Santé. À Strasbourg, Sanofi ferme un site de plus

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Santé. À Strasbourg, Sanofi ferme un site de plus

Alors que s'ouvre ce matin les Assises nationales du médicament à l'initiative du PCF, nous apprenons que le groupe Sanofi a décidé de fermer son site de Strasbourg. L'Humanité du jour nous en dit plus.

Mercredi, des salariés des derniers centres français du géant pharmaceutique ont apporté leur soutien à leurs 53 collègues alsaciens.

En 2008, Sanofi comptait 6 300 salariés dans la recherche & développement sur 11 sites en France. Aujourd’hui, plus de la moitié des effectifs ont disparu et il ne reste plus que 3  sites, les activités ayant été délocalisées principalement aux États-Unis, mais aussi en Allemagne, en Chine, en Inde, ou dans l’un des 100 pays où la multinationale est implantée.

« Depuis treize longues années, Sanofi massacre un à un des axes de recherche pourtant d’intérêt thérapeutique majeur pour la santé humaine mondiale, comme la recherche sur les antibiotiques ou la maladie d’Alzheimer, pour ne citer qu’eux », déplore Fabien Mallet, coordinateur à la CGT.

Dernière victime en date, le site de Strasbourg était particulièrement menacé en raison de sa petite taille (53 salariés). Sa disparition, annoncée il y a un an en pleine pandémie, au moment même où le gouvernement prévenait qu’il fallait à tout prix renforcer les activités de recherche pharmaceutique sur le territoire, a pris des allures d’impressionnant pied de nez. À plus forte raison, rappellent les syndicalistes, de la part d’une entreprise qui, en dix ans, a touché 5 milliards d’argent public sous forme de crédits d’impôt recherche et qui engrange d’énormes profits.

En tout, 363 postes vont être supprimés sur les différents sites de France.

Spécialisé dans la recherche sur les maladies cardiaques et le cancer, le site de Strasbourg serait vendu à une société tierce (le groupe français Synthélabo, selon les informations syndicales).

Que vont devenir les salariés ? « On n’en sait rien, répond Fabien Mallet. On ne sait ni si le repreneur va poursuivre les travaux de recherche actuels, ni s’il va garder les salariés. » Délégué syndical central de la CGT Sanofi, Pascal Collemine explique le virage opéré par les grands groupes pharmaceutiques mondiaux qui a donné lieu à la fermeture d’un site comme celui de Strasbourg. « Comme Pfizer ou GlaxoSmithKline, Sanofi utilise maintenant à l’envi tous ces sous-traitants pour externaliser le risque et privatiser les profits. On est dans un modèle qui ne fait que précariser la recherche en la jetant en pâture à des start-up qui n’hésitent pas ensuite à s’en séparer, une fois qu’elles ont siphonné ce qui les intéressait. »

« On doit ranger la santé dans la catégorie des biens communs»

Face à cette industrie pharmaceutique « malade de la finance », les salariés de Strasbourg défendent bec et ongles le principe selon lequel la santé ne doit pas être un bien commercial privé . « On doit ranger la santé dans la catégorie des biens communs », insiste Véronique Roujean, la déléguée CGT du site de Strasbourg, qui considère comme un leurre la proposition de la direction de délocaliser les salariés de Strasbourg à Sanofi Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). « Les salariés n’iront pas », estime-t-elle, rappelant les difficultés psychologiques, attestées par expertise, qui touchent les salariés de Strasbourg depuis l’annonce de la fermeture de leur site.

« La recherche publique est mise à mal par le gouvernement depuis une vingtaine d’années et la recherche privée suit le même chemin. On essaie de faire toujours plus avec toujours moins de monde et d’argent, et en fait ça ne marche pas », constate Fabien Mallet.

Les salariés demandent qu’on mette plus de moyens humains dans la recherche fondamentale et qu’on l’oriente sur les besoins de santé, et non sur les besoins des actionnaires. « Exactement le contraire de ce que notre direction veut faire », ajoute le coordinateur de la CGT.

 
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