Comment lutter efficacement contre la convid 19

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Comment lutter efficacement contre la convid 19

Macron ne veut pas bouger de sa politique face à la covid 19 qui pourtant continue à gagner du terrain, au point que nous approchons des 100 000 morts !

Certes des mesures sont prises, parfois contradictoires mais souvent incompréhensibles par nos concitoyens. Gestes barrières, couvre feu, confinement partiel ou total selon la progression de l'épidémie dans les départements et vaccination. Pourtant l'épidémie progresse, elle a atteint un tel niveau que nos capacités hospitalières sont à nouveau débordées notamment le nombre de lits de réanimation pour les patients les plus exposés.

Olivier Véran avait annoncé qu'il était possible de monter à 10 000 lits de réanimation. Promesse en l'air, nous sommes toujours à 5000 !

La saturation est telle que des transferts de patients d'hôpital à hôpital sont organisés. Une nouvelle et grave étape vient d'être franchie avec l'annonce que selon les hôpitaux les médecins seront amener à choisir entre ceux qui seront soignés et ceux qui seront abandonnés à la mort. Inhumain pour les patients et pour les soignants qui vont être confrontés à une telle épreuve qui est le contraire de la raison de leur profession et de leur engagement : soigner et sauver des vies !

Comment notre système de santé, un des plus performants au monde, en est arrivé dans cette situation catastrophique ?

Il suffit de regarder le tableau ci-dessous qui est très éclairant sur les résultats des politiques libérales mises en oeuvre depuis 15 ans.

 

 

C'est cette même politique que Macron a aggravée depuis qu'il est en responsabilité et quel que soit le gouvernement en place, celui d'E. Philippe ou celui de J. Castex.

Certes depuis un an, nous sommes abreuvés de chiffres et de rappels à l'ordre, mais très rarement informés des dispositions nouvelles prises par le gouvernement pour ouvrir de nouveaux lits, former et embaucher massivement des infirmières et ds aides soignantes, des médecins, ouvrir des usines de production de matériels indispensables aux soignants et aux patients, lancer des usines de production de vaccins et accentuer la recherche dans le domaine médicale. Rien ne bouge !

En fait conformément à sa logique, le gouvernement tente avec des artifices de maintenir les moyens humains et matériels nécessaire pour lutter contre l'épidémie à l'intérieur de l'enveloppe financière qu'il s'est donnée, quoi qu'il en coûte !

C'est un pari morbide, car depuis l’émergence du variant anglais, la situation sanitaire est telle que dans nombre d’établissements scolaires, le personnel n’en peut plus, quand il n’est pas lui-même infecté. Déjà de nombreuses écoles ont du fermer. C'est un pari manifestement perdu par Blanquer et Macron : celui de maintenir les écoles ouvertes coûte que coûte. Macron a du se rendre à l'évidence, il fait fermer les écoles pendant trois semaines a t-il décrété.

Cela ne serait pas arrivé si dès la fin janvier les décisions énergiques, rationnelles et cohérentes et courageuses avaient été prises alors que tous les signaux montraient qu'une troisième vague se préparait qui n'épargnait pas l'enseignement. Aujourd'hui, et encore une fois, il faut agir dans l'urgence, mettre les gens devant les faits accomplis en les appelant à l'effort. Mais sans soit mis sur la table l'ampleur des problèmes auxquels nous ont amenés les choix faits ces 15 dernières années. Au final, l'hôpital n'en peut plus, la vaccination tourne au ralenti car nous sommes dépendants de l'extérieur, les écoles ferment, nombre de salariés seront au chômage partiel avec des pertes de salaires, les commerces, la culture, les loisirs sont sinistrés !

Un tiers des salariés déclare souffrir de dépression. Le chiffre a presque doublé en quatre mois !  Et que dire de notre jeunesse, de ces étudiants contraints de faire la queue aux soupes populaires.

Certes le Covid est là, mais arrêtons de penser que le pouvoir actuel, Macron et Castex "ont fait tout ce qu'il fallait pour stopper la pandémie" et que personne n'aurait fait mieux ! C'est faux, depuis un an, il était possible de faire d'autres choix que de jouer à la roulette russe. On ne joue pas avec la pandémie, il en va de notre santé et de la vie.

Tout de suite des lits de réanimation doivent être ouverts, du personnel embauché et formé, des usines de production de vaccins mobilisées voire construites, des chercheurs mobilisés en plus grand nombre avec y compris la constitution immédiate d'un pôle public du médicament afin de prévoir, de mobiliser, de produire et de maîtriser avec en premier lieu des brevets qui soient dans le domaine public afin de permettre leur accès aux peuples du monde sans que cela soit prétexte à une rentabilité du capital.

Il est urgent que les soignants avec les citoyens agissent, revendiquent et clament très haut : "ça suffit ! On veut des milliards pour l'hôpital et la santé, pas pour le capital !" comme le réclame depuis plus d'un an le parti communiste avec une pétition en ligne qui portait des exigences fortes, toujours de pleine actualité, et qui avait recueilli plus de 110 000 signatures dans tout le pays.

Il faut en finir avec cette logique néolibérale que les gouvernements successifs ont mené avec acharnement, malgré les alertes incessantes des personnels soignants et des usagers et les mobilisations exceptionnelles qui se sont développées. La santé de la population, au lieu d'être considérée comme une priorité et un facteur éminent du développement humain, est réduite à une « charge » contenue dans des objectifs comptables malthusiens définis a priori, sans rapport avec les besoins.

Dans notre région Aura, l'ARS, s'inscrivant pleinement dans les objectifs d'économies, de regroupement hospitaliers et de privatisations, met en oeuvre un Plan Régional de Santé (PRS) refusé par la quasi-totalité des syndicats et nombre de collectivités locales.

La communication gouvernementale ne saurait faire oublier les manques de matériels essentiels, de lits, de vaccins qui résultent de ses décisions. Sa posture arrogante et technocratique face aux mobilisations ne serait cacher l'échec sans appel dans lequel les décisions de regroupements hospitaliers, de fermetures de lits et de services, les pénuries élémentaires de matériels et les conditions inhumaines de travail ont placé le système hospitalier dans l'incapacité à faire face à la pandémie.

Face à la progression de l'épidémie, à la multiplication des variants, il y a besoin :

  • D'un plan d'urgence à hauteur des besoins évaluer à plus de 10 milliards avec la formation et l'embauche de plusieurs milliers de salariés.
  • La création d'un pôle public du médicament.
  • De commissions départementales et régionales associant tous les acteurs (soignants, usagers, élus, représentants syndicaux, associatifs, politiques) soient mises en place. Plus que jamais, les fondations d'une démocratie sanitaire doivent être posées.
  • D'un autre Plan Régional de Santé en Région Aura

Sans attendre, il est indispensable de constituer des collectifs de mobilisation, à l'échelle locale, départementale voire régionale, permettant les convergences soignants / usagers / mouvement associatif / syndical / politique pour construire le rapport de force susceptible d'imposer d'autres choix à l'ARS et au gouvernement, dans des revendications qui au delà de l'expression des besoins, doivent porter des exigences sur les financements, qu'il s'agit d'arracher au plus vite aux griffes des marchés financiers.

Pour imposer d'autres choix que ceux de l'achèvement du système public de soins sur l'autel du capital, il est impératif de nous rassembler pour ce combat politique de haut niveau.

 

Publié dans santé, Luttes sociales

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