transport » à décerné la Palme d’Or 2019 pour la qualité et la performance du réseau TCL.

Pourquoi casser quelque chose qui marche bien et qui excelle dans son domaine ? La Métropole de Lyon aurait-elle adopté la logique libérale de marchandisation et de privatisation du service public du transport collectif ? Le projet Hercule dans l’énergie ferait-il des émules ?

Le cas du Sytral et des TCL, nous conduisent à interpeler la majorité de gauche du Conseil Métropololitain afin qu’un tel projet ne voit pas le jour et soit combattu fermement car contraire aux engagements de campagne d’EELV !

Au contraire, nous avançons l’idée que le Syral favorise un mode de gestion directe avec un réseau unique afin que l’argent public et celui des usagers reste dans la sphère publique, garantisse l’efficacité économique et sociale, la performance énergétique et la sécurité.

Enfin, il en est ainsi dans l’énergie.

Si EELV et les communistes ont sur certains sujets des convergences leur permettant d’agir ensemble, tel n’est pas le cas dans le domaine de l’énergie.

Les communistes se prononcent pour un mix-énergétique couplant le nucléaire civil incontournable, aux énergies renouvelables dans le cadre d’un service public de la filière énergétique, alors qu’EELV prône la fin du nucléaire et voudrait même atteindre 100 % de production d’énergie avec les ENR, ce qui suppose la fermeture de tous les réacteurs nucléaires installés en France. Ce débat existe, il doit se poursuivre avec une argumentation rationnelle afin que le bon sens l’emporte et guide les choix politiques à venir.

Nous faisons remarquer que la position d’EELV est très risquée et peu réaliste.

En effet, la fermeture des centrales nucléaires conduirait notre pays, du jour au lendemain, dans l’incapacité de fournir assez d’électricité pour produire, se chauffer, se transporter, s’éclairer. Aux « blackout » prévisibles, s’ajouterait l’importation d’électricité non décarbonée et son renchérissement, mettant ainsi en cause notre indépendance énergétique, notre souveraineté et la lutte contre les Gaz à Effet de Serre (GES).

Se prononcer, comme le font certains élus EELV, pour la fermeture de la centrale du Bugey et la mise en cause du site de Tricastin, sont des actes graves qui emboîtent le pas au projet Macron qui veut supprimer 14 réacteurs d’ici 2035.

Les communistes ne laisseront pas faire. Ils seront aux côtés des salariés de l’énergie pour défendre l’ensemble de la filière énergie et notamment un mix-énergétique s’appuyant sur le nucléaire civil, la recherche nucléaire avec le CEA et les ENR et un retour au service public afin de garantir l’efficacité économique, sociale, écologique et la sécurité.

Tels sont les projets et actes connus et inquiètants car n’étant pas de nature à ouvrir un chemin à une politique de gauche à la métropole. L’espoir des habitants de la métropole suite à la victoire des forces de gauche et écologistes en juin 2020, et aux engagements qu’elles ont pris, doit se concrétiser avec des actes qui rompent avec le libéralisme des Collomb et Kimelfeld. Les salariés et les citoyens doivent se faire entendre, se mobiliser pour qu’il en soit ainsi.

Ils peuvent compter sur les communistes pour que les engagements pris soient respectés car ils sont à la base d’une nouvelle politique économique, sociale et écologique tant attendue par nos concitoyens et ce qu’elle que soit leur profession, leur région et leur commune.

Pierre-Bénite le 10 février 2021