Le 16 mars, mobilisation des jeunes qui refusent d’être une génération sacrifiée

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Le 16 mars, mobilisation des jeunes qui refusent d’être une génération sacrifiée

La jeunesse se mobilise. Elle est mécontente du mépris du gouvernement à son encontre. Cela est vrai pour les jeunes chômeurs (les plus nombreux à rejoindre le chômage) et quand la porte de l'emploi s'ouvre après des jours et des semaines de recherche, ce sont la précarité, la flexibilité et les bas salaires. Quant aux jeunes étudiants c'est tout simplement la misère. Privés des petits boulots qui leur permettent de vivre précairement tout en suivant leurs études, ils n'ont plus rien et doivent recourir soit à l'aide familiale très inégalitaire soit à la privation des repas soit à la "manche".

Faire ses études, se préparer aux diplômes, chercher et trouver un emploi, pour certains vivre isolé, dans la misère, avoir faim, sans toit ou dans un logement insalubre, ne plus pouvoir sortir, faire du sport, se cultiver, n’avoir plus d’horizon, plus de projets, sont la galère des jeunes qui sont désespérés (un jeune sur trois, de 18 à 25 ans, a des idées suicidaires). Notre jeunesse se dit abandonnée, elle l'est vraiment !

La France devrait avoir honte

La France devrait avoir honte de ne pas offrir à sa jeunesse autre chose que le chômage, la précarité, la pauvreté ou la mort. On a pour habitude de dire : quand une société n'est plus capable d'assurer un avenir à sa jeunesse, elle est condamnée. Nous sommes dans cette période en effet, et des centaines de milliers de jeunes en prennent chaque jour conscience.

En 2020 et en 2021, la jeunesse s'abstiendra t-elle croyant punir "les politiques" de la situation qui leur est faite quitte à mettre tout le monde dans le même panier, y compris ceux qui n'exercent pas le pouvoir directement ou au contraire votera t-elle en masse pour condamner le gouvernement actuel qui ne fait rien et pour affirmer le besoin d'une autre société débarrassée du capitalisme et organisée pour satisfaire les besoins humains, la solidarité, le partage et non plus une poignée de privilégiés ? Tel est l'enjeu !

Macron a saisi l'enjeu politique que peut représenter la jeunesse

Manuel Macron et sa clique ont saisi l'enjeu que constitue le vote des jeunes qui peut très bien être à la base de l'échec de sa tentative de se faire réélire en 2022.

Ce vote des jeunes profitera t-il à l'extrême droite, cela parait peu probable car Marine Le Pen est usée comme candidate et ne propose rien aux jeunes si ce n'est le rejet des autres parce que différents afin de briser la solidarité des humains dont le capital a besoin pour assurer ses dominations. Les jeunes ne voient pas leur avenir comme celui de la société, construit sur de tels principes abjects qui divisent les peuples.

Un espace est donc ouvert à une candidature neuve, jeune, dynamique et porteuse d'un programme clair à la fois social, écologique, démocratique qui porte la visée d'un dépassement du capitalisme.

E. Macron et le capital ont vu le danger. C'est pourquoi depuis plusieurs jours, ils s'affolent, s'activent, parlent, proposent au point que de nombreux commentateurs politiques en perdent le fil et la cohérence.

Macron s'agite beaucoup

Après son déplacement à Saclay, puis à Nantes, Macron est allé à Stains, pour relancer son opération séduction « Un jeune, une solution ».

Avec le dispositif pour les jeunes sans emploi, ni formation, soit près d’un million de 16-25 ans, Macron tente de séduire cette tranche d’âge victime de la crise et de sa politique.. Les fermetures des écoles, collèges, lycées et facultés, le passage en « distanciel », le confinement ont accéléré les décrochages scolaires qui laissent près de 100 000 jeunes sur le bord de la société.

En Ile de France des centaines de contractuels remplaçant n’ont pas été reconduits, les élèves ont perdu 8.733 heures d’enseignements depuis la rentrée. Dans les entreprises où ils constituent les bataillons d’intérimaires, de CDD ultra-courts, ils ont été les premiers exclus de l’emploi, sans aucun droit aux allocations chômage. Les stages qui camouflent le chômage se sont brusquement arrêtés. Les familles elles-mêmes touchées par ces maux ne peuvent plus subvenir à leurs besoins, beaucoup de jeunes se retrouvent à la rue.

