Bruno Palier : Repousser l’âge de la retraite, c’est contenter l’électorat de droite

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Bruno Palier : Repousser l’âge de la retraite, c’est contenter l’électorat de droite

Bruno Palier Politiste, directeur de recherche du CNRS à Sciences Po (Centre d’études européennes et de politique comparée)

Faudra-t-il travailler plus longtemps ? Bruno Palier, directeur de recherche au CNRS, revient sur les motivations qui ont poussé ces dernières décennies les gouvernements néolibéraux à durcir les règles de régimes jugés trop généreux.

Il pointe également l’inadéquation entre un horizon de la retraite toujours plus lointain et un monde du travail qui exclut les seniors. Ce politiste, expert des réformes des systèmes de protection sociale en France et dans le monde, vient de publier Réformer les retraites (éd. Presses de Sciences Po).

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Dans votre livre, vous revenez sur la genèse des réformes des différents systèmes de retraite des pays développés, et on s’aperçoit qu’elles ont un fond commun, issu des réflexions de la Banque mondiale au début des années 1990. Faut-il y voir une sorte de complot contre la protection sociale ?

Bruno Palier : On ne peut pas dire que c’est la Banque mondiale qui a incité ou forcé les gouvernements à faire des réformes des retraites. A la fin des années 1980 et au début des années 1990, beaucoup de gouvernements prennent conscience de l’apparition de deux phénomènes congruents.

Le premier est l’arrivée à maturité des systèmes de retraite, lorsqu’ils servent de bonnes pensions, des « retraites complètes » comme on dit, ce qui signifie que les gens ont cotisé le nombre d’années prévu. De plus, arrivent à l’âge de la retraite des personnes qui ont commencé à travailler dans l’immédiat après-guerre, qui ont connu des carrières ascendantes et avec très peu de chômage.

Le second est la perspective, à l’horizon 2000-2005, de la bosse démographique, constituée après la Seconde Guerre mondiale, et qui va transformer les baby-boomers en papy-boomers.

Les ministres des Finances, les économistes, les organisations internationales vont commencer à se préoccuper de l’avenir des systèmes de retraite pour tenter d’en maîtriser les coûts, alors qu’auparavant les experts des politiques sociales étaient plutôt des juristes ou des syndicalistes. Que les questions de protection sociale (santé et retraites) soient prises en charge par les financiers et les économistes, c’est un grand changement, concomitant au tournant néolibéral.

A la fin des années 1980, certaines institutions cherchent des solutions : le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, l’OCDE et la DG2 de la Commission européenne (devenue DG Finances). En France, le Premier ministre Michel Rocard commande un livre blanc rédigé par des experts, qui sont des démographes et des économistes. Il en tire la conclusion célèbre qu’il y a là « de quoi faire sauter plusieurs gouvernements ».

Dans cette recherche de solution, les « Chicago Boys » vont jouer un rôle : les économistes néoclassiques qui s’étaient réfugiés à l’université de Chicago autour de Milton Friedman lorsque la pensée keynésienne dominait l’économie investissent les organisations internationales. Des programmes de recherche fondamentale impressionnants sont lancés, puisque Friedman et Hayek voulaient faire de l’économie une science dure à base mathématique. La Banque mondiale se prête au jeu et finance des programmes destinés à élaborer des modèles…

C’est donc au tournant de la révolution néolibérale et conservatrice, avec l’élection de Reagan et Thatcher aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, qu’apparaissent les travaux qui préconisent les solutions comme la capitalisation, la priorité aux fonds privés par rapport aux systèmes publics…

B. P. : Deux idées vont être mises en avant par la Banque mondiale. La première est que les systèmes de retraite financés par répartition (les actifs actuels cotisent pour les retraités actuels) ne sont pas capables de faire face à ce qu’ils appellent la crise démographique (de moins en moins de cotisants actifs pour de plus en plus de retraités), que cela va coûter beaucoup trop d’argent public et peser sur le coût du travail.

