7 mars : Pierre Sémard est assassiné par les nazis

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

7 mars : Pierre Sémard est assassiné par les nazis
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Paris, le 10 mars 1945 : de la gare de Lyon au cimetière du Père Lachaise, ont lieu les obsèques de Pierre Semard, fusillé par les allemands le 7 mars 1942.

Raymond Tournemaine, secrétaire général de la Fédération C.G.T. des cheminots, rend hommage au défunt en évoquant entre autre son rôle dans la grève de 1920 ; il cite également la lettre attribuée à Pierre Semard dans laquelle celui-ci réitère sa confiance en Staline et dans l'Armée Rouge.

Gaston Monmousseau parle à son tour de l'ancien secrétaire général de la Fédération des cheminots et souligne ses dons d'analyse et d'éloquence, d'agitateur et d'éducateur.

Après L'Internationale et la levée du corps (le cercueil est porté par quatre cheminots), on assiste au lent défilé de la foule jusqu'au cimetière. Les drapeaux rouges, les drapeaux tricolores et les bannières syndicales sont tous barrés d'un crêpe noir. A la tête du cortège, un immense portrait de Pierre Semard porté par huit cheminots en tenue de travail. Derrière le corbillard et la famille (où l'on reconnaît le frère de Pierre Semard), suit la délégation du Comité Central (André Marty, Maurice Thorez, Jacques Duclos...).

Au père Lachaise, selon le commentaire, des dizaines de milliers de personnes défilent devant la sépulture du dirigeant syndical et communiste, située près des tombes de Paul Vaillant-Couturier et de Henri Barbusse. On relève une banderole de l'ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), une gerbe offerte par « La coopérative des porteurs de Saint Lazare » et la présence, dans la tribune qui domine le défilé, d'Étienne Fajon, aux côtés des dirigeants communistes.

Pierre Semard, Héros de la Liberté inaugure les nombreux hommages que le mouvement ouvrier consacrera à la mémoire du dirigeant communiste et syndicaliste.

Quelques minutes avant d'être fusillé, Pierre Sémard écrivit la lettre ci-après, adressée au Comité Central du Parti Communiste.

Chers amis,

Une occasion inespérée me permet de vous transmettre mon dernier mot, puisque dans quelques instants je serai fusillé.

J'attends la mort avec calme. Je démontrerai à mes bourreaux que les communistes savent mourir en patriotes et en révolutionnaires.

Ma dernière pensée est avec vous, camarades de lutte, avec tous les membres de notre Grand Parti, avec tous les Français patriotes, avec les héroïques combattants de l'Armée Rouge et son chef, le grand Staline. Je meurs avec la certitude de la libération de la France.

Dites à mes amis, les cheminots, que ma dernière volonté est qu'ils ne fassent rien qui puisse aider les nazistes.

Les cheminots me comprendront ; ils m'entendront ; ils agiront; j'en suis convaincu.

Adieu, chers amis, l'heure de mourir approche. Mais je sais que les nazistes, qui vont me fusiller, sont déjà vaincus et que la France saura poursuivre le grand combat.

Vivent l'Union Soviétique et ses Alliés ! Vive la France.

Pierre SÉMARD.

Biographie de Pierre Sémard par André MARTY
Membre du Comité Central
du Parti Communiste Français,
Député de Paris.

Publié dans Histoire, syndicats, PCF

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