Pour une autre utilisation de l'argent par Jean-Marc Durand

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Pour une autre utilisation de l'argent par Jean-Marc Durand

L’affaire des vaccins atteste s’il en était besoin combien est nocive pour les populations et la planète, la loi du profit capitaliste. Aujourd’hui les grandes multinationales du médicament, les Big Pharma comme les appelle, ne sont pas en capacité de produire le nombre de vaccins nécessaires pour protéger les citoyens, faute de moyens autant humains que matériels.

Sanofi tient la corde en ce domaine. A force d’économiser sur les investissements développant l’emploi et la formation et donc être capable de faire face à la demande, y compris à des demandes exceptionnelles, Sanofi a fait le choix, au risque d’être totalement dépassé, de satisfaire la rentabilité du capital, s’apprêtant en pleine période de crise sanitaire à distribuer 4 milliards d’euros à ses actionnaires. C’est non seulement indécent mais criminel.

Et que dit Emmanuel Macron à ces élites industrielles qui ne doivent leur existence et leur pouvoir qu’à des financements auxquels chaque français a largement concouru ? Sa réponse c’est aller faire un tour dans les grandes Écoles pour nous refaire le coup de l’ouverture des lieux de formation des élites aux milieux populaires. C’est l’hôpital qui se fout de la charité ! Bien sûr qu’il faut ouvrir l’accès aux grandes écoles à tout le monde mais ce dont elles souffrent avant tout et ce qui conditionne leur accès, c’est la logique économique et sociale au service de laquelle elles sont, c’est-à-dire la soumission au dogme de la finance et à la recherche du profit à tout prix.

Voilà le mal dont souffre la France, l’Europe et le Monde. Alors que la situation sanitaire exige comme jamais des investissements pour l’homme et l’environnement afin de préparer l’avenir et d’éviter les catastrophes sociales économiques, écologiques qui se préparent, la pression monte sur les questions de dette et de son remboursement. L’objectif est de préparer les citoyens à accepter de rembourser une dette qui est la conséquence de la gabegie engendrée par la course à la rentabilité. Le débat sur la dette est donc relancé. Pour nous, communistes, la dette doit être considérée comme une avance pour faire face à la crise. Deux conceptions de la dette monétaire s’affrontent : celle qui la considère avant tout comme une avance pour des dépenses, celle qui la considère avant tout comme un devoir moral. De nos jours, avec la bataille idéologique qui s’est développée, nous sommes pénétrés de la seconde. Pourtant, factuellement, c’est bien la première qui est juste.

Au fond il y a un affrontement sur les enjeux de contenu, les questions de « classe » comme on dit (au sens vraiment marxiste : capital versus êtres humains et nature) et les questions de démocratie. N’acceptons pas un chantage super-austéritaire au nom du remboursement de la dette dont nous serions tous, prétendument, solidaires. Aujourd’hui il faut une expansion écologique et sociale en France et coordonnée en Europe. Une expansion par l’écologie et le social, pas par le capital, c’est-à-dire une expansion dont l’emploi, la formation et les services publics sont le moyen dès l’entrée et non une résultante aléatoire finale parmi d’autres.

C’est l’objet de la création d’un Fonds européen d’expansion sociale et écologique appuyé par la BCE. L’article 123.2 du TFUE l’autorise formellement – même si cela va à l’encontre de l’esprit austéritaire et pro-marchés financiers des rédacteurs initiaux. La mise en place d’un tel Fonds sans attendre, et sans ouvrir une aléatoire renégociation des traités est possible. Nous pouvons la travailler dès le niveau régional et national par la mise en place de fonds pour l’emploi et la formation.

Publié dans Economie

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