La seconde est que le mode de financement des systèmes de retraite mis en place après la Seconde Guerre mondiale, la répartition, c’est du gâchis, car c’est de l’argent extrait de l’activité économique que l’on donne immédiatement à des gens qui le consomment. Ce qui, disent-ils, ne fait pas tourner l’économie, alors que si ces sommes passaient par des fonds de pension, elles reviendraient dans l’économie sous la forme d’investissements.

C’est un positionnement très idéologique !

B. P. : Les néoclassiques affirment que non, mais évidemment les keynésiens ont une tout autre conception du rôle de la consommation… Pour les néoclassiques, faire transiter l’argent destiné aux retraites par des fonds de pension résout doublement le problème : celui du financement de l’économie – ce qui sera mis en œuvre au Chili de Pinochet par les Chicago Boys – et de la bosse démographique puisque, affirment-ils encore, la capitalisation fait en sorte que chaque génération fait face à son propre problème des retraites. On sait que c’est faux, car, lorsqu’il s’agit de verser les pensions, on puise dans la richesse présente dans le pays à ce moment-là, capitalisation ou pas…

Derrière ces deux idées-forces, les économistes de la Banque mondiale vont proposer une architecture consistant d’abord à cantonner le rôle de l’Etat à la garantie des revenus des plus pauvres, puis à transformer le pilier principal, qui fournit les retraites des salariés, en capitalisation obligatoire, et, enfin, à créer un troisième pilier à côté de l’épargne collective obligatoire, favorisant l’épargne privée par des exemptions fiscales. Donc trois piliers, dont deux en capitalisation avec l’un obligatoire, qui peut aussi être géré par les partenaires sociaux comme au Québec ou au Danemark.

Ce modèle va servir de référence et infuser beaucoup de réformes nationales. Quand on fait le bilan, à la fin des années 2010, on constate qu’on a organisé la « multipiliarisation » des retraites, avec le rôle des Etats, qui se contentent de plus en plus de garantir des minimums de pension, la logique actuarielle pour le deuxième pilier, c’est-à-dire que la pension versée est symétrique de l’épargne accumulée – principe adopté par Emmanuel Macron avec la retraite à points – et des mécanismes fiscaux pour favoriser l’épargne des plus aisés.

Cette architecture est variable : la Suisse est le pays qui a adopté complètement le modèle de la Banque mondiale, le Royaume-Uni s’en approche, les Allemands en sont loin et la France très loin. Mais partout les trois piliers sont présents. Le projet de loi adopté par l’Assemblée nationale en 2020 visait, lui aussi, à favoriser l’épargne dans les fonds de pension, mais principalement pour les revenus les plus élevés.

En effet, il était prévu que les actifs ne cotiseront plus à partir de 120 000 euros de revenus par an, ce qui revient à dire aux cadres et à certaines professions libérales : si vous voulez préserver votre niveau de vie, il va falloir épargner pour maintenir vos revenus au-delà du plafond. Cela contribuerait à faire en partie sortir les cadres du système solidaire.

Comment expliquer les résistances françaises à entrer dans le modèle néolibéral ?

B. P. : Il y a, d’abord, un attachement collectif des Français très fort aux « bonnes retraites ». La France garantit des retraites de haut niveau, en tout cas pour les personnes (surtout des hommes) qui ont « une carrière complète », c’est-à-dire le nombre d’années exigé pour avoir le droit à une retraite complète (bientôt quarante-trois ans) et pour ceux qui ont travaillé à temps plein : près d’un tiers des femmes travaille à temps partiel et beaucoup d’entre elles ont par ailleurs du mal à avoir une carrière complète !

Les Français ont un attachement profond à cet acquis social, auquel ils associent le financement par répartition.

