Semaine très dure aux Fonderies de Bretagne à Caudan

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Semaine très dure aux Fonderies de Bretagne à Caudan
Semaine très dure aux Fonderies de Bretagne à Caudan
Semaine très dure aux Fonderies de Bretagne à Caudan

Depuis plusieurs semaines la température montait et les esprits s'échauffaient. La raison : une direction qui refuse de discuter, un gouvernement qui traine des pieds et l'annonce par Renault constructeur et propriétaire, de se désengager des Fonderies de Bretagne menacées de fermeture et les salariés d'aller au chômage.

Après plusieurs initiatives, cette semaine les salarié sont entrés massivement en grève. Ils s'opposent au projet de Renault et ont décidé de bloquer le site. Chaque jour en Assemblée Générale, ils renouvellent la grève.

« Un an qu’on nous balade, les salariés en ont marre ». A Caudan, dans la banlieue de Lorient, c’est ce mardi que la goutte d’eau a finalement fait déborder le vase.

« Cela fait des mois que les gars travaillent avec la boule au ventre, sans savoir s’ils auront toujours un emploi à la fin de l’année, décrit Maël Le Goff, délégué syndical CGT du site, ce n’était plus tenable et nous nous sommes mis en grève illimitée. »

Symptôme de cet état d'esprit : la grève qui débute ce mardi est massive et ne lésine pas sur les moyens. Les salariés exigent des réponses de la part de leur direction, maintenue dans ses locaux jusqu’à la fin de la journée.

Une centaine de personnes participent au piquet de grève, la production et la livraison sont arrêtées. A la Fonderie de Bretagne, usine Renault où 350 salariés fabriquent des bras de suspension, des porte-fusées et des boîtiers différentiels, la grève est suivie aux trois quarts, d’après la CGT, syndicat ultra-majoritaire dans l’entreprise, raflant plus de 75% des voies aux dernières élections professionnelles.

Sale temps pour les fonderies

Mais à quoi ressemble donc la goutte d’eau ? Peu de surprises en la matière : c'est l'annonce de Bruno le Maire de ce Lundi, le ministre a débloqué un fonds de 50 millions d’euros pour « accompagner la reconversion » des salariés du secteur automobile. 30 millions viendront de la poche de l’État, quand Renault et Stellantis (ex PSA) apporteront 10 millions chacun.

Pour les salariés de la Fonderie de Bretagne, cette annonce du ministre confirme qu’il accompagne les choix catastrophiques de Renault et de PSA. Le site de Caudan est ciblé. Le 11 mars, le constructeur automobile avait annoncé son intention de chercher d’ici au 8 août un repreneur « plus à même de pérenniser les activités et les emplois et d’adapter l’outil industriel aux évolutions du secteur ».

Inutile donc de compter sur Bruno Le Maire pour l’empêcher. « On ne veut pas d’un repreneur, nous voulons rester une usine Renault et retrouver du volume », assène Maël Le Goff.

Le dépeçage des fonderies faisait même partie des projet du gouvernement depuis 2020. A cette date, le cabinet Roland Berger préconisait à la Direction générale des entreprises (service du ministère de l’économie et des finances) « la restructuration de toute la filière fonderie automobile française et recommandait la suppression de 5 200 emplois sur les 13 500 du secteur fonderies automobile. »

C’est donc aussi à ce rapport que l’on doit la situation actuelle dans d’autres fonderies françaises où de nombreux emplois sont menacés.

Fonderie de Bretagne : une histoire qui commence par une grève

Oui mais voilà, si la lutte de quelques centaines de salariés peut paraître insuffisante pour contrer la stratégie financière d’une multinationale de l’automobile, la Fonderie de Bretagne a déjà accompli des exploits en matière de bataille collective.

C'est un site où la détermination des salariés est exemplaire. En 2009, après des mois de luttes, des manifestations de plusieurs milliers de personnes  et dix jours d’une grève rassemblant la totalité des salariés, les ouvriers de la Société bretonne de fonderie mécanique (SBFM), alors simple sous-traitante de Renault, avaient obtenu leur intégration au sein du groupe, sous le nom Fonderie de Bretagne.

Si l’ampleur de la bataille considérable encore aujourd’hui, la Fonderie peut compter sur un calendrier électoral (élections régionales) lui permettant de mettre la pression sur les élus locaux, mais aussi sur un mouvement national mené dans les fonderies et dans l'automobile.

La CGT des fonderies de Douvrin et du Mans a déjà appelé à une journée de grève pour le 6 mai. D'autres établissement de l'industrie automobile se mobilisent également.

Cette lutte a tout le soutien des communistes. Il y a quelques semaines Fabien Roussel secrétaire national, était venu soutenir les salariés qui se mobilisaient. Il avait exiger à ce moment là un autre développement du pays prenant appui sur les services publics et l'industrie.

Sources : CGT  NVO  PCF

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