Livrer la jeunesse au patronat

Même si la jeunesse est abstentionniste, Macron a besoin de présenter un bilan autrement plus positif. Comme d'habitude, il confie aux entreprises donc au patronat, le soin de prendre en charge les jeunes, signifiant que l’Education nationale a failli, alors que les difficultés de celles-ci proviennent justement de la politique libérale mise en oeuvre depuis des années et aujourd'hui par Blanquer.

Mais les entreprises joueront-elles le jeu pour sauver le soldat Macron, notamment les plus grandes qui ont le plus de moyens ? La réponse va de soi, on ne peut mener à la fois la course à la rentabilité maximale et donner aux jeunes des formations exigeantes en moyens humains et financiers. Il faut choisir.

Alors de quoi s'agit-il ? Quelle arnaque se cache derrière cette mise en scène ?

Dans les 70 000 « entreprises qui s’engageraient », il ne s'agit pas de formation ni d'insertion, mais de livrer les jeunes à la culture d’entreprise, les éloignant des idées de résistance et de révolte. A Stains, en parlant d’attribuer à un jeune en difficulté un « Mentor », Macron a choisi la notion de modèle et non de tuteur. Il n’a pas parlé de leur donner un emploi mais une solution, quelle qu’elle soit.

Ces 100.000 « mentorés » s’ajoutent au million d’apprentis de 15 à 29 ans qui forme une main d’œuvre docile et fort rentable (aide de 5000 à 8000 € par contrat ! Entre l’entreprise elle-même et le CFA (Centre de Formation des Apprentis) créé par elle, c’est une formation « maison » qui échappe à tout contrôle public mais représente une véritable manne financière.

A l’inverse des Lycées professionnels nés du Conseil National de la Résistance en tant que CET (Collège d’Enseignement Technique) qui formait le futur travailleur, l’homme et le citoyen avec un important volume d’heures d’enseignement général dont la Législation du travail… le CFA forme les travailleurs dont l’entreprise a besoin à un moment donné. Quel emploi trouvera t-il plus tard dans une autre entreprise? Ce n’est pas le souci des patrons, il y aura d’autres jeunes à former plus en adéquation avec les intérêts immédiats.

En fait ce que veut le patronat, c'est de constituer "un vivier" de salariés formés par lui avec les deniers publics, et de pouvoir choisir dans ce "vivier" les jeunes et leurs qualifications dont il a besoin à un moment donné sans aucune contrainte de statut, de temps, de reconnaissance etc, et de pouvoir remettre ces salariés dans le "vivier" quand il le veut et sans contrainte, lorsqu'ils ont fini leur tâche,. Chaque jeune du vivier recevra une indemnisation limitée et sera accompagné par un "Mentor" qui aura à charge de veiller sur lui, de l'assister et de lui apprendre le "savoir être au travail".

D'une pierre trois coups ! 

C'est cette conception terrible que portent les solutions de Macron avec dans certains cas la réutilisation des vieilles formules sociales libérales, comme les TUC de Fabius en 1984, les CES etc. mis à disposition des services publics, associations pour quelques centaines d’euros et quelques mois permettant de les sortir des statistiques de l’emploi. Mais même parées de la notion de « civique » ces fausses solutions ne trompent plus personne.

L’objectif est de tenir la jeunesse le plus loin possible de l’idée que le dépassement du capitalisme est possible, de fermer toute perspective d’émancipation et des raisons d'un progrès des libertés avec de nouveaux pouvoirs s'inscrivant dans une visée autogestionnaire.

Parce que si s’inquiéter de sa situation, la considérer comme inadmissible, savoir que des alternatives existent, peut faire descendre la jeunesse dans la rue, là est le danger premier pour le capital.. L'opération de Macron est de faire d'une pierre trois coups, désamorcer les colères avec une opération très médiatisée, répondre de mauvais façon aux demandes légitimes des jeunes tout en livrant ceux-ci au patronat avec en supplément les deniers publics !