Ils ont aussi en mémoire les événements traumatiques qui ont frappé leur épargne et donc le financement des retraites par la capitalisation : les emprunts russes partis en fumée avec la révolution soviétique, puis la crise de 1929 qui a fait fondre les capitaux placés en Bourse, et, enfin, le régime de Vichy qui a nationalisé et vidé les fonds de capitalisation pour verser certaines retraites pendant la guerre. Avant 1945, dans tous les pays les régimes étaient en capitalisation, puis la plupart ont choisi de passer à la répartition, notamment pour distribuer les pensions aux personnes âgées qui partaient alors.

Le deuxième élément, c’est l’organisation, par régimes professionnels, de notre système de retraite : un système fragmenté en beaucoup de régimes est extrêmement solide puisque chaque profession est capable de se mobiliser pour le défendre. J’avais compté qu’il y avait au début des années 1980 près de 600 régimes de base et plus de 6 000 régimes complémentaires en France.

Il y a eu beaucoup de fusions puisqu’on est parvenu aujourd’hui à 42 régimes de base. Il demeure que chacun cherche à défendre son statut et donc sa retraite.

Ce système fragmentaire a donc une capacité de défense très forte et il ne faut pas s’étonner qu’Emmanuel Macron veuille le réformer pour aller vers un seul système, plus flexible, plus gérable, plus adaptable aux évolutions démographiques et économiques, puisqu’en gros, avec un seul système de retraite, une seule réforme suffit !

Dernier élément : les Français craignent désormais chaque nouvelle réforme des retraites, puisqu’elle signifie à chaque fois devoir travailler plus longtemps et percevoir une retraite plus basse.

Mais n’est-ce pas ce qui est arrivé ?

B. P. : Cette peur est parfaitement justifiée par l’expérience historique. Cela commence par la première réforme initiée en 1993 par Edouard Balladur qui avait eu l’habileté de la négocier avec les syndicats en échange de la création du Fonds de solidarité vieillesse et n’avait donc pas fait l’objet de protestation ni manifestation. Cette réforme du seul secteur privé demeure celle qui a eu les plus fortes conséquences sur les retraites, avec l’indexation du salaire de référence et des pensions non plus sur l’évolution des salaires mais sur l’inflation, en plus du passage des 10 meilleures années aux 25 meilleures. Cette réforme a eu une mise en place très lente qui s’est achevée seulement en 2005.

La particularité de la France, qui a multiplié les réformes des retraites (1993, échec en 1995, 2003, 2007, 2010 et 2013), c’est qu’à chaque fois que les règles se durcissent, elles renforcent le désir des salariés de partir le plus vite possible pour ne pas avoir à subir les conséquences de la réforme d’après, qui cherche à faire travailler plus longtemps pour des pensions plus faibles relativement aux derniers salaires.

C’est un effet paradoxal, car toutes les réformes sont censées être faites pour que les Français travaillent plus longtemps. Or, elles les incitent à partir le plus vite possible, avant la réforme suivante !

L’autre objectif affiché par tous les gouvernements est que les réformes permettront de maintenir le niveau des revenus des retraités. C’est aussi une illusion ?

B. P. : Si l’on ne touche pas aux règles de calcul des retraites, sauf la durée de cotisation ou l’âge légal de départ, c’est surtout la dégradation du marché du travail qui dégrade les retraites lorsqu’on recule l’âge de départ à la retraite.

Prenons le cas des enseignants : ils doivent travailler plus longtemps pour obtenir le même niveau de retraite que leurs prédécesseurs mais ils ont des carrières complètes car ils restent en emploi jusqu’à l’âge de la retraite, même si celui-ci recule, tout simplement parce que l’Etat ne licencie pas les fonctionnaires les plus âgés… Il n‘y a pas d’interruption de carrière, pas de précarité – même si c’est une profession en difficulté et plutôt mal rémunérée.

Le problème du secteur privé est la dégradation du marché du travail : des débuts de carrière difficiles avec des CDD, des temps partiels notamment pour les femmes et les non-qualifiés, ce qui les prive de bons droits à la retraite. Beaucoup ont des carrières interrompues avec du chômage et surtout des fins de carrière qui n’ont pas été réaménagées en fonction des réformes des retraites successives.

Il y a une grosse contradiction entre proclamer qu’il faut que les salariés travaillent plus longtemps et constater que les entreprises continuent à faire partir les seniors. Certes, leur taux d’emploi augmente, mais pas aussi vite que le rythme des réformes.

On constate d’ailleurs un effet plateau : la participation des seniors au marché du travail n’a cessé d’augmenter de 2005 à 2018. Puis, en 2019 et 2020, la courbe s’aplatit, avant même la crise du Covid. On balance à nouveau les plus âgés dans les plans sociaux, ce qui veut dire pour ces derniers « patienter » pour passer à la retraite en épuisant leurs droits à chômage, voire à passer au RSA.

Plus les réformes sont abruptes, comme le souhaite le ministre des Finances Bruno Le Maire avec un report accéléré de l’âge minimal de 62 ans à 64 ans, plus cela provoque une augmentation du chômage et de la précarité des seniors, parce qu’il n’y a pas de stabilisation dans l’emploi et que beaucoup sont déjà au chômage avant 62 ans.

La Drees a ainsi montré qu’en 2015, 1,4 million de personnes âgées de 53 à 69 ans résidant en France métropolitaine, soit 11 % des personnes de cette tranche d’âge, ne percevaient ni revenu d’activité ni pension de retraite.

Une autre caractéristique française, c’est aussi le souhait de beaucoup de salariés de vouloir partir le plus tôt possible pour ne plus subir la pression au sein des entreprises ou des services publics…

B. P. : On se trouve face à une incompréhension réciproque entre dirigeants et salariés. Les dirigeants – j’entends par là tous ceux qui participent à la décision : les directions, les managers mais aussi beaucoup d’intellectuels, d’experts, d’économistes… – qui travaillent beaucoup ne comprennent pas que les autres ne souhaitent pas faire de même.

Le départ à la retraite les angoisse et donc ils ne saisissent pas que les autres veuillent arrêter. C’est un peu le discours d’Emmanuel Macron lorsqu’il a affirmé en avril 2019 : « La France travaille moins que ses voisins. »

C’est omettre ce qu’ont montré de nombreux travaux sur l’organisation des entreprises en France, et qui repose sur ce que j’appelle l’hyperproductivité. Car beaucoup de gens ne sont certes pas en emploi, mais les gens qui travaillent sont extrêmement productifs, parmi les plus productifs, si l’on regarde les chiffres de la productivité horaire en France par rapport au reste du monde.

Nous avons fait un partage étrange du travail : on n’a gardé que ceux qu’on estime les plus productifs en les soumettant à la pression.

La modalité de management qui domine les entreprises françaises, documentée par beaucoup d’études et appelée le lean management, c’est le stress. Il épuise les gens, fait perdre le sens du travail, ce qui les conduit à vouloir arrêter le plus vite possible.

Cette stratégie est épuisante, ne mobilise pas toute la main-d’œuvre disponible et est un obstacle à la créativité, l’innovation et à la montée en gamme, mais correspond à un créneau de milieu de gamme, en obtenant un maximum d’un travail qu’on maintient au moindre coût possible.

Vous citez la Finlande comme un exemple de pays ayant réussi à augmenter l’emploi des seniors, avec un taux d’emploi des 55-64 ans supérieurs à 70 %, alors que la France est encore aux alentours de 52 %. Dans le débat public français, on loue toujours les pays nordiques –Suède, Finlande, Norvège –, pourtant on se garde bien de les imiter pour ce qui concerne cette question. Pourquoi ?

B. P. : Ma réponse peut surprendre : parce que nous avons des syndicats et un Medef marxistes qui considèrent l’entreprise comme le lieu de la lutte des classes ! Le patron défend l’intérêt des patrons et le syndicat celui des salariés dans une lutte qui suppose que l’autre est l’adversaire, voire l’ennemi. Tant qu’on en restera là, on ne pourra pas entrer dans un modèle nordique, qui fait travailler ensemble les employeurs, les cadres et les managers et tous les salariés à la réussite de l’entreprise, au bénéfice des actionnaires, certes, mais aussi à celui des salariés, c’est-à-dire de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail et la participation aux décisions.

Les salariés participent aux conseils d’administration et partagent l’ensemble des décisions, y compris stratégiques. Les syndicats ont de fortes compétences économiques et sont capables de construire leur propre vision sur les investissements, etc. En France, un seul syndicat affiche cette ambition. On est donc très loin de ce modèle économique où les représentants des salariés cogèrent les entreprises.

Ce n’est pas avec le gouvernement actuel qu’on se dirige vers la social-démocratie ?

B. P. : Non, car Emmanuel Macron considère que « les gens qui ne sont rien » ne travaillent pas assez et n’apportent pas grand-chose à la croissance. Il ne faut jamais oublier qu’il a une vision de l’économie tirée par ce qu’il a appelé les « premiers de cordée ». Néanmoins, même si nous ne partageons pas la vision sociale-démocrate des pays nordiques (et l’acceptation du capitalisme qui va avec), j’estime qu’en ce qui concerne l’emploi des seniors, on pourrait s’inspirer de leur modèle.

Il faut rappeler ce qu’a fait le gouvernement finlandais : reculer l’âge de départ à la retraite, mais en lançant une campagne nationale de communication, affirmant : « Les seniors sont le trésor de notre pays. » Cette campagne était double : positive, en valorisant le travail et l’expérience des seniors, et négative, par la dénonciation des plans sociaux qui les licenciaient. Le ministre en charge des Retraites allait dans les médias pour dénoncer le comportement de telle ou telle entreprise lorsqu’elle faisait partir des seniors, comme contraire à l’intérêt national.

Par ailleurs, les pays nordiques ont mis en place des mesures d’investissement massif dans l’amélioration des conditions de travail et dans la formation tout au long de la vie. Dans les pays nordiques, la formation n’est pas aux mains des partenaires sociaux ni des branches professionnelles, c’est un service public. Et dans un souci de cohérence, elle inclut des personnes de plus de 55 ans, ce qui est normal puisqu’elles sont destinées à travailler encore dix ans ou plus.

Enfin, un investissement massif avec des subventions fiscales dans l’ergonomie, les conditions de travail… est nécessaire. Parce que si on veut que les seniors travaillent, il faut leur donner les moyens en matière de compétences, mais aussi en matière de réduction de la pénibilité des postes de travail.

En France, depuis 1993, on ne parle de la pénibilité au travail que de façon négative. On cherche à déterminer qui a un travail vraiment pénible pour lui permettre de partir plus tôt. On se demande très rarement ce qu’on peut faire pour rendre le travail moins pénible pour tout le monde.

Lorsqu’on évoque un éventuel report à 64 ans en France, cette problématique n’apparaît pas dans le débat…

B. P. : Se focaliser uniquement sur le recul de l’âge sans autre forme de procès, c’est s’inscrire dans la ligne des réformes des retraites de droite. Au gouvernement, c’est d’ailleurs Bruno Le Maire qui y pousse. Si le président de la République faisait ce choix, ce serait dans une stratégie sarkozyste de faire plaisir à un électorat composé de cadres supérieurs qui estiment que les autres ne fichent rien, que la dette est un problème.

Nicolas Sarkozy avait procédé ainsi en 2007 quand il a fait sa réforme des régimes spéciaux, pour contenter son électorat et dénoncer les droits acquis de certaines entreprises publiques. Savoir si les salariés concernés l’accepteraient ne l’intéressait pas, puisqu’au contraire il les considérait comme des opposants et il recherchait un conflit avec eux. En 2021, un tel parti pris signifierait un clair repositionnement à droite.

Propos recueillis par Hervé Nathan
Entretien publié le 12 juillet 2021 par Alternatives Economiques
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