Appel de la CGT à ses syndicats

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Occupation de l'Opéra de Lyon après le TNP Villeurbanne

Occupation de l'Opéra de Lyon après le TNP Villeurbanne

Le mouvement d’occupation des lieux culturels, à l’initiative de la CGT spectacle, continue de s’étendre.

Près de 60 lieux sont aujourd’hui concernés. L’Odéon est occupé depuis le 4 mars pour appuyer des revendications professionnelles mais aussi interprofessionnelles concernant les droits sociaux, dont voici les principales :

  • Une clarification de la réouverture des lieux culturels, injustement traités par rapport à d’autres lieux accueillant du public
  • Un plan de reprise, à travers un soutien à l’emploi avant et après la réouverture, qui sera forcément partielle et dans des conditions dégradées. Une réouverture qui ne permettrait qu’à une personne sur quatre de travailler ne résoudrait pas la situation des professionnel-les et ne permettrait pas la diversité de spectacles offerts au public.
  • La garantie d’accès à l’assurance chômage, aux congés maladie / maternité et à tous les droits à la médecine du travail, la prévoyance, les congés...

On peut donc résumer cette lutte par deux axes :

  • Des mesures pour permettre de travailler au moins à une hauteur proche de 2019
  • La garantie de tous les droits sociaux

Concernant les droits sociaux, le combat dépasse celui du seul champ des intermittents du spectacle.

Indemnités journalières de sécurité sociale.

De nombreuses artistes et techniciens intermittents du spectacle passent sous le seuil d’indemnisation au congé maternité et sont concernés par la difficulté d’accès aux congés maladie. Les seuils n’ont pas été aménagés pour tenir compte de la crise. Or cette situation n’est pas du tout spécifique à ces professions, même si elle y est critique, et la réglementation non plus.

Après six mois sans réponse, le premier ministre a indiqué que les décrets seront bientôt pris pour revoir les seuils. Nous considérerons que le problème sera réglé lorsque ces derniers seront parus. Il s’agit donc bien d’un combat pour toutes les travailleuses et travailleurs précaires.

Assurance chômage

Le contexte est celui d’une réforme de l’assurance chômage qui baisse les droits de façon drastique au 1er juillet de 800.000 personnes, en changeant le mode de calcul. Celles et ceux qui sont concernés sont déjà les victimes de la crise : intérimaires, saisonnier-es, extras hôteliers, guides conférencier-es, agents de sécurité, personnel de santé en renfort, etc, bref tous les Cdd qui alternent chômage et précarité, et qui arrivent déjà péniblement (une fois sur deux) à obtenir une petite indemnisation du chômage.

Un deuxième volet de la réforme doit entrer en vigueur à une date indéterminée en 2022, sous réserve de baisse du chômage, pour durcir les seuils d’accès, une mesure particulièrement anti-jeunes mais qui impactera aussi tous les nouveaux entrants.

Le gouvernement voudrait dissocier la question des droits au chômage des intermittents du spectacle, des autres travailleuses et travailleurs précaires, intermittents hors spectacle. Il prétend assurer une nouvelle prolongation des droits aux intermittents du spectacle après le 31 août («année blanche») tout en poursuivant sa réforme pour les autres. Une mission a été confiée à un expert, M. Gauron pour faire des propositions concernant les seuls intermittents, avec une lettre très ambiguë qui fait référence aux économies du régime général.

Les agents de sécurité, les personnels d’accueil, des relations presse, les extras hôteliers, etc., travaillent souvent sur les mêmes événements, par exemple les festivals que leurs collègues artistes et techniciens intermittents du spectacle.

Dans toutes les occupations, et pour la CGT spectacle, le mandat est très clair : Les salariés intermittents du spectacle ne peuvent pas être «sauvés» seuls. C’est à la fois une question de solidarité, et une lucidité sur le fait que le régime spécifique d’assurance chômage (annexes 8 et 10) n’y survivrait pas : une renégociation de l’assurance chômage est en effet prévue à l’automne 2022, juste après la présidentielle.

Que peut faire la CGT ?

Les unions départementales et locales apportent déjà un très fort soutien à de nombreux lieux d’occupation. Plusieurs d’entre elles ont été impliquées dès le départ dans l’organisation de ces actions. Des fédérations ont apporté leur soutien, également très apprécié (un duvet et un matelas pour dormir mieux cela permet de tenir plus longtemps !)

L’ampleur du soutien dans la CGT et dans l’opinion publique montre que ce n’est plus seulement un mouvement de revendications professionnelles pour les travailleurs qui souhaitent, comme dans tous les secteurs, retrouver un emploi et obtenir la garantie de tous leurs droits sociaux.

3 Les soutiens qui s’expriment montrent aussi le ras le bol du manque de partage, de convivialité, d’échange, entre autres de culture, et le ras le bol de la précarité.

Les débats et les festivités devant les lieux culturels occupés, montrent le besoin, le désir des citoyen-nes de voir préserver autre chose que les rapports marchands et individualisés, qui sont aujourd’hui les seuls choix du gouvernement.

Service public, emploi, salaire, culture, droits sociaux et liens collectifs :tout cela s’exprime !

Après discussion avec plusieurs unions départementales et fédérations, la direction confédérale propose que cette mobilisation permette de faire le lien avec les luttes en cours dans les entreprises pour l’emploi, les salaires et la protection sociale. A l’image ce qui s’est fait entre les salariés de la SAM en Aveyron et les occupants du théâtre de l’Odéon.

Ces dernières semaines ont vu l’organisation de bureaux d’embauches se multiplier dans plusieurs départements pour exiger des embauches dans les services publics ou certaines entreprises.

Des Unions Départementales ont d’ores et déjà décidé pour donner un prolongement à l’occupation des lieux culturels de mettre en place des bureaux d’embauches dans des lieux de service public fermés, y compris sous forme d’occupations de lieux non culturels.

Ce processus de lutte n’entend pas se substituer aux actions professionnelles ou locales, encore moins imposer des méthodes d’action, notamment aux camarades en lutte pour préserver leurs emplois et ainsi éviter le chômage.

Il s’inscrit dans la démarche de multiplication des luttes voulue par le CCN.

Le 4 pages contact «pour l’emploi, imposons une autre logique» en est un outil essentiel. (voir en pièce jointe plus haut) Sa diffusion doit s’organiser dans toutes les entreprises

La direction Confédérale appelle donc les organisations à organiser les actions dans les entreprises, à multiplier les bureaux d’embauche, à faire converger les mobilisations en cours pour gagner l’annulation de la réforme de l’assurance chômage, l’amélioration des droits pour toutes et tous, comme le porte notre projet de sécurité sociale professionnelle, et défendre l’emploi, les salaires et les services publics.

Le 16 mars 2021

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article