Intervention de Jean Marc Durand au CN du 13 mars sur la candidature communiste à la présidentielle de 2022

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Intervention de Jean Marc Durand au CN du 13 mars sur la candidature communiste à la présidentielle de 2022
La question de la candidature à la présidentielle ne peut se régler comme cela, ex nihilo, mais bien en prenant en considération la situation dans laquelle se trouvent à la fois le PCF, la gauche et la société françaises et au-delà l’Europe et le Monde.
 
Certes une telle affirmation peut paraître enfoncer une porte ouverte mais à y regarder de plus près sans doute pas tant que çà, car au fond tout dépend de l’analyse que nous faisons de la crise globale actuelle, de ses causes, de ses enjeux et de l’issue que nous lui voyons.
 
Aujourd’hui avec la crise sanitaire qui se développe en même temps qu’une crise économique, financière, écologique, démocratique profonde tout montre que la question centrale est un changement de système. En somme tout pousse à une exigence considérable de contenus pour engager ce qu’il faut bien appeler une révolution. Il ne s’agit pas seulement d’améliorer le sort des plus démunis ou de mettre des pansements sur une jambe de bois mais d’un changement de société.
 
Et c’est à l’aune de cette ambition transformatrice que nous avons à décider de la proposition d’une candidature communiste à la présidentielle avec laquelle je suis en accord et non à partir de je ne sais quel jeu politicien ou de je ne sais quelle alliance de circonstance pour préserver quelques sièges dont on peut parfois ensuite s’interroger quant à l’efficacité.
 
Donc il ne s’agit pas comme le texte de préparation à la conférence nationale nous le propose, de placer la présidentielle sous tutelle des législatives avec un contrat de législature qui mettrait en débat en même temps que se déroulerait la campagne présidentielle, la construction d’une sorte de programme commun de législature de fait en deçà en termes de contenus, de ce que nous porterions dans la présidentielle.
 
Ou alors serait-ce le moyen de chuter au final sur une candidature commune ?  Façon comme une autre d’assurer notre présence à l’Assemblée Nationale. En 2017 ne devons-nous pas 7 élus à l’accord passé avec J-L Mélenchon ?
 
Raison de plus pour que notre candidature ne soit pas une candidature de témoignage mais une candidature qui par les propositions qu’elle porterait : financements, politique du crédit et fiscalité, SEF, pouvoirs et services publics, permettrait un ressaisissement de toute la gauche et la relance du mouvement social dans la durée et sur le fond.
 
Mouvement social et expression dans les urnes sont indissociables pour permettre à une gauche véritable d’accéder au pouvoir. C’est ainsi que se travaillera de la meilleure des manières le rassemblement à gauche qui pour l’heure, ressemble plus à un vœu pieux qu’à la réalité.
 
Puisque tout le mode parle de sondages, regardons ce qu’ils disent quant à la perspective de résultat de la gauche rassemblée. Au mieux elle est donnée à 28%.
Oui bien sûr qu'il y a le risque d’un second tour Macron/Le Pen. Bien sûr que le danger Le Pen est bel et bien une réalité : l’actuel rapprochement droite – RN n’en n’est-il pas un signe avant-coureur ?
 
Face à cette réalité, il ne s’agit pas de parler d’extrême gravité de la situation mais surtout d’apporter des réponses à la hauteur. C’est cela qui permettra de combattre Le Pen.
 
L’heure est à entrer en résistance, d’ailleurs cela devrait déjà être le cas, afin d’ouvrir les portes d’une alternative crédible. Notre candidature à la présidentielle doit en tout cas en être le déclic.
 
Et arrêtons de comparer des élections complètement différentes les unes des autres : municipales, départementales, régionales sont des scrutins de liste. La présidentielle est une élection uninominale et si on fusionne des candidats.es pour un poste unique il n’en restera qu’un et pas plusieurs.
 
Enfin trois remarques :
  • Parler d’utilité du Pcf ce n’est pas lui passer de la pommade tout en prônant des choix qui l’effacent mais en faire une force indispensable au changement et au rassemblement sur des objectifs politiques clairs et de haut niveau.
  • Il n’est pas inutile de rappeler à ce stade les mots d’un certain Raymond Barre qui en substance disait : on ne fait pas le même politique en France avec un Pcf influent ou un Pcf insignifiant.
  • Beaucoup se réfèrent à 1936 pour en appeler à se rassembler derrière un.e candidat.e unique à la présidentielle mais je rappellerai simplement qu’après 1936 il y a eu 1939…
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