Intervention de Denis Durand au CN du PCF du 30 janvier

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Intervention de Denis Durand au CN du PCF du 30 janvier

Je rejoins un point, et un seul, de l’intervention de Pierre Laurent : la façon très antidémocratique et très propice à la division dont a été préparée la conférence régionale en Île-de-France est l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire pour nos prochains débats.

La course de vitesse entre le virus et les moyens de le combattre n’est pas le seul aspect angoissant de la situation.

En ce moment, l’économie – et avec elle toute la société – ne tient que sous perfusion d’argent apporté par les États avec un financement plus ou moins direct par les banques centrales. La BCE a augmenté son bilan de 2 000 milliards d’euros depuis mars 2020. Les autres grandes banques centrales en ont fait autant. Elles vont continuer, même si la pandémie se calme, car si elles arrêtent, l’économie s’effondre, à commencer par les Bourses qui sont l’objet de toute leur sollicitude. Mais jusqu’où ? Combien de temps l’économie peut-elle tenir en apesanteur avec de l’argent qui coule à flot pendant que la création de richesses s’effondre ? Ça donne le vertige.

Tout dépendra d’une chose : aujourd’hui, et demain si l’épidémie reflue, est-ce qu’il y aura assez de femmes et d’hommes sur la planète, avec une bonne formation, pour créer efficacement les richesses indispensables à tous les habitants de la planète pour manger à leur faim, accéder aux médicaments, à l’eau, à l’énergie, aux informations, aux services essentiels qui sont la condition d’une vie civilisée ? C’est pourquoi il n’y a rien d’aussi important, pour aujourd’hui et pour l’avenir, que de sécuriser l’emploi et la formation : c’est répondre aux exigences sociales immédiates et c’est la condition vitale d’une issue à la crise.

Évidemment, faire ça n’est pas rentable ! Ça augmente le coût du travail ! Mais c’est bien de cela qu’on crève aujourd’hui et qu’on risque de crever au sens propre demain : la rentabilité capitaliste ! Les grands groupes suppriment des emplois à tour de bras avec la bénédiction des marchés financiers.

Macron les aide et refuse toute embauche dans les services publics au nom du cantonnement de la dette ! Ils préparent donc une catastrophe sociale et écologique comme relais de la crise sanitaire et économique.

Mais la gauche dans l’état où elle est aujourd’hui ne peut pas relever ce défi. Redistribuer par l’impôt des richesses que le capital ne veut plus créer ? faire payer les dégâts du capital par la collectivité en faisant de l’État l’« employeur en dernier ressort » comme le propose Jean-Luc Mélenchon ?

Voilà autant de façons dérisoires, non pas de corriger les défauts du capitalisme comme ils le croient, mais bien plutôt de l’assister dans son œuvre de destruction de la civilisation. C’est ridicule ! Aucune chance de réaliser un rassemblement majoritaire sur ces bases. Aucune chance de faire face à la poussée de Marine Le Pen.

C’est bien pourquoi la présence dans l’arène politique, avec une candidature communiste à l’élection présidentielle, de la seule force qui axe son action sur la bataille contre la domination du capital est une nécessité vitale. Pour la gauche et son unité, pour battre la droite et l’extrême-droite, pour le peuple de France et même au-delà. Pas une candidature identitaire ou de témoignage, trois petits tours et puis s’en va !

La priorité, pour y parvenir, est de marquer beaucoup plus fortement, dans notre résolution, l’importance structurante de notre campagne pour l’emploi dans notre bataille pour des objectifs immédiats ouvrant la perspective d’un changement politique à la hauteur de la crise que nous vivons.

Dans les premières étapes de cette campagne, nous avons constaté que l’objectif d’éradication du chômage fait mouche chez nos interlocuteurs. Mais c’est un objectif qu’on n’atteindra pas par décret. C’est l’objet d’une bataille qui va jusqu’au dépassement du marché du travail capitaliste mais qui commence maintenant dans les luttes contre les suppressions d’emplois, pour les embauches massives dans les hôpitaux et dans tous les services publics avec des pré-embauches de jeunes, avec un plan d’urgence pour sauver nos millions de PME-TPE en les émancipant du coût du capital.

C’est une bataille dans laquelle les élections régionales sont une étape stratégique avec notre exigence de conférences régionales pour l’emploi, la formation et la transformation productive et écologique.

Publié dans PCF

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