Par la suite, les médias affirmeront que "le gouvernement fait ce qu'il peut, mais il ne peut pas faire plus aujourd'hui, d'ailleurs il a de premiers résultats : regardez le taux de chômage : il baisse !" Et le vilain tour est joué !

Il y a des jeunes dans les luttes, des jeunes étudiants, des jeunes travailleurs. Nous les appelons à exprimer leurs inquiétudes, leur révolte de la situation qui leur est faite en force de changement, pour une autre société en faisant grandir leurs exigences.

Les jeunes refusent d'être la génération sacrifiée

En plus d’être régulièrement pointée du doigt par l’exécutif sur l’avancée de la pandémie, la nouvelle génération pâtit de la politique du gouvernement. Sept mois après son lancement, ce plan « un jeune, une solution » ne fonctionne pas. Non seulement il ne propose pas de solution à l’ensemble de la jeunesse mais, en renforçant la précarisation, il vient détériorer encore davantage le salariat des jeunes.

L’exécutif se contente d’aides ponctuelles et insuffisantes destinées aux étudiants, telles que le repas Crous à 1 euro, annoncé à la suite de la mobilisation massive des étudiants le 20 janvier dernier. Cette mesure, bien que nécessaire, ne permet pas de sortir les jeunes en formation de la précarité.

Enfin, les lycéennes et les lycéens sont les oubliés des différentes mesures de Macron. Aucun plan de rattrapage n’a été annoncé. Pire, alors qu’un étudiant sur six est en décrochage, le gouvernement continue la sélection à l’entrée de l’université. Si le calendrier de l’éducation nationale a été repensé, celui de Parcoursup, lui, n’a pas été inquiété.

Pourtant la jeunesse regorge de forces d’innovation et d’ingéniosité qui ne demandent qu’à pouvoir s’exprimer.

Combien de futurs chercheurs, ingénieurs, médecins, enseignants ne seront pas sélectionnés cette année ? Combien de jeunes ont vu leur rêve broyé par cette machine à sélectionner et à trier socialement ? Combien de jeunes n’ont pas pu suivre leurs études jusqu’au bout car ils devaient jongler entre précarité et petits boulots ?

Alors que nous avons besoin de travailleurs qualifiés dans de nombreux secteurs (transport, santé, éducation, énergie…), combien de jeunes sont aujourd’hui au chômage ? Ce sont toutes ces contradictions qu’il faut dépasser.

La place de la jeunesse est un marqueur de la société. Avec des jeunes laissés pour compte, c’est la société tout entière qui est en danger. Au contraire, si le système permet à chaque jeune de s’épanouir, de trouver sa place, de construire son avenir et de se former, c’est toute la société qui progressera.

Les nouvelles générations ne sont pas le problème mais bien la solution.

Notre génération veut se former, se réaliser, être utile à la société. Mais au final, c’est notre dignité à toutes et tous qui est gâchée et sacrifiée sur l’autel du profit par les capitalistes.

Mais, aujourd’hui, nous disons qu’il y en a assez. Assez du chômage et de la précarité. Assez de la casse de nos formations et de la sélection. Assez des politiques libérales.

Alors que la situation des jeunes est mise en avant par les médias, il est temps de transformer cette prise de conscience et cette colère en une force politique. C'est l'ambition des communistes.

L’enjeu est grand : redonner l’espoir à toute une génération. L’espoir que l’engagement politique peut changer les choses, l’espoir d’un avenir meilleur permettant à chaque jeune de se développer librement et de trouver sa place dans la société.

C'est pourquoi les communistes appellent l’ensemble des jeunes à se mobiliser le 16 mars prochain.

Voir l'appel de Léon Deffontaines (secrétaire du MJCF) Jeanne Péchon (Secrétaire de l'UEC) publié dans l'Humanité : https://www.humanite.fr/appel-la-jeunesse-le-16-mars-refusons-detre-la-generation-sacrifiee-700846

 

Publié dans Jeunesse, PCF, Luttes sociales

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