Présidentielle : Porter le débat national sur le social. Un sondage qui révèle ce qui préoccupe les salariés et citoyens.

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Présidentielle : Porter le débat national sur le social. Un sondage qui révèle ce qui préoccupe les salariés et citoyens.

Le sondage réalisé par l'Ifop pour l'Humanité révèle que les Français, dans leur immense majorité, attendent des propositions sociales fortes pour la prochaine présidentielle. Saura-t-on s’en saisir à gauche ? Le défi est lancé par les communistes avec Fabien Roussel candidat communiste à la présidentielle.

C'est un scoop que révèle le journal l'Humanité. À moins d’un an de l’élection présidentielle et alors que le débat est lancé, les préoccupations sociales du pays sont comme le feu qui couve sous la cendre. Et notamment l'emploi, sa sécurisation et des milliers de créations qui sont nécessaires dans les services publics et notamment la Santé.

 

Réponse à la question : Pour chacune des mesures suivantes qui pourraient être proposées par un candidat à l'élection présidentielle, y êtes vous favorable ou opposé ?

Le sondage de l'ifop révèle : que ce soit l’augmentation du Smic, les services publics, l'utilisation de l'argent et son contrôle dès les entreprises ou encore la justice fiscale, les Français sont pour voir figurer des mesures fortes dans les programmes présidentiels.

Ce n’est pas tout à fait nouveau en réalité, mais le climat actuel provoqué par les manifestations du 1er mai, les assassinats de policiers ou de simples citoyens permettent à Macron et son gouvernement de faire monter les questions sécuritaires, identitaires qui font le lit de l'extrême droite et à mettre au second plan la question sociale.

Mais celle-ci est bien présente. C'est un feu qui couve et pourrait exploser à la moindre goutte d'eau. Déjà dans l'industrie, les services publics, les territoires des luttes s'organisent et durent. Des succès sont même arrachés comme à la SAM ou à la SAD dans le Rhône.

 

L'adhésion aux différentes mesures par catégorie

Les Français en ont assez ! L’idée même que les moyens n’existent pas pour mener d’autres politiques est battue en brèche.

L’argent débloqué par milliards pour faire face à la pandémie, partout dans le monde, démonte la fable libérale qu’il n’y a pas d’alternative. Cela se traduit concrètement dans les aspirations des citoyens : d’abord, le besoin de services publics. Là où l’austérité libérale et la part du privé ne cessaient de progresser, les Français disent stop.

En tête, l’instauration d’un grand plan de réinvestissement (emplois massifs, formation et infrastructures) dans les services publics et notamment la santé, à 72 % des sondés le considèrent « tout à fait prioritaire ». C’est le cas pour 80 % des sympathisants de gauche. Mais la droite et les marcheurs (73 % et 72 %) font presque jeu égal avec les sympathisants PCF %. Cette priorité numéro 1 indique clairement, selon Frédéric Dabi, que « le plan de relance doit être drainé sur les services publics ».

 

Réponse à la question : Et pour chacune des mesures suivantes, pensez-vous que leur mise en oeuvre soit tout à fait prioritaire, importante mais pas prioritaire ou secondaire ?

Ensuite, le pouvoir d’achat. Les libéraux et le patronat répètent qu’on ne peut pas augmenter les salaires en général et le Smic en particulier, pourtant l’idée ne passe pas. C’est tout un système de pensée qu’ils veulent imposer, qui est en fait minoritaire dans notre pays : la théorie du ruissellement, ou l’idée selon laquelle aider les riches permettrait d’aider tout le monde. Ce sondage démontre que les Français n’y croient pas !

Le niveau d’approbation des mesures visant à taxer les revenus financiers, contrôler les et conditionner les aides publiques, et rétablir l’ISF. C’est la matrice du macronisme qui est en échec. Ils sont 28 % à considérer comme « importantes mais pas prioritaires » la mesure concernant l’ISF et 44 % celle se rapportant au contrôle des aides publiques aux entreprises.

 

Classement des mesures prioritaires par catégorie (En % de "tout à fait prioritaire")

L’approbation des mesures testées par l'ifop montre qu’il y a un espace important pour les idées visant le contrôle de la finance, la justice fiscale, les services publics et la revalorisation des salaires…Il est regrettable que la question de l'emploi n'ait pas été testée (au delà des services publics), elle aurait certainement eut une réponse similaire à celle des autres mesures sociales.

Bref, des idées communistes et de la gauche authentique. Ces mesures ne constituent pas un projet en elles-mêmes, mais elles indiquent une direction : vers plus de justice sociale et de contrôle démocratique de l’économie.

Un gouffre entre les aspirations et les intentions de vote

 

Classement des mesures prioritaires par famille politique (par % de "Tout à fait prioritaire")

Elles sont largement approuvées, mais ni Macron, ni l’extrême droite, ni la droite ne proposent de prendre ce chemin. Pour l'instant seuls les communistes proposent une autre logique fondée sur la demande mais aussi une nouvelle offre qui permette d'y répondre tout en prenant en compte le besoin de sécurité des citoyens et notamment l'insécurité sociale la mère de toutes les insécurités.

Le débat idéologique dominé par la droite avec comme relais les médias permet de couvrir la marmite sociale qui boue. L’espace politique et médiatique est, à dessein, trusté par les sujets préférés des libéraux : sécurité, immigration, terrorisme. Entre Macron, LR et RN, tout le monde s’entend pour mettre ces thèmes en avant. Mais ils savent qu'ils sont sur le fil du rasoir et que tout peut basculer, si les hésitants, individualistes, les abstentionnistes comprennent où est leur intérêt vital. C'est le sens de la campagne des communistes.

Mais, on le voit, d’autres sujets intéressent et son attendus des citoyens. C’est un point d’appui décisif pour reconquérir notamment les classes populaires.

Le gouffre est en effet saisissant entre les attentes des Français et les intentions de vote à gauche. Voilà la contradiction que les acteurs de cette campagne vont devoir résoudre pour déjouer le scénario du pire. Les communistes en désignant leur candidat se sont engagés dans cette voie et veulent relever le défi avec succès.

Sources : l'Humanité Dimanche 

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