Dangers énormes pour Air France. Le privé guette sa proie fragilisée par la Covid

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Dangers énormes pour Air France. Le privé guette sa proie fragilisée par la Covid

La crise COVID constitue un choc majeur et sans précédent pour le secteur du transport aérien, déjà fragilisé par l’attrition continue du pavillon français et la  montée en puissance d’un modèle low-cost se jouant des enjeux sociaux, économiques et environnementaux.

La CGT pose quatre points d’interpellation!

1. NON ce ne sont pas 4 milliards de nouvel apport de l’État,comme l’affiche le Ministre de l’Economie Française, c’est un peu plus d’1 demi-milliard pour la CGT

3 Milliards de conversion du prêt participatif de l’État en «titres super subordonnés de l’État» (soumis à intérêts de 7,25 à 7,75 % à échéance de 4 à 6 ans) ne constituent pas un apport supplémentaire de Bercy.

L’opération vise à contribuer à l’amélioration des fonds propres du groupe percuté par les pertes de 5,6 milliards d’Air France en 2020.

L’apport précédent de Bercy, perçu en décembre 2020, prend en effet qualité de quasi fond propre sans débours de l’État. Le nouvel apport de l’État porte sur un montant estimé à un peu plus d’1 demi-milliard au titre d’une montée au capital à hauteur de 30 %, complété par un appel à financement chinois et privé, permettant à Air France de bénéficier d’un apport en capital d’un montant total de 1 milliard de cash. Ces précisions sont utiles pour éviter l’effet de communication en «trompe l’œil» sur la nature des aides reçues.

2. Des contreparties substantielles consenties par l’État à la commission européenne.

Des remèdes pouvant conduire à la thrombose. Au plan de transformation de l’entreprise (Passage de lignes à la SNCF, passage progressif du marché domestique à Transavia, suppression de 8.600 emplois équivalent temps plein, auquel il faut ajouter MOE, CDD, Apprentis, Saisonniers, licenciements de salariés Air France à l’international, tout un lot de transfert d’activité à l’étranger ou en sous-traitance dans tous les secteurs).

À la perte de la marque Air France sur notre marché français, il faudra ajouter la perte de slots à Orly (18/jour, soit plus de 5% de l'activité) avec pour conséquences, une perte de résultats pour Air France supérieure aux gains attendus par Transavia. La particularité de ce plan est de faire payer aux salariés la facture COVID par une multitude de mesures dont on ne saurait mesurer, à terme, la portée.

3. Une orientation politique de l’État Français et de la Commission Européenne.

Sans aucun égard à la situation de crise sanitaire qui prive Air France d’activité et de marché, la seule règle qui vaille est celle du marché et de la concurrence au détriment du pavillon français, de l’emploi, des compétences, de la souveraineté industrielle, des territoires et collectivités. L’impact sur l'écosystème est majeur avec une projection de suppression de 15.000 à 20.000 emplois, ce qui représente de l’ordre de 20% et plus pour la branche du Transport Aérien.

4. Monsieur Lemaire met les fonds de l’État au service des restructurations des grands groupes. «Cerise sur le gâteau», le Cadre temporaire de la Commission Européenne prévoit ensuite de livrer Air France aux appétits des marchés financiers et des investisseurs privés et de l’extraire des enjeux de services à la Nation et aux territoires.

Conforme au plan stratégique de l’État pour les entreprises où celui-ci est engagé.

Montreuil, le 7 avril 2021

Publié dans Industries, Social, Economie

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