Intervention de Denis Durand au CN du PCF des 28 et 29 mai

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Intervention de Denis Durand au CN du PCF des 28 et 29 mai

Un trait frappant de la situation est qu’elle comporte à la fois des manifestations de division des communistes – par exemple sur les élections régionales ou la sécurité, on l’a vu dans nos débats d’hier – et des manifestations très puissantes d’unité, comme les 72 % du vote pour la candidature à l’élection présidentielle, qui fait suite lui-même aux 80 % pour notre Manifeste du 38ème congrès.

Cette unité n’est pas le réflexe de survie d’un appareil (les stratégies d’appareil, c’est ce que nous avons connu dans certaines régions pour les élections régionales). Cette unité, c’est la conscience aiguë des périls qui menacent notre peuple – périls sanitaire, social, économique, écologique, politique, péril fasciste ! Et la conscience aiguë que face à ces périls notre peuple a un besoin vital de ce qu’apporte de spécifique le Parti communiste.

Pour prendre l’aspect économique – qui n’est qu’un aspect mais qui a rapport avec tous les autres – la faiblesse pitoyable de la gauche tient à son attachement à une conception dépassée selon laquelle il y aurait d’un côté la politique – le gouvernement, le parlement, les partis, les élections – et de l’autre l’économie qu’on laisse accumuler le capital selon ses propres lois, ses propres règles. Bien sûr, on pense que la politique a des leviers pour agir sur l’économie : des impôts, des droits de douane, des règlements, des nationalisations, des aides aux entreprises… mais cette façon d’agir de l’extérieur sur l’économie, elle fonctionnait il y a cinquante ans, à l’âge d’or des social-démocraties !

Aujourd’hui, la machine économique est à bout de souffle. Pour parler le jargon des économistes, la productivité globale des facteurs se traîne lamentablement, aux États-Unis et encore plus en Europe. Et en plus, la machine pollue ! Elle consomme des masses de carburant et enfume tout l’environnement.

Aujourd’hui, et les citoyens s’en rendent compte, plus ou moins, on n’a plus le choix : il faut ouvrir le capot et mettre les mains dans le cambouis. Par exemple, pas seulement viser le plein-emploi, c’est-à-dire le marché du travail capitaliste avec le moins de chômage possible. Mais viser plus du tout de chômage, donc l’abolition, certes graduelle, du salariat avec la construction d’une sécurité d’emploi et de formation, jusqu’au dépassement du marché du travail. Avec, donc, tout ce que ça comporte de prise de pouvoir sur l’argent, l’argent des entreprises, des banques, et pas seulement l’argent public qui doit être utilisé comme levier sur l’utilisation de l’argent privé. En ce sens, l’emploi à la Banque de France, dont Fabien vient de parler, est un enjeu pour toute la société.

Mais pour cela il faut connaître un peu le fonctionnement de la machine et il faut des outils. Nous communistes, nous marxistes, nous avons des outils.

Des outils théoriques – avec le lancement de la nouvelle revue Issues – et des outils pour l’action – c’est par exemple pourquoi nous lançons une nouvelle formule d’Économie&Politique dont le premier numéro paraît dans un mois.

La bataille présidentielle va être d’une extrême violence. Les coups pleuvent déjà. Il va falloir encaisser, frapper fort, frapper vite mais lorsqu’on frappe à côté, ça se paye cash. Les talents personnels du candidat, qui sont grands, ne suffiront pas. Une bonne com’ non plus.

En revanche, dans cette bataille, Fabien Roussel va disposer de deux atouts qu’aucun autre candidat n’aura. Un collectif de 50 000 militants qui, même affaibli comme il l’est aujourd’hui, est sans équivalent dans la vie politique française. Et ce corps d’idées et de propositions qui fonde l’unité de ce corps militant.

La réussite de la bataille, son utilité pour la suite, dépend essentiellement de notre capacité à tirer tout le parti possible de ces atouts. S’assurer que l’intelligence collective de notre corps militant ait des porte-parole dans la campagne. Sachons par exemple utiliser le début de notoriété acquise par Frédéric Boccara dans les débats économiques. Tout cela pour être à la hauteur des attentes de radicalité qui s’expriment ans notre société.

Pour conclure cet appel très enthousiaste mais aussi, vous l’avez compris, un peu désespéré, la campagne de notre candidat doit être la campagne de tout le Parti, de toutes ses idées dans leur cohérence. C’est ce qui motive la proposition d’organiser, à l’automne, une assemblée des animateurs du Parti, couplée à l’initiative nationale pour l’emploi, pour la sécurité de l’emploi, de la formation et du revenu, annoncée dans le rapport